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Yema Navygraf Titanium Météorite CMM. 10 : une plongeuse française venue de l'espace


Par | Publié le 02/10/2026 à 01:00 | mis à jour le 01/10/2026 à 04:57

Yema poursuit le développement de sa Navygraf CMM.10 avec une édition limitée qui associe, pour la première fois dans cette collection, un boîtier et un bracelet en titane à un cadran en véritable météorite de Muonionalusta. Une série limitée à 150 exemplaires pour 2.900 euros.



Navygraf : une nouvelle interprétation de cette plongeuse Yema

Après avoir fait évoluer sa Navygraf historique avec son calibre manufacture CMM.10, Yema continue d'explorer cette collection avec une version particulièrement singulière.
 
La nouvelle Navygraf Titanium Météorite CMM.10 conserve les proportions compactes et l'ADN de cette plongeuse française, mais adopte deux matériaux qui n'avaient encore jamais été réunis de cette manière dans la collection : le titane pour le boîtier et le bracelet et la météorite pour le cadran.
 
Le résultat reste immédiatement identifiable comme une Navygraf. Mais par contre, la matière et les matériaux changent sensiblement sa personnalité.

​Un cadran plus vieux que la Terre

La véritable particularité de cette édition se trouve naturellement au niveau du cadran. Celui-ci est taillé dans de la météorite de Muonionalusta, l'une des plus anciennes météorites connues.
 
Découverte en Scandinavie, cette météorite métallique s'est formée il y a environ 4,5 milliards d'années, au cœur métallique d'un corps céleste primitif. Autrement dit, la matière qui compose aujourd'hui le cadran existait avant la formation complète de la Terre ! Ce qui est assez « fou » quand on y pense…
 
Une fois découpée et travaillée, cette météorite révèle son célèbre motif de Widmanstätten. Ces figures géométriques correspondent à la structure cristalline particulière de l'alliage fer-nickel qui s'est développée extrêmement lentement lors du refroidissement de la météorite.
 
C'est précisément ce qui fait l'intérêt horloger de cette matière : le dessin visible sur le cadran n'est pas imprimé, gravé ou reproduit artificiellement. Il est directement issu de la structure du matériau.
 
Et puisque chaque fragment de météorite possède sa propre organisation cristalline, chaque cadran présente un motif différent. Deux montres peuvent donc appartenir à la même série tout en affichant une surface sensiblement différente.
 
C'est une caractéristique que les amateurs de cadrans en météorite connaissent bien. Au fil des années, de nombreuses maisons ont utilisé cette matière, de Rolex à Jaeger-LeCoultre, Piaget, Parmigiani Fleurier ou encore De Bethune.

MDL avait notamment consacré un article à la Muonionalusta utilisée par De Bethune, dont les motifs géométriques constituent déjà à eux seuls une véritable signature visuelle.

​Le titane pour une Navygraf plus légère

Pour accompagner ce cadran (deux versions : une noire et une verte) assez spectaculaire, Yema abandonne ici l'acier au profit du titane Grade 2, utilisé à la fois pour le boîtier et le bracelet.
 
Le boîtier conserve le diamètre de 39 mm, pour une longueur de 46 mm de corne à corne et une épaisseur d'environ 11 mm. Des dimensions qui constituent l'un des intérêts de cette génération de Navygraf : la montre reste relativement compacte malgré ses capacités de véritable plongeuse.
 
La finition reprend également le langage de la CMM.10 : surfaces brossées verticalement et chanfreins polis sur les cornes. Le titane apporte surtout un gain de légèreté au poignet (environ 40%), tout en présentant une bonne résistance à la corrosion, une caractéristique particulièrement cohérente avec la vocation nautique de la Navygraf.
 
Le bracelet adopte logiquement le même matériau et la même finition brossée. Sa largeur aux cornes atteint 19 mm et son système de boucle permet un réglage fin (une grande tendance de nos jours que l’on retrouve avec plaisir dans une montre à moins de 3.000 euros).

​Une vraie plongeuse

Derrière cette nouvelle présentation plus luxueuse, la Navygraf reste une montre-outil. Elle conserve notamment son étanchéité à 300 mètres, sa lunette tournante unidirectionnelle et son verre saphir. Le fond transparent permet quant à lui d'observer le mouvement manufacture CMM.10.
 
Ce calibre automatique constitue l'autre élément important de cette génération de Navygraf. Développé et assemblé dans les ateliers Yema de Morteau, le CMM.10 fonctionne à 4 Hz et dispose d'une réserve de marche de 70 h (largement week-end proof).

Yema annonce par ailleurs une précision chronométrique de -3/+5 secondes par jour. Ce qui est tout à fait honorable !
 
La construction du mouvement s'inscrit dans la volonté de Yema de développer un véritable écosystème horloger autour de Morteau, avec les composants fabriqués en France et en Suisse dans un rayon d'environ 70 km autour de la ville, tandis que les ponts et platines sont usinés et que l'assemblage et le réglage final sont réalisés dans les ateliers de la maison.

​Une Navygraf qui change de registre

Avec cette édition, Yema ne bouleverse donc pas la Navygraf. La maison joue plutôt sur la matière.
 
C'est finalement ce qui rend cette version intéressante : la base reste celle d'une montre de plongée conçue comme un instrument, mais le cadran en météorite lui apporte une dimension beaucoup plus exclusive. Le titane, de son côté, permet de conserver un ensemble relativement léger et cohérent avec l'usage nautique.
 
Une démarche déjà observée chez d'autres marques : le cadran en météorite permet de transformer une architecture horlogère connue en une pièce dont l'apparence ne peut jamais être parfaitement reproduite.
 
La Navygraf Titanium Météorite CMM.10 pousse cette logique dans un registre plus sportif. Produite à seulement 150 exemplaires numérotés, elle devient ainsi l'une des interprétations les plus singulières de la Navygraf contemporaine.

​Cadrans en météorité : une matière qui vient d’ailleurs

La météorite est devenue au fil des années une matière particulièrement recherchée en horlogerie. Son intérêt ne tient pas uniquement à son origine extraterrestre : une fois découpée, polie et traitée, une météorite métallique révèle une structure cristalline naturelle qui produit des motifs impossibles à reproduire à l’identique.
 
La Muonionalusta, utilisée par Yema pour cette nouvelle Navygraf, est particulièrement appréciée pour son motif de Widmanstätten, formé de figures géométriques qui apparaissent lors de la découpe et du traitement de la matière. Chaque fragment possède sa propre structure et chaque cadran devient ainsi une pièce visuellement unique.
 
Les exemples sont nombreux dans l'horlogerie contemporaine dans différentes gammes de prix. Piaget a notamment utilisé la météorite sur son Altiplano, tandis que Jaeger-LeCoultre, Parmigiani Fleurier, De Bethune ou encore Formex ont également proposé des montres équipées de tels cadrans.
 
Plus récemment, la météorite a été associée au titane sur certaines créations horlogères contemporaines.
 
Avec sa Navygraf Titanium Météorite CMM.10, Yema inscrit donc cette matière très particulière dans un registre différent : celui de la montre de plongée sportive.