RICHARD MILLE


Richard Mille : portrait de Fernand Simao, l'homme de la RM008

Richard Mille, un nom qui fait rêver tous les passionnés d’horlogerie. Mais si l’homme est parvenu à imposer sa marque en si peu de temps, à défier toutes les lois de l’horlogerie moderne en utilisant matériaux et techniques de pointe, « le génie horloger du troisième millénaire » a également su s'entourer d'hommes talentueux capables de donner vie à ses rêves horlogers les plus fous. Il en est ainsi de Fernand Simao. Le Monsieur RM008, c'est lui !


Fernand Simao
Cette montre, un tourbillon chronographe split seconde, extrêmement complexe, c'est Fernand qui a la haute main dessus… depuis le début. Et comme il le dit lui-même « que de difficultés à dépasser pour « sortir » un produit si technique, si affirmé ».

Mais qu'est ce qui fait avancer Fernand et qui lui donne cette envie de toujours dépasser ses limites ? Quand on l'interroge, deux mots reviennent de manière récurrente : passion et challenge. Portrait d'un homme sans compromis.

Fernand Simao est un homme libre. La difficulté, le dépassement de soi, voilà ce qui le motive. Deux points communs avec Richard Mille. Et il y en a bien d'autres. L'un et l'autre n'ont pas peur de s'engager hors des sentiers battus, de suivre leur propre intuition, de rechercher en permanence le défi et la qualité suprême.

Aujourd'hui âgé de 40 ans, ce grand sportif est entré dans l'horlogerie un peu par hasard. Ce qu'il aimait, ce n'était pas tant les montres, que les mouvements si mystérieux qui leur donnaient vie, toute cette mécanique tellement complexe réunie dans des espaces si infimes.

Fernand Simao ne revendique d'ailleurs pas de culture horlogère. Selon lui, quand on crée une montre, rien ne vaut une vue globale d'un ensemble, qui doit fonctionner le mieux possible. Les grands calculs sont importants mais priment le savoir-faire, la précision, la volonté, la patience et une immense habileté.

Dans les années 1980, son diplôme de l'école d'horlogerie de Besançon en poche, il entre chez un grossiste horloger au service après vente. Puis, en 1988, c'est le temps du service militaire qu'il fait dans les commandos, sans perdre de vue un objectif… devenir Champion de France de boxe américaine. Rien ne peut l'en détourner. Il s'entraîne encore et toujours. En 1991, le rêve devient réalité : il remporte le titre. Son but atteint, il rêve à de nouvelles expériences. Il part alors pour Tahiti, où il crée un service après vente horloger.

De retour à Besançon, nous sommes en 1993, il ouvre dans le centre ville, une bijouterie/horlogerie. Le métier lui plait mais il lui manque le plaisir de la difficulté… En 1995, il rentre chez Renaud&Papi. Là, il travaille sur les produits les plus compliqués. Des répétitions aux grandes sonneries répétition minute carillon, il devient expert. Et puis, on lui met entre les mains, la RM004-V1 de Richard Mille.

Le challenge est incroyable et évidemment ça plait à Fernand Simao. Il est face à un nouvel univers. En effet, le titane pour la platine, le pont de centre, la roue d'embrayage ; le mimotec pour la roue de rattrapante sont des matériaux nouveaux en horlogerie. Par ailleurs, le traitement PVD ; la construction très novatrice techniquement ne laissent pas droit à l'erreur.

Fin 2003, cinq RM004-1 sont enfin fiabilisées. Fernand Simao a rempli sa mission. Après un break de deux ans, comme directeur technique chez Paul Picot, il revient chez Renaud&Papi où il prend la direction d'un atelier test et travaille sur des calendriers perpétuels.

Mais son désir d'indépendance le rattrape. Fin 2004, il monte son atelier. Avant son départ il forme deux personnes pour travailler sur une nouvelle Richard Mille… la RM008. Mais cette montre, d'une complexité extrême, demande des mains expertes. Richard Mille le sait et, selon lui, seul Fernand est capable de travailler sur ce calibre si difficile. Par ailleurs, une très grande complicité qui s'est nouée au fil des mois et une admiration réciproque unissent les deux hommes.

C'est ainsi que Fernand reprend la RM008 et lui consacre depuis tout son temps, toute son énergie. Pour lui, chaque pièce est un nouveau défi. La roue de chrono, par exemple, est à elle seule un vrai pari. Pour monter un mouvement ? Cela peut aller très au-delà d'un mois. Et la moindre erreur est fatale !

Montres-de-luxe.com | Publié le 8 Juin 2007 | Lu 5900 fois