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La grande histoire de la Royal Oak : une quinquagénaire toujours aussi jeune (partie 2)


​Depuis son lancement le 15 avril 1972, la Royal Oak dessinée par Gérald Genta a provoqué un bouleversement sans précédent dans l’histoire de l’horlogerie grâce à sa boîte en acier finie à la main, à sa lunette octogonale fixée par des vis hexagonales apparentes or gris, à son élégant bracelet en acier intégré ainsi qu’à son mouvement extra-plat à remontage automatique.


La diversification des styles de la Royal Oak, de ses diamètres et mouvements, se poursuivra tout au long des années 90, posant de nouveaux jalons techniques et esthétiques au fil de cette décennie. Pour ses vingt ans, la Royal Oak prend un virage plus radical qui donne le ton : en 1992, le Modèle 14802 est la première Royal Oak en série limitée, rendant hommage à la dénommée Royal Oak « Jumbo » de 39 mm née en 1972, et dotée pour la première fois d’un fond saphir.
 
Mais c’est aussi la naissance de la première Royal Oak sur bracelet cuir –une pièce de 36 mm très controversée (Modèle 14800), dessinée extra-muros par le designer suisse indépendant Jörg Hysek. La partie centrale de sa carrure est évidée afin d’attacher le bracelet grâce à des pivots mobiles. Déclinée en une vingtaine de variations (notamment avec des chiffres « militaires ») de matériaux et boîtes, cette atypique Royal Oak prendra encore plus de libertés au fil des années suivantes.
 
Un nouveau sommet est atteint en 1993 avec le lancement de la Royal Oak Offshore –l’incarnation par excellence des modes de vies extrêmes qui s’imposent dans les années 90. Même si derrière cette carrure, ce garde-temps embarque un calibre de haute horlogerie qui n’est pas destiné à une montr sportive.
 
Dessinée par Emmanuel Gueit, cette réinterprétation de la Royal Oak, dans un diamètre surdimensionné de 42 mm, s’est rapidement imposée à la nouvelle génération (une alternative à la fameuse Daytona de chez Rolex, mais en plus « chère » et plus grosse) qui voit en « The Beast », l’accessoire parfait pour une vie d’aventures.

Cette déclinaison inédite de la Royal Oak a progressivement vécu sa propre vie, donnant naissance à une collection à part entière. Avec d’ailleurs certaines « outrances » pour certaines références et de nombreuses éditions limitées pas toujours très cohérentes.
 
Les premiers modèles féminins squelettes apparaissent au début des années 90, avec l’emblématique calibre extra-plat 2003SQ de seulement 1,64 mm d’épaisseur. Des variations serties s’imposent progressivement, culminant avec la Royal Oak Squelette Haute Joaillerie (Modèle  15073), lancée en 1998.
 
Doté d’une boîte de 30 mm, ce garde-temps présente un bracelet et des aiguilles en or gris 18 carats et entièrement sertis de 446 diamants taille brillant et d’index en émeraude (~4,64 carats). En associant les traditions de la Haute Joaillerie et de la Haute Horlogerie avec un design contemporain, ce modèle ouvre la voie à une nouvelle vague de pièces joaillières au début des années 2000.
 
Mais avant cela, la Royal Oak pour femmes atteint de nouveaux sommets en 1997 avec la Royal Oak Mini (Modèle 67075), qui reste à ce jour la plus petite Royal Oak jamais réalisée. Équipée d’un mouvement à quartz, cette pièce horlogère de seulement 20 mm de diamètre épouse à merveille les poignets les plus fins.

Les années 1990 voient également les collections accueillir une part toujours plus importante de complications. En 1997, la Royal Oak Tourbillon, une édition limitée de 25 pièces en acier, est dévoilée pour les 25 ans de la collection, aux côtés de séries limitées de 5 pièces en or rose, platine et or jaune.
 
Dans une boîte de 40 mm, le Modèle 25831 est animé par la seconde génération de mouvements à tourbillon, Calibre 2875, partiellement visible au travers de la cage octogonale du tourbillon, à 6h. En hommage au mouvement précurseur à tourbillon automatique d’AP, dévoilé en 1986, ce modèle possède son système de remontage coté fond.
 
La manufacture lance également sa première Royal Oak Chronographe (Modèle 25860, 39 mm) en 1997 (qui sera surnommée la « Kasparov »), de même que la toute première Royal Oak Grande Complication, comportant une répétition minutes, un calendrier perpétuel et un chronographe à rattrapante. Fort de 648 composants, son mouvement est abrité dans une imposante boîte de 44 mm en or gris, offrant un saisissant contraste avec la Royal Oak Mini dévoilée la même année.
 
Entre 1972 et 1999, Audemars Piguet a créé environ 300 variations de Royal Oak, dont près de 200 durant la période particulièrement créative des années 90.
 
La Royal Oak entre dans le troisième millénaire avec une nouvelle référence de 39 mm, le Modèle 15202, marquant une étape significative dans l’histoire de la « Jumbo ». Ce nouveau modèle réinterprète les codes esthétiques de la Royal Oak de manière plus libre, avec de nouvelles couleurs de cadran ainsi que le retour du fond saphir.

Le cadran présente, par ailleurs, le nouveau motif guilloché Grande Tapisserie, apparu l’année précédente dans la collection. Constitué de pyramides tronquées (environ 380 pour un cadran de 39 mm, au lieu de 700 environ pour un cadran Petite Tapisserie), la Grande Tapisserie s’impose rapidement au cœur des collections Royal Oak, à une époque où s’affirme la tendance des montres de plus grand diamètre, suite au lancement de la Royal Oak Offshore en 1993.
 
Dès lors, le diamètre moyen d’une Royal Oak atteint 39 mm en 2005 avec la référence 15300, contre 36 mm dans les années 90 et 35 mm dans les années 80. Se jouant des codes de la tradition et de la modernité, cette version suscite un réel engouement et devient l’une des Royal Oak les plus convoitées malgré de nombreux soucis avec des calibres pas toujours très fiables et des SAV chez AP très longs et particulièrement couteux.  
 
Cependant, davantage qu’un retour aux sources, les années 2000 marquent l’avènement de designs
avant-gardistes et de micromécanique de pointe. La Royal Oak Concept, dévoilée en 2002, et la Royal Oak Tradition d’Excellence N°4 (2004), témoignent toutes deux de cette vision d’avenir caractéristique du nouveau millénaire. Depuis 1999, la gamme Tradition d’Excellence sort du cadre de l’horlogerie classique, mariant de manière inédite plusieurs complications.
 
La Tradition d’Excellence N°4 (réf. 25969PT) associe notamment un chronographe et un tourbillon au sein d’une boîte Royal Oak en platine de 44 mm. Cette édition limitée de seulement 20 pièces offre une exceptionnelle réserve de marche de 10 jours, grâce à son innovant double barillet visible à travers le cadran partiellement ajouré.
 
Enfin, dans les années 2000, la Royal Oak s’incarne grâce à des éditions limitées réalisées en collaboration avec des athlètes et célébrités. La première a vu le jour en 1990 avec la Royal Oak Championship conçue avec Nick Faldo (notamment avec un modèle bi-matière acier et tantale et un autre en or rose et tantale).
 
D’autres éditions limitées voient le jour au fil des années 90 et 2000, comme la Royal Oak City of Sails (1999) réalisée en partenariat avec Alinghi, la Royal Oak Sachin Tendulkar (2008) ou encore, l’un des modèles « Oak Leaves » conçu en collaboration avec Michelle Yeoh en 2005.
 
L’imposant look futuriste des années 2000 s’estompe progressivement au profit de modèles plus raffinés, associant les codes originels de la montre avec une esthétique très contemporaine et des mouvements toujours plus performants. En 2012, à l’occasion des 40 ans de l’icône, Audemars Piguet dévoile un ensemble de Royal Oak animées de la même audace qui la vit naître.
 
Parmi les modèles phares : une nouvelle référence 15202 « Jumbo », fait sensation parmi les amoureux de la marque, aux côtés d’une version squelette dotée du nouveau Calibre 5122. À cette époque, la plupart des Royal Oak pour hommes ont des diamètres supérieurs à 39 mm, ce qui fait de la 15202 le seul modèle disponible dans ce diamètre emblématique.
 
Depuis lors, sa rareté joue un rôle clé dans le succès continu qu’elle rencontre. La même année, la Manufacture dévoile également un modèle Royal Oak Tourbillon Extra-Plat (26510) à remontage manuel, en acier inoxydable ou or rose, également disponible en édition limitée de 40 pièces squelettées (Modèle 26511, Calibre 2924SQ)
 
Ce mariage d’esthétique raffinée et de maîtrise technique marque la décennie, notamment avec la
Royal Oak Double Balancier Squelette dévoilée en 2016. Conçu par les horlogers d’AP, son mouvement breveté accroît la précision et la stabilité de la montre. L’oscillation parfaitement synchrone est obtenue en assemblant deux balanciers et deux spiraux sur le même axe.
 
Visible de part et d’autre de la boîte, le double balancier offre également une vue imprenable sur le cœur battant de la montre. D’abord proposée dans une boîte en acier ou en or rose de 41 mm, la pièce est ensuite déclinée en 37 mm ainsi que dans une grande variété de matériaux dont l’or gris, l’or jaune et la céramique noire.
 
Les années 2010 ont également été le théâtre d’une autre innovation technique majeure, avec le modèle Royal Oak Quantième Perpétuel Automatique UltraPlat (26586), dont le prototype dévoilé en 2018 est aussi connu sous le nom RD#2.
 
Avec son mouvement de 2,89 millimètres d’épaisseur au sein d’une boîte de 6,3 mm de hauteur, elle devient à l’époque la montre-bracelet automatique à calendrier perpétuel la plus fine au monde. Pour parvenir à ce résultat sans précédent, les ingénieurs d’AP ont regroupé les différentes fonctions du calendrier perpétuel sur un seul et unique niveau, au lieu de trois.
 
Les célébrations du 50e anniversaire de la Royal Oak ont commencé avec une nouvelle génération de
modèles Royal Oak « Jumbo» Extra-Plat, réf. 16202, animés par un nouveau calibre automatique extra-plat, Calibre 7121, conçu sur mesure pour s’intégrer parfaitement au sein de la boîte de seulement 8,1 mm d’épaisseur.
 
Le Calibre 7121, qui remplace le 2121 historique qui équipait la Royal Oak depuis ses débuts, accroît la performance, la fiabilité et le caractère contemporain de la collection Royal Oak. Il est aussi proposé en version squelette (Calibre 7124), au sein des nouveaux modèles 16204.
 
La collection Royal Oak franchit également une nouvelle étape avec le modèle Royal Oak Automatique Extra-Plat Tourbillon Volant – le tout premier tourbillon volant conçu par la manufacture au sein d’une boîte « Jumbo» extraplate de 39 mm.
 
Sa boîte acier se pare d’un cadran Bleu Nuit, Nuage 50 Petite Tapisserie et d’une signature Audemars Piguet en relief midi. Résolument orientée vers l’avenir, la cage du tourbillon volant dévoile un aperçu de la technologie de pointe qui l’anime.
 
Développé en même temps que le Calibre 7121, le Calibre 2968 réussit le pari d’unir un mouvement automatique et un tourbillon volant sans altérer les proportions de l’iconique boîte « Jumbo ». Pour y parvenir, les équipes d’AP ont entièrement retravaillé la cage du tourbillon existante au sein des modèles de 41 mm. Le résultat ? Un mouvement ultraplat automatique à tourbillon volant d’à peine 3,4 mm d’épaisseur, dont la subtile micromécanique vaut à la pièce le surnom de RD#3.
 
Repoussant plus loin encore les limites, ce modèle à tourbillon volant de 39 mm sera bientôt complété d’une autre version de 37 mm – marquant une autre première pour la manufacture !
 
Par sa capacité à se réinventer tout en préservant les fondamentaux esthétiques du modèle original (en tout cas, la plupart du temps, à ce titre une Royal Oak avec cadran soleillé laisse songeur), la Royal Oak a su s’élever au rang d’icône culturelle au sein du monde horloger et au-delà.
 
« Jeune » de seulement 50 ans, on peut imaginer que cette collection réserve encore bien des surprises pour les années et décennies à venir. D’autant que des rumeurs de plus en plus insistantes semblent annoncer le départ prochain de François-Henry Bennahmias…

Montres-de-luxe.com | Publié le 28 Avril 2022 | Lu 3300 fois