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François-Paul Journe par J.P. Grosz


« Mais pourquoi diable François-Paul se lance-t-il dans une telle aventure âgé d’à peine 20 ans ? » Son passé explique cette décision, à priori totalement hors d’atteinte. Dès son plus jeune âge, François-Paul était un garçon déjà atypique, sûr de lui et un peu rebelle.



François-Paul Journe
Ce n’était pas un enfant facile. Personne n’arrivait à canaliser son énergie. Et son désir de tout comprendre était souvent perçu comme de l’impertinence. Cette attitude lui valut de nombreux problèmes de discipline dans les écoles qu’il a fréquenté à Marseille, sa ville natale.
 
Etant donné que le cursus normal ne lui convenait pas du tout et sur les conseils de son oncle Michel Journe, lui-même horloger installé à Paris, François-Paul est inscrit à l’école d’horlogerie de Marseille. Michel Journe faisait partie des trois seuls spécialistes de restauration d’horloges et de montres anciennes, souvent exceptionnelles, du
XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle. Sa réputation débordait largement la France. Sa clientèle se composait de musées et de collectionneurs de très haut vol.
 
Après l’obtention de son diplôme, François-Paul rejoint l’entreprise de son oncle à plein temps. Au contact des magnifiques pièces en restauration à l’atelier, et en très peu de temps, il progresse à pas de géant. François-Paul comprend que tous ces génies comme Ferdinand Berthoud, Abraham-Louis Breguet, Antide Janvier, George Daniels, et d’autres, étaient mus par une quête constante de perfection. Cette perfection marie l’exploit technique et la beauté pure à l’esthétique intemporelle. Il faut aussi rappeler que ces derniers étaient non seulement des génies créateurs de l’horlogerie, mais aussi des mathématiciens, physiciens, astrologues, et très souvent des caractères atypiques, eux aussi…
 
François-Paul a toujours eu un principe inhérent à son caractère et qu’il aime traduire par cette phrase qu’il affectionne : « S’ils ont pu le faire, je peux faire mieux ! »
 
Faire une horloge à complications est déjà un exploit technique fabuleux. Mais lorsque François-Paul découvre sur les étagères de l’atelier les ouvrages de George Daniels, The Art of Breguet par exemple, un autre monde s’ouvre à lui. C’est grâce aux magnifiques dessins de ces différents traités qu’il comprend le fonctionnement en trois dimensions d’un mouvement, sa cinématique, ainsi que tous les différents tenants et aboutissants.
 
François-Paul Journe reçoit ses premiers prix pour ses créations horlogères inédites qui le confortent dans ses travaux de recherche. Sa renommée de constructeur horloger dépasse rapidement les frontières. En 1999, il crée sa Manufacture de haute horlogerie indépendante au centre de Genève. Fruit d’un travail acharné, il réussit à positionner sa marque en un temps record comme référence parmi les maisons les plus prestigieuses.
 
Pour célébrer ses trente ans de recherches et de créations horlogères d’exception et commémorer sa première montre de poche, François-Paul Journe présente aujourd’hui une nouvelle interprétation de l’originale sous la forme d’une montre-bracelet éditée à 99 exemplaires…

Historique de François-Paul Journe

1976 : François-Paul Journe obtient son diplôme de l’Ecole d’Horlogerie à Paris.
1977 : F.P. Journe entre dans l’atelier de son oncle et décide de construire son propre chronomètre à tourbillon. Il lui faut cinq ans pour la terminer et il a façonné chaque pièce qui la compose ainsi que le boîtier en Or et Argent. Il la termine début 1983. Elle est signée F.P. Journe Paris.
1979 : conception à l’âge de 22 ans d’un planétaire pour la maison Asprey à Londres, avec les signes du zodiaque représentant les 12 mois de l’année. Un bras supporte un train de roues qui anime les différentes planètes tournant autour du soleil.
1983 : réalisation de sa première montre de poche à tourbillon faite entièrement à la main.
1985 : il s’installe à son compte dans un atelier sur cour à la rue de Verneuil à Paris, afin de pouvoir continuer à créer, au calme, des montres sur mesure pour des collectionneurs.
1986 : création de sa cinquième pièce, un chronomètre automatique en montre de poche, avec fusée et chaîne, remontoir d’égalité d’une période de cinq secondes et un échappement à détente ressort. Le cadran, en cristal de roche, laisse apparaître le mécanisme du calendrier perpétuel rétrograde avec équation du temps. Une création inspirée de la célèbre montre commandée à Abraham-Louis Breguet (1747-1823) pour Marie-Antoinette.
1987 : réalisation d’une pièce unique : montre de poche astronomique avec planétaire, commandée par un collectionneur d’objets scientifiques.
1987 : F.P. Journe reçoit le Prix de la Fondation de la Vocation Bleustein Blanchet.
« Devenir le lauréat de la Fondation de la Vocation, dont seuls trente par an sont choisis parmi des milliers de candidatures, fut un honneur et un grand encouragement pour mon travail. »
1988 : création d’une « Pendule Sympathique » pour la maison de John Asprey à Londres. « Ce fut une expérience très émouvante. L’invention de la première revient à Abraham-Louis Breguet (1747-1823), mais le cahier des charges de ma version était d’une plus grande complexité. »
1989 : François-Paul Journe reçoit le Prix du « Balancier d’Or » par la convention des horlogers de Madrid. « Lors de la remise de ce prix, j’étais à des années lumières d’imaginer que quelques huit cents convives allaient partager ce moment. Ma surprise fut totale et l’instant inoubliable ! »
1989 : création d’une manufacture d’horlogerie en Suisse pour la conception et la fabrication de produits pour les marques horlogères.
1991 : réalisation d’une Pendule Sympathique pour la maison Breguet qui sera exposée lors de la vente historique Breguet en avril 1991.
1991 : première montre bracelet avec Tourbillon incorporant pour la première fois le système de remontoir d’égalité créé par François-Paul Journe en 1982 lors de la fabrication de sa seconde montre de poche. Cette montre était le prototype du modèle « Tourbillon Souverain ». Il a fabriqué le mouvement ainsi que les rouages, entièrement en Or 18 ct. Il est toujours dans sa collection.
1994 : F.P. Journe reçoit le Prix Gaïa du meilleur Horloger, par l’Institut de l’Homme et du Temps. Ce Prix, par les personnes qu’il récompense, témoigne de la qualité du MIH et des efforts de Madame Catherine Cardinal qui dirigea ce Musée et fonda ce Prix.
1996 : création de TIM SA pour la conception de calibres exclusifs au service des marques horlogères de prestige. La création de cette structure servira à concrétiser sa vision d’une Haute Horlogerie contemporaine et novatrice. Il commence cette activité avec un seul horloger.
1999 : présentation de la première montre bracelet d’une collection signée F.P. Journe - Invenit et Fecit au salon de Bâle, et création de Montres Journe SA. La collection de chronomètres signée de son nom et du label d’authenticité « Invenit et Fecit », remporte un immense succès. Il en avait cependant fait les dessins esthétiques cinq ans auparavant.
1999 : exclusivité mondiale : présentation du « Tourbillon Souverain » avec remontoir d’égalité.
2000 : présentation de la « Sonnerie Souveraine » en hommage au nouveau siècle. « La Sonnerie Souveraine fut d’une grande complexité de réalisation due à son concept novateur, laissant apparaître une partie du mécanisme sur le cadran. Elle fait aujourd’hui partie d’une collection privée. Il s’agit d’une pièce unique. »
2000 : exclusivité mondiale, présentation du « Chronomètre à résonance ». « J’ai commencé mes recherches sur le phénomène de résonance en 1983 pour la création de la première montre-bracelet à résonance. Le courage et l’opiniâtreté furent mes meilleures armes au quotidien pour venir à bout de cette réalisation. Aujourd’hui, le « Chronomètre à résonance » satisfait pleinement mes exigences de chronométrie. »
2000 : installation des ateliers et centre d’exposition de la marque au coeur de Genève, au 17 rue de l’Arquebuse. « Passer d’un collaborateur à quinze exigeait un espace de choix. »
2001 : exclusivité mondiale : création d’un calibre mécanique à remontage automatique (Octa), le premier au monde à offrir une précision chronométrique pour 5 jours entiers non porté. « La création du calibre Octa était un vrai défi pour moi, celui de la chronométrie et celui du confort au quotidien. J’ai imaginé un calibre mécanique à remontage automatique avec une grande réserve de marche (120 heures) pouvant incorporer de nombreuses complications dans un même espace. Tous les modèles de la collection Octa possèdent une taille et une épaisseur identique. »
2002 : création de l’Octa Calendrier avec calendrier annuel ; toujours 120 heures de réserve de marche et un boîtier de taille et d’épaisseur identiques.
2004 : présentation du nouveau Tourbillon Souverain avec remontoir d’égalité et seconde morte. C’est le premier mouvement F.P. Journe en Or rose 18 ct.
2005 : création du Chronomètre Souverain. Puisant son inspiration dans la chronométrie marine du début du 19e siècle, il présente deux barillets, selon la configuration classique des montres de précision qui opèrent en parallèle afin de fournir une force qui reste stable pendant la majeure partie de leur réserve de marche officielle.
2006 : création de la Sonnerie Souveraine avec répétition minutes. « Elle fut le défi le plus dur de ma carrière ! Afin de satisfaire à ses exigences de fonctionnalité et de totale sécurité opérationnelle, il m’a fallu construire un mouvement sur de nouveaux principes mécaniques. Ainsi, pour cette pièce, dix brevets témoignent de l’« Invenit » de cette oeuvre, et le « Fecit » m’a demandé six ans de travail. Le résultat est un mouvement de basse tension, aux mécanismes doux, nécessitant un ajustement très fin pour assurer une sonnerie sans faille 35,040 fois par an. »
2006 : François-Paul Journe reçoit le titre de « Chevalier des Arts et des Lettres » par le Ministre de la culture français.
2007 : création du Centigraphe, chronographe exponentiel mesurant le 100ème de seconde.
2008 : création de la Répétition minutes Souveraine extra plate. Une construction originale et inédite fut nécessaire pour la réalisation de ce mouvement extra plat de seulement 4.00 mm d’épaisseur. Plus proche d’une montre à 3 aiguilles que d’une grande complication.
2011 : création de l’Octa UTC.
2011 : création de la lineSport, première collection de montres de sport entièrement en alliage d’aluminium de haute technologie.
2012 : création du Chronomètre Optimum. Il symbolise l’essence même de la précision pour une montre-bracelet et rassemble pour la première fois dans une montre, parmi les meilleurs composants de l’histoire de l’horlogerie : le double barillet - le remontoir d’égalité d’une seconde - le nouvel Echappement Bi-axial à Haute Performance EBHP - le balancier assorti d’un spiral avec courbe Philips - et la seconde morte naturelle au dos.
2013 : création du Quantième Perpétuel à saut instantané présentant une esthétique distincte avec une visibilité parfaite par guichets et une grande facilité d’utilisation.
2013 : création du Tourbillon Historique anniversaire célébrant 30 ans de recherches et de créations horlogères d’exception.

Montres-de-luxe.com | Publié le 13 Novembre 2013 | Lu 907 fois



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