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L'épopée de la Rolex Oyster (partie 2)


Rolex célèbre en 2016, les quatre-vingt-dix ans de l’Oyster, la première montre étanche au monde, une innovation qui transforma pour toujours la conception et l’idée que l’on se faisait d’un garde-temps. Alors que l’horloger genevois vient de dévoiler une toute nouvelle Datejust, revenons plus en détails sur l’histoire de cette Oyster qui s’est imposée au fil des décennies comme étant « la » montre de luxe par excellence.



Aussi protégée soit-elle dans son boîtier étanche, l’Oyster originelle conserve une faille dans son armure : comme toutes les montres de son époque, elle doit être remontée régulièrement pour fournir l’énergie nécessaire à son fonctionnement. Ce qui requiert de dévisser sa couronne de remontoir étanche, ouvrant ainsi une brèche entre l’extérieur et l’intérieur de la montre, par laquelle l’humidité et les impuretés peuvent s’infiltrer.
 
Pour parachever l’Oyster et assurer un environnement réellement hermétique au mouvement, il fallait « colmater » cette brèche de sorte que le mouvement puisse se remonter tout seul, sans apport d’énergie extérieur. L’idée du remontage automatique avait déjà été mise en pratique sur des montres de poche par d’illustres horlogers au XVIIIe siècle, puis reprise dans les années 1920 sur des montres- bracelets, mais sans jamais apporter réelle satisfaction.
 
Avec la même détermination dont il avait fait preuve pour surmonter les obstacles techniques et les railleries de ses contemporains concernant la précision des mouvements de petite taille et la réalisation d’un boîtier réellement hermétique, Hans Wilsdorf se mit en tête de relever le défi du remontage automatique, pour en faire le troisième pilier de l’Oyster.
 
Après plusieurs années de recherche, les équipes techniques de la Manufacture des montres Rolex à Bienne finissent par trouver la solution… Rolex dépose à partir de 1931 une série de brevets sur un mécanisme de remontage automatique à rotor libre dit « Perpetual », qui deviendra le standard adopté par l’ensemble de l’horlogerie. La montre se remonte d’elle-même lorsqu’elle est portée, chaque mouvement du poignet faisant tourner le rotor qui engrène sur le ressort de la montre
 
Le système Perpetual de Rolex présente un autre avantage : il arme le ressort de barillet de manière constante, assurant de la sorte une plus grande régularité et une meilleure précision du mouvement de la montre. Le rotor Perpetual constitue en quelque sorte le parachèvement du concept de l’Oyster, car il améliore ses qualités de précision, d’étanchéité et de fiabilité tout en libérant le porteur de la montre de la contrainte du remontage manuel.
 
Ainsi est née la Rolex Oyster Perpetual, une montre si innovante, performante et en avance sur son temps que sa conception a fondamentalement influencé la manière dont sont fabriquées toutes les montres.

En établissant le standard de la montre-bracelet précise, fiable et automatique, l’Oyster Perpetual de Rolex fait figure de véritable archétype de la montre moderne, de montre qui changea toutes les montres. Quelle montre n’est pas un minimum étanche aujourd’hui ? Le fait est, également, que la majorité des montres mécaniques modernes sont également automatiques et s’inspirent presque invariablement du système à rotor libre mis au point par Rolex.
 
Sur la base de l’Oyster Perpetual, Rolex a ensuite développé au cours des décennies une véritable collection de montres, chaque nouveau modèle répondant à des besoins et des utilisations spécifiques. A l’origine, l’Oyster, puis l’Oyster Perpetual, étaient des garde-temps tellement polyvalents qu’ils ont été utilisés aussi bien à la ville que dans des conditions extrêmes par des nageurs, des pilotes automobiles, des aviateurs, des alpinistes et des explorateurs en tous genres, partout où une montre fiable et précise, capable de résister aux éléments, était un instrument essentiel.
 
En 1945, pour célébrer les quarante ans de sa fondation, Rolex lance une Oyster Perpetual en or, avec un affichage innovant de la date dans un guichet à 3 h sur le cadran : la Datejust. Dès lors, les Oyster vont se subdiviser en deux catégories : des montres classiques assorties de fonctions de calendrier, comme la Datejust, la Day-Date, affichant le jour et la date (1956), ou plus récemment la Sky-Dweller, dotée d’un calendrier annuel et d’un double fuseau horaire (2012) ; et d’autre part des Oyster spécialisées, dites « Professionnelles », véritables montres outil dotées de caractéristiques ou de fonctions supplémentaires répondant à des usages spécifiques.
 
Ces dernières ont souvent été développées sur la base de retours d’expérience d’utilisateurs d’Oyster Perpetual originelles dans leur domaine. Ainsi, l’une des premières déclinaisons professionnelles de l’Oyster, l’Oyster Perpetual Explorer, est née en 1953 à la suite de la première ascension réussie de l’Everest. L’Explorer se différencie notamment par un cadran luminescent extrêmement lisible en toute circonstance et un bracelet métallique.
 
En 1953 toujours, Rolex lance le modèle Submariner, une Oyster Perpetual à l’étanchéité renforcée et munie d’une lunette tournante graduée, spécifiquement conçue pour la plongée sous-marine. Ces déclinaisons de l’Oyster, dont la forme suit la fonction et le nom désigne souvent une catégorie d’utilisateurs, introduisent autant d’innovations pour répondre de la manière la plus pratique, fonctionnelle et fiable possible à des besoins particuliers de mesure du temps. Explorer, Submariner, GMT-Master, Yacht-Master ou encore Cosmograph Daytona, chaque modèle Professionnel de la collection Oyster est ainsi devenu une référence dans son domaine, un archétype à part entière de la montre d’expédition, de plongée, de pilote de ligne, de skipper ou de pilote automobile. 

L'épopée de la Rolex Oyster (partie 2)
Dans la conception et l’évolution de ses différents modèles, Rolex considère la montre dans son ensemble. Les innovations portent ainsi tant au niveau de l’habillage (boîtier, cadran, bracelet et fermoir) que du mouvement mécanique, afin de proposer des montres toujours plus performantes à tous les niveaux : de la précision à la lisibilité en passant par l’ergonomie, le confort, la fiabilité, la résistance aux éléments et aux perturbations, mais également l’esthétique.
 
Cette approche a favorisé l’intégration verticale de la marque, qui maîtrise en interne l’intégralité des composants essentiels de ses montres, de l’habillage au mouvement, selon des critères de qualité des plus exigeants. Elle explique aussi l’évolution graduelle typique des montres Rolex, certaines innovations développées pour un modèle particulier étant déclinées sur d’autres.
 
C’est le cas par exemple au niveau de l’habillage pour le Cerachrom, ce composant en céramique haute technologie pratiquement inaltérable breveté par Rolex et lancé en 2005. Utilisé comme disque de lunette sur la GMT-Master II, il s’est étendu aux montres de plongée, aux modèles Yacht-Master et s’est décliné en version monobloc sur le Cosmograph Daytona. Au niveau du mouvement, le spiral Parachrom bleu paramagnétique, développé et breveté par Rolex, s’est lui aussi graduellement imposé sur de nombreux modèles depuis 2000.
 
Aujourd’hui, le boîtier Oyster, entièrement fabriqué par Rolex, est étanche au minimum jusqu’à 100 mètres – 300 mètres pour les Submariner, et même 3.900 mètres pour la Rolex Deepsea. Sa carrure est taillée dans un bloc de métal massif, acier 904L, or 18 ct ou platine 950. Son fond cannelé est hermétiquement vissé à l’aide d’un outil spécial qui permet aux seuls horlogers Rolex d’accéder au mouvement (la lunette n’est aujourd’hui plus vissée). La couronne de remontoir se visse contre la carrure comme une écoutille de sous-marin. Totalement étanche, le boîtier Oyster protège ainsi de manière optimale de l’eau, de la poussière, de la pression et des chocs le mouvement haute précision qu’il abrite.
 
En 1931, Rolex invente un mécanisme breveté de remontage automatique par rotor libre appelé Perpetual, dont s’inspirera par la suite l’ensemble de l’horlogerie. L’Oyster devient une Oyster Perpetual. Constitué d’une masse en forme de demi-lune oscillant librement sur son axe au gré des mouvements du poignet, le rotor Perpetual transmet ainsi l’énergie au ressort de barillet, l’organe moteur de la montre. Outre le confort accru pour le porteur, qui n’a plus à remonter quotidiennement sa montre, le rotor Perpetual vient encore renforcer les qualités d’étanchéité de l’Oyster : il évite de devoir dévisser la couronne de remontoir et d’exposer ainsi le mouvement à des poussières ou à l’humidité ; et en armant continuellement le ressort de barillet, il maintient l’énergie reçue par le mouvement à un niveau élevé et constant, gage d’une plus grande régularité et d’une meilleure précision de la montre. Le remontage automatique par rotor Perpetual de Rolex se distingue par son excellent pouvoir remontant dans les deux sens de rotation de la masse.
 
Enfin, la couronne permet au porteur de régler les fonctions essentielles de sa montre ou de la remonter en interagissant directement avec le mouvement. Il est donc essentiel qu’elle soit rendue étanche pour parachever la fermeture hermétique du boîtier. Le système Twinlock, introduit et breveté par Rolex en 1953, assure une parfaite étanchéité de la couronne vissée grâce à la présence de deux zones d’étanchéité, l’une à l’intérieur du tube, l’autre en fond de couronne. La couronne Twinlock a été utilisée pour créer le modèle Submariner en 1953, première montre étanche jusqu’à  100 mètres. Elle permettait de rendre le boîtier Oyster étanche même si la couronne n’était pas parfaitement vissée. Elle est aujourd’hui utilisée pour garantir jusqu’à 100 mètres l’étanchéité de différents modèles. La couronne Twinlock est identifiée par deux points sous l’emblème Rolex sur les pièces en or et une barre sur les modèles en acier.


Montres-de-luxe.com | Publié le 3 Mai 2016 | Lu 1098 fois



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