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Ma première Foire de Bâle : par Didier Bévillon


Alors que la Foire de Bâle subit actuellement un véritable « tremblement de terre », la prochaine édition étant officiellement annulée, nous avons demandé à des professionnels de l’horlogerie de revenir sur « leur tout premier Bâle », celui qui est resté gravé dans leur mémoire. Une série de témoignages intergénérationnels qui revient sur ce qui reste, jusqu’à ce jour, le plus grand rendez-vous mondial de l’horlogerie. Aujourd’hui, Didier Bévillon.


La Foire de Bâle ! Ma première participation à la Foire de Bâle date de 1962. C’était la Foire « aux échantillons » !
 
J’étais chef des ventes chez LIP  et, pour la première fois, la marque LIP était présente à ce salon. LIP disposait d’un petit stand, très simple, équipé de deux tables et de quatre chaises, dans la grande halle 1, pas dans l’allée principale mais dans une « « contre allée ».
 
Cette Foire avait déjà un caractère mondial. Tout le monde horloger se devait d’être là ! C’était l’événement professionnel de l’année !
 
Ma présence chez LIP ? Elle a duré de 1961 à 1973 au poste de chef des ventes puis directeur national  avec 42 représentants. Bien entendu, à ce moment-là, la structure même de cette foire, n’avait rien à voir avec les extraordinaires stands de ces dernières années.
 
Mais, un reproche était formulé par les exposants : les odeurs en provenance du premier étage affectaient l’odorat des exposants et des visiteurs ; le fait est que le premier étage était réservé à la nourriture ! Cette foire était déjà ouverte au public.
 
Après 13 années passées chez LIP, et suite aux événement de 1973, j’ai eu le plaisir d’entrer dans le groupe ASUAG (Longines, Eterna, Rado, Mido, Certina et autres) pour prendre en charge la Direction Générale de Longines France.
 
Là, belle et grande évolution dans la structure des stands, d’une façon général pour l’ensemble des marques exposantes. Incontestablement cela devenait la plus importante foire de l’horlogerie et de la bijouterie au niveau mondial.
 
Et devant les contestations des exposants au sujet des « odeurs de cuisine »… Disparition de la partie « cuisine » de la Foire !
 
Chaque année, nous pouvions constater les exceptionnels efforts de toutes les marques avec une grande maîtrise de l’évolution de la haute technologie  horlogère, la création et la recherche des produits susceptibles de correspondre aux goûts des consommateurs.
 
Il faut noter le soin tout particulier qui été réservé aux « clients » et à l’accueil parfait des invités. Il est vrai que toutes les marques disposaient de stands très soignés.
 
Au fil du temps, nous avons constaté une progression TRES spectaculaire dans la structure des stands. Du gigantisme et peut-être de la démesure… Mais l’objectif était toujours le même : bien recevoir les invités !
 
Cette foire de Bâle était grandiose et les clients étaient satisfaits de l’accueil au sein des marques. Je dois dire que tout le monde horloger se devait d’être présent à cette plus importante foire mondiale de toute la corporation.
 
Après dix-neuf ans chez Longines, j’ai eu l’honneur de faire connaissance de monsieur Raymond Weil, créateur de la marque (ndlr : marque éponyme). Là aussi, magnifique stand et visite des clients et agents généraux du monde entier. Durant huit ans chez Raymond Weil, j’ai, là également, toujours eu le grand plaisir d’assister à chaque foire.

Aujourd’hui, pour diverses raisons, de nombreuses marques et grands groupes ne sont plus présents à cette foire, ils préfèrent se consacrer à d’autres salons…
 
Pour autant, j’ai toujours un très grand plaisir d’assister, presque chaque année, à cette formidable Foire de Bâle ! Entre LIP, Longines et Raymond Weil, j’ai du assisté entre 40 et 50 fois à cette Foire…
 
J’ai été membre de la Fédération de l’Horlogerie depuis 1968 et Président de cette dite Fédération durant trente ans. De ce fait j’ai continué à me rendre à cette foire après mes responsabilités au sein de marques, toujours dans le but de suivre l’évolution du métier et toujours… avec plaisir !
 
Du plaisir pour le « produit » mais également le plaisir de rencontrer de grands personnages du métier.
 
De profonds changements vont intervenir ; et sont déjà intervenus. L’évolution est ainsi. De nouvelles pages vont s’ouvrir et se renforcer pour le bien du monde horloger. Peut-être que Bâle se dévoilera d’une façon différente ? Et nous devons rester reconnaissants aux divers organisateurs qui se sont succédés depuis 40 ou 50 ans et qui ont ainsi, grandement favorisé l’évolution du monde horloger...

Rappelons que Didier Bévillon a consacré une grande partie de sa carrière à l’horlogerie. Tout d’abord comme directeur des ventes chez LIP puis ensuite directeur général chez Longines. Il a terminé sa carrière en tant que directeur général de la société Raymond Weil. Il a également piloté des opérations de chronométrages sportifs, notamment sur le Tour de France ou les Jeux Olympiques. Il a été président de la Fédération de l’horlogerie (une structure française et non suisse) pendant trente ans. Aujourd’hui, il fait aussi partie du jury des Bucherer Awards.

Montres-de-luxe.com | Publié le 14 Mai 2020 | Lu 843 fois



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