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Lange & Söhne : à la découverte de la nouvelle Zeitwerk


Lange & Söhne présente deux nouvelles exécutions de sa montre numérique mécanique (41,9 mm) plusieurs fois récompensée, en platine et en or rose, sa fameuse Zeitwerk. Grâce à un calibre L043.6 plus élaboré, ce garde-temps dispose désormais d’une réserve de marche doublée, qui, avec une autonomie de 72 heures, offre un confort d’utilisation inégalé. Quant à son design révolutionnaire, il a bénéficié d’une discrète modification…



En 2009, lorsque L&S présenta sa première toute première Zeitwerk, l’ensemble de l’industrie horlogère fut impressionnée par cette création de haute horlogerie : un concept jamais vu jusqu’alors, un garde-temps avec de grands chiffres sautants pour les heures et les minutes et un échappement pour donner le tempo.
 
Pour rappel, précisons que la Zeitwerk s’inspire de la célèbre horloge à cinq minutes de l’opéra Semperoper de Dresde en Allemagne (Saxe). En son temps, c’est l’horloger de cour Johann Christian Friedrich Gutkaes qui se vit confier sa réalisation. Il avait alors pour mission de concevoir un affichage de l’heure qui soit bien lisible même depuis les rangs les plus éloignés.
 
Un défi qui obligea l’artisan à repenser entièrement les choses. Il opta pour une horloge indiquant l’heure au format numérique, toutes les cinq minutes : une solution révolutionnaire se démarquant de toutes les grandes horloges à aiguilles, très répandues à l’époque. En 1841, il réalisa donc cette horloge à cinq minutes avec son collaborateur… Ferdinand Adolph Lange !

L’idée à l’origine de cette horloge a trouvé une nouvelle expression dans la Zeitwerk, quoique celle-ci avance cinq fois plus souvent que sa source d’inspiration, c’est-à-dire à chaque minute révolue ! Encore heureux d’ailleurs.
 
Pour ce faire, cette montre est dotée d’un mécanisme breveté à trois disques des chiffres sautants, qui font de chaque coup d'œil jeté à la montre une véritable expérience. Les heures et les minutes sont affichées de gauche à droite par des chiffres de grande taille : 2,9 mm de haut et 2,3 mm de large.
 
L’agencement du pont du temps courbé et de la taille de l’affichage assure une lisibilité optimale. Cet affichage apporte du mouvement et de la vivacité au cadran car le mécanisme qui l’actionne fait avancer les trois disques des chiffres, dont l’un indique les heures et les deux autres les dizaines et les unités des minutes, en l’espace d’une seconde.
 

Le moment le plus palpitant correspond donc au passage d’une heure pleine, quand les trois disques avancent d’une position en même temps ! Observer cette chorégraphie reste un instant de pur émerveillement pour les amateurs de belle mécanique…
 
Pour ce faire, les constructeurs Lange ont dû remettre en question les principes et les règles conventionnelles de l’horlogerie de précision. Ils n’avaient d’ailleurs pas le choix, car le défi d’inscrire ce mécanisme dans les dimensions limitées d’une montre-bracelet, tout en générant suffisamment d’énergie pour alimenter la commutation synchronisée, était énorme.
 
Certains chiffres en font l’éclatante démonstration : par exemple, l’anneau des heures, avec ses 30 mm de diamètre est presque aussi large que le calibre. Il faut ajouter à cela les deux disques des dizaines et des unités des minutes. Leurs diamètres sont respectivement de 19 mm et 12,7 mm. Les deux disques sont espacés de seulement 0,2 mm en hauteur, ce qui oblige l’horloger à effectuer un calibrage d’une précision absolue.

« Pour faire avancer les disques du mécanisme à chiffres sautants chaque minute avec la ponctualité requise, le mouvement a besoin de nettement plus d’énergie qu’avec un affichage de l’heure classique, explique Anthony de Haas, directeur du développement produits.
 
Et de préciser : « en horlogerie, les disques des chiffres sont non seulement très lourds, mais doivent aussi être accélérés brusquement puis freinés pour avancer en sautant, ce qui nécessite de déployer une puissance considérablement plus importante que la rotation régulière d’une paire d’aiguilles bien plus légères. Le besoin en énergie atteint son apogée au passage d’une heure complète, lorsque le mouvement fait avancer les trois disques en même temps. »
 
S’ajoute à cela le fait que la commutation doit toujours se produire exactement toutes les 60 secondes. Cette tâche est assurée par l’échappement breveté. Mécanisme polyvalent, il apporte également une autre contribution : l’échappement alimente le mouvement avec une force constante favorisant la régularité de la marche.

Le mouvement de la première Zeitwerk proposait déjà des solutions pour relever ces défis. La nouvelle génération, le calibre L043.6, poursuit son évolution et va encore plus loin. Grâce à la construction brevetée du barillet avec deux spiraux de remontage, Lange a réussi à doubler l’autonomie, passant de 36 à 72 heures (c’était clairement le « point faible » des premières générations de Zeitwerk).
 
Pour le dire avec d’autres chiffres : entièrement remontée, la montre dispose de suffisamment d’énergie pour 4.320 sauts d’une minute, soit plus précisément 72 sauts des trois disques en même temps, 360 sauts pour seulement deux disques et 3.888 sauts pour un seul disque.
 
Autre nouveauté par rapport au modèle précédent : le réglage plus simple des heures. Le poussoir à 4h permet désormais de régler l’affichage séparément et sans interruption, une fonction particulièrement utile lorsque l’on change de fuseau horaire en voyage, par exemple. Le poussoir fonctionne à l’envers : alors que rien ne se passe quand on le presse, l’affichage avance lorsqu’on relâche le bouton.

L’intégration d’un poussoir pour corriger l’affichage de l’heure, une fonction intégrée pour la première fois sur la Zeitwerk Date a demandé un travail important en termes de construction. En effet, pour procéder à la correction sans perturber le fonctionnement de l’affichage de l’heure, à chaque pression sur le poussoir, un embrayage vertical breveté déconnecte l’anneau des heures du mécanisme à chiffres sautants.
 
Le réglage de l’affichage des minutes s’effectue toujours dans les deux sens à l’aide de la couronne, placée à 2h. Cette Zeitwerk de deuxième génération dispose aussi d’un système oscillant avec spiral de fabrication propre et mise au repère breveté (2,5 Hertz). Comme pour tous les calibres de la manufacture, les finitions des 451 composants sont exécutées à la main, dans le respect des plus hautes exigences Lange.
 
Les connaisseurs apprécieront d’observer, à travers le fond en verre saphir, le coq de barillet et le pont de la roue d’échappement gravés à la main, le rouage de remontoir orné d’un décor effet de soleil, les 59 rubis et le pont de remontoir intermédiaire rehaussé d’un décor strié et dans lequel sont enchâssés deux chatons en or vissé.
 
Mais l’élément le plus marquant reste le pont du temps en maillechort. La matière traditionnellement employée chez Lange pour les pièces de support, à l’instar des ponts et des coqs, le caractérise comme faisant partie intégrante du mouvement. Sur la nouvelle Zeitwerk, ce pont a été discrètement retravaillé pour donner plus de place au cadran auxiliaire de la petite seconde à 6h.
 
À l’opposé, sur l’échelle de l’indicateur de réserve de marche, qui s’intègre au-dessus de la courbe du pont du temps, les douze dernières heures sont désormais marquées en rouge pour bien souligner que la réserve de remontage du spiral est presque épuisée.
 
Détail également en lien avec le mouvement : le coussinet saphir pour l’anneau des unités et des dizaines des minutes, visible à gauche de ces deux affichages. Bien que dans la plupart des cas, ces pierres soient des rubis, les horlogers Lange ont ici choisi cette pierre noble, incolore et transparente pour des raisons esthétiques.
 
Cette nouvelle référence est proposée dans un boîtier de 41,9 mm et 12,2 mm d'épaisseur. Elle est disponible en deux versions, l’une en or rose et cadran noir avec un pont du temps en maillechort non traité, l’autre en platine et cadran rhodié en argent massif avec un pont du temps rhodié noir. Des aiguilles de couleur assortie complètent la composition. Le modèle en or rose présente un bracelet en alligator noir, tandis que celui de la variante en platine est en alligator brun foncé.

Montres-de-luxe.com | Publié le 26 Octobre 2022 | Lu 18060 fois