De l'armée des Indes au bitume new-yorkais
L’appellation khaki trouve sa source dans le vestiaire britannique de l’armée des Indes et date de la fin des années 1840 ; le terme était lié à la couleur sableuse de la toile de coton utilisée à cette époque...
Le nom chino, quant à lui, apparut au début du XXᵉ siècle au sein de l’armée américaine en poste aux Philippines, le mot désignant en espagnol la provenance chinoise de la toile.
Pantalon d’uniforme militaire —il faisait d’ailleurs partie du paquetage des soldats français jusque dans les années 1960—, le chino a été produit à des millions d’exemplaires.
Dans la vie civile après la Seconde Guerre mondiale
C’est à la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’il a été introduit dans la vie civile : d’une part par les anciens combattants qui le trouvaient très pratique, et d’autre part par les étudiants qui se fournissaient dans les surplus militaires.
À Paris, on allait chez Barroux. Aux États-Unis, la maison J.Press, qui dictait son style aux preppies de la côte Est, l’imposait dans ses collections. Steve McQueen et James Dean le portaient volontiers.
Il faut attendre 1986 pour qu’une marque majeure de l’industrie vestimentaire s’intéresse à ce pantalon : Levi Strauss crée alors la marque Dockers. Le succès est immédiat !
Et Levi's créa Docker's pour les chino
Ce vêtement vient en complément du 501 qui, à l’époque, ne se portait pas au bureau. Très vite, le chino dépasse les simples bancs de l’Ivy League et des universités de la côte Est pour être adopté par les adeptes du « vendredi décontracté » (friday wear).
Porté avec un blazer ou un blouson en daim, il devient une pièce essentielle du vestiaire masculin. La coupe originale est droite, légèrement resserrée en bas, et toujours confectionnée en toile de coton.
Au fil des années, des évolutions techniques sont venues enrichir sa conception, notamment avec l’apparition des toiles Smart 360 Flex offrant un plus grand confort.
Différentes coupes et différentes gammes de prix
En 2025, la marque quittera le giron de Levi Strauss pour intégrer le groupe Authentic Brands Group.
Génération après génération, le chino a su faire perdurer une certaine élégance décontractée —une excellente raison de célébrer les 40 ans d’une marque qui lui donna un second souffle.
Le chino existe chez Docker’s en cinq coupes différentes : skinny, slim, slim tapered, straight et loose. Naturellement, on trouve des chino chez de nombreuses marques et dans toutes les gammes de prix depuis Uniqlo à Ralph Lauren en passant par Zins et bien d’autres.
Joël Chassaing-Cuvillier
En bref : Les 5 caractéristiques du chino iconique
La matière : Confectionné à l'origine dans une toile pur coton légère, résistante et respirante (le twill ou sergé de coton). Aujourd'hui, il intègre souvent un brin d'élasthanne (comme la technologie Smart 360 Flex) pour offrir une touche de stretch et plus de liberté de mouvement.
La couleur d'origine : La teinte historique est le khaki (couleur poussière/sable, conçue pour le camouflage militaire). Il se décline désormais dans une palette quasi infinie : marine, beige, olive, brique ou encore gris.
La coupe et les finitions : Une coupe droite ou légèrement ajustée (slim/straight), caractérisée par une sobriété militaire : pas de plis marqués sur la jambe, des poches italiennes (obliques) sur les côtés et des poches arrière passepoilées sans rabat.
La polyvalence stylistique : C'est la pièce maîtresse du style casual chic (ou business casual). Il se marie aussi bien avec des baskets et un T-shirt le week-end qu'avec une chemise, des mocassins et un blazer pour le bureau.
Le revers signature : Il se porte très souvent légèrement roulotté ouourlé au-dessus de la cheville pour affirmer son côté décontracté.









