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Le trench-coat : des tranchées boueuses de 14-18 au macadam urbain


Le mois d’octobre commence avec son cortège de feuilles mortes, de bourrasques de vent et de pluies diluviennes ! Mais l’élégant adore l’automne, car sortent alors de la penderie les vestes en tweed, les pantalons en flanelle et surtout, les manteaux.



De tous les manteaux pour hommes, un se distingue plus particulièrement. Sort du lot. Pièce iconique par excellence du vestiaire élégant, c’est le trench ou plus exactement le trench-coat. Il est si caractéristique qu’il est entré dans l’imaginaire collectif. Et le 7ème art n’y est pas pour rien !
 
Qui ne s’est jamais pris pour Humphrey Bogart dans Casablanca en rabattant contre ses joues, le col de son imperméable pour se protéger d’une brise un peu trop fraiche dans la nuit parisienne ? On peut aussi se prendre pour Alain Delon dans Le Samouraï ou Peter Sellers dans la Panthère Rose, ou encore, pour Robert Redford dans nos Plus belles années… 
 
Mais qu’elles sont les origines du trench ? Le trench est un manteau plutôt long de couleur beige ou mastic. En toile de coton imperméable, croisé, il possède un grand col qui se remonte pour protéger la nuque de la pluie.

Tout d’abord, pourquoi ce manteau est-il imperméable ? En réalité, le trench est le résultat de plusieurs décennies d’expériences qui commencent dès la fin du XVIIIème siècle. Ce vêtement apparaît à une époque où les voitures étaient conduites par des cochers qui étaient en dehors de l’habitacle et qui guidaient des chevaux.
 
Pour faire face aux intempéries, les conducteurs portaient de lourds manteaux de laine bouillie ou en cuir de cheval sur lesquels se superposaient des capes : ce sont ce que l’on appelle les carrick -ou garrick- étagés. Ces manteaux étaient parfois enduits d’huiles ou de poisse, ce qui les rendait plus lourds et collants, mais plus imperméables.
 
Les choses vont changer en 1823 grâce au chimiste écossais Charles Macintosh né à Glasgow ; on imagine que vivant dans ces contrées, il était sensible au problème des vêtements mouillés ! Son procédé d'imperméabilisation des tissus consiste à mélanger le caoutchouc et le naphta aux draps des manteaux.

Il en résulte une toile moins lourde et parfaitement étanche, pourvue cependant d’un inconvénient non négligeable : les toiles fondaient à la chaleur ! Ce qui poussa Macintosh à perfectionner son procédé en 1843.
 
Cette toile sera portée tout au long du XIXème siècle sous le nom de capote ou de Macintosh -ou Mac. Il se développe alors une industrie spécifique dont les gestes sont propres aux imperméables. Ce manteau exige des coutures doubles et rabattues pour être hermétiques ; les aiguilles doivent être fines pour ne pas trop percer la toile tout en étant suffisamment résistantes pour venir à bout de l’épaisseur du drap.
 
Mais surtout, c’est le vêtement de la Première Guerre mondiale ! C’est en effet, à cette époque que le trench -trench signifiant tranchée en anglais- apparaît sur le marché des équipements militaires.

Plus légers que la laine, les militaires anglais commandent a l’époque des manteaux d’un nouveau genre et surtout plus pratiques. Cette nouvelle toile étanche sera celle de milliers de combattants des tranchées boueuses du front de l’Est.
 
Deux équipementiers anglais de vêtements de sport fabriquent alors pour l’armée : il s’agit d’Aquascutum* (avec doublure à petits carreaux) et de Burberry* (avec doublure à grands carreaux) qui se réclament toujours de la paternité du vêtement d’ailleurs. Mais, in fine, impossible de… trancher véritablement cette question !
 
Comment reconnaître un véritable trench ? Il est toujours dans des tons de beige (ou mastic), de crème, de kaki ou bleu marine. Les plus beaux modèles sont assez longs et arrivent au moins au creux du genou (certes, on le porte désormais un peu plus court).

Historiquement, le trench présente des épaules dites « raglan ». Ce montage d’épaule provenant d’Angleterre masque la couture d’épaule sous le col, peut-être par souci d’étanchéité. Le trench est croisé dans sa version classique.
 
Il possède également toute une foule de détails qui le distingue des autres manteaux. D’abord, le trench possède une demi-cape dans le dos, toujours dans l’idée de se protéger de la pluie et du vent ; le bas du dos se termine par une fente qui peut se boutonner pour mieux isoler le corps.

​Quant aux manches, elles se serrent d’une patte avec boucle en cuir pour éviter que l’eau n’entre. On note également la présence de deux poches latérales, en biais, avec rabat boutonné.

Le trench présente aussi des éléments nés de son usage militaire: des épaulettes, mais aussi des éléments moins connus : l’épaule droite présente un bavolet, qui sert à isoler complètement le cou, comme l'agrafe du col, rappelant les dolmans.
 
Ce bavolet s’appelle généralement un bavolet à fusil, parce que les militaires y auraient appuyé la crosse du fusil lors du tir et glissé le canon du fusil lors de la marche.

Enfin, le trench se porte avec une ceinture dotée d’ardillons en acier appelés « porte-grenades » ! Pour la ceinture, rien ne vous empêche de la nouer pour un style plus décontracté.

Si le trench reste l’imperméable d’excellence à porter avec un costume, il est tout à fait possible de l'associer à un pull Aran, un pantalon en flanelle et des chasses…

Le prix des nouveaux modèles sont devenus prohibitifs. Mais rien ne vous empêche de vous offrir un modèle vintage (souvent de meilleur qualité d'ailleurs) sur eBay pour 150 ou 250 euros. Le modèle Commander II en tissu moiré kaki de chez Burberry étant le must absolu (photo ci-dessous). 
 
Aujourd’hui, le trench est devenu un vêtement mythique parce qu’il a su traverser le XXème siècle tout en restant parfaitement intemporel !

Raphaël Sagodira 

*les puristes ne jurent que par ces deux marques qui sont d'ailleurs toutes deux estampillées du fameux Royal Warrant britannique. 


Montres-de-luxe.com | Publié le 7 Octobre 2022 | Lu 2080 fois


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