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Patek Philippe : un nouveau bâtiment de production à Genève


La prestigieuse manufacture Patek Philippe (62.000 montres/an) vient d’annoncer l’achèvement de son nouveau bâtiment de production, très contemporain sur dix niveaux (600 millions d’investissement), à Genève, qui vise à anticiper la croissance de Patek pour les 20 ou 30 prochaines années… Cet événement est marqué par la création d’une série limitée : une Calatrava de 40 mm en acier (réf. 6007) à mille exemplaires.


Début 2020, la manufacture a terminé les travaux de construction entamés en juillet 2015 et lancé ses activités de production dans son nouveau bâtiment sur le site de Plan-les-Ouates (là où se trouve également Vacheron Constantin, Frédérique Constant ou encore Bovet), aux portes de Genève.
 
Cet édifice au style très contemporain permet de regrouper en un même lieu tous les ateliers genevois de l’entreprise et de répondre à la complexité croissante de sa production. Il laisse par ailleurs une large place aux métiers de haut artisanat et à la formation.
 
Doté de dimensions impressionnantes (10 niveaux, pour une longueur de près de 200 mètres), ce nouveau bâtiment venant s’ajouter à celui de 1996 a été également conçu pour anticiper la croissance de la manufacture durant les vingt-trente prochaines années.

En 1996, Patek Philippe a fait œuvre de pionnière en inaugurant à Plan-les-Ouates, sous l’égide de Philippe Stern, alors président, une nouvelle manufacture de dimensions hors normes. L’entreprise était la première marque horlogère à s’installer dans cette commune genevoise surnommée aujourd’hui plaisamment « Plan-les-Watches ».

Lire aussi : Patek Philippe, une Calatrava inédite en acier en mille exemplaires

Le but était de réunir sous un même toit les diverses activités dispersées sur une dizaine de sites à travers la ville et de se doter d’un outil de production permettant d’assurer l’indépendance de la firme à long terme. Mais même conçu de manière très généreuse, ce bâtiment s’est rapidement révélé trop petit face à l’expansion de la manufacture.
 
En 2003, Patek Philippe a déménagé son secteur Habillement (fabrication des boîtiers et des bracelets et sertissage) dans la commune proche de Perly. En 2009, la firme a agrandi la parcelle de Plan-les Ouates et transformé un bâtiment commercial existant pour y installer l’ensemble des ateliers de fabrication des composants destinés aux mouvements.
 
En lançant le projet de construction d’un nouveau bâtiment, Thierry Stern, président depuis 2009, s’est fixé un double objectif : rapatrier à Plan-les-Ouates les unités installées à Perly et répondre aux besoins croissants en espaces, notamment pour la production et la formation.

Le but n’est pas d’augmenter drastiquement le nombre de montres fabriquées chaque année (actuellement près de 62 000 pièces), qui restera toujours volontairement limité, ne serait-ce qu’en raison des critères de qualité fixés par le Poinçon Patek Philippe.

Il s’agit plutôt, pour la dernière manufacture genevoise indépendante en mains familiales, de se doter d’un outil de production efficace et rationnel permettant de faire face aux défis du présent et de l’avenir.

Les montres compliquées représentent aujourd’hui près de la moitié des modèles proposés. Les « complications utiles » (Quantième Annuel breveté, semainier, double fuseau horaire Travel Time, Heure Universelle, etc.) ont pris une importance croissante, augmentant le nombre de mécanismes particuliers.
 
La philosophie de création de Patek Philippe a également entraîné la multiplication des systèmes destinés à simplifier, sécuriser et fiabiliser l’emploi des garde-temps, notamment des grandes complications. Résultat : la production exige un nombre moyen de composants par montre toujours plus élevé.
 
Le choix de Patek Philippe de conserver une collection courante la plus variée possible (montres simples, petites complications, grandes complications, modèles « sport élégant », montres dames, montres joaillerie) ainsi qu’une palette de plus de 160 modèles différents, fabriqués dans de petites séries allant d’une dizaine de pièces à quelques centaines d’unités, et dotés d’une vaste gamme de mouvements 100 % « maison », accroît également les besoins en surfaces de production. A cela s’ajoute l’essor des pièces de haut artisanat.

En octobre 2015, lors d’une cérémonie officielle, Patek Philippe a procédé à la pose de la première pierre et cinq ans plus tard, là où se trouvait précédemment l’un des parkings de l’entreprise, se dresse maintenant le tout nouvel outil de production de la manufacture.
 
Le nouveau bâtiment Patek Philippe se démarque d’emblée par ses dimensions impressionnantes : 189 mètres de longueur, 67 mètres de largeur et une hauteur hors sol de 34 mètres, avec dix niveaux, dont quatre sous terre.

Il se distingue aussi par son style architectural très contemporain destiné à marquer durablement le paysage de Plan-les-Ouates, avec de grandes surfaces vitrées (quête de lumière oblige) rythmées par des coursives en béton poli blanc s’étendant tout le long des façades ainsi que par des escaliers de secours de couleur bronze rappelant l’architecture new-yorkaise.
 
L’allure d’un immense paquebot aux volumes épurés. A l’image des montres Patek Philippe, cette sobriété d’ensemble s’allie à des détails très raffinés comme la légère courbure horizontale des coursives – rappelant le design en octogone adouci du boîtier de la légendaire Nautilus – ou les garde corps des escaliers de secours dotés d’une forme rappelant la découpe d’aiguilles de type « feuille ».

Les espaces intérieurs s’articulent en cinq « blocs » verticaux séparés par quatre cages d’escaliers et équipés d’une vingtaine d’ascenseurs et monte-charges. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont dévolus à la fabrication et aux finitions manuelles des composants du mouvement (platines, ponts, rouages, pièces de forme, etc.), tandis que le deuxième étage est dédié à l’usinage, au polissage manuel et au montage des composants de l’habillement (boîtiers, bracelets) ainsi qu’au sertissage.
 
En plus de la production courante, ces ateliers assurent également la fabrication et le stockage de pièces de rechange afin de consolider les activités de service après-vente, l’une des clés du succès de Patek Philippe, ainsi que la restauration de modèles anciens.

Le troisième étage abrite diverses entités liées à la production comme la recherche & développement dans le domaine des nouveaux matériaux et des nouvelles technologies (Patek Philippe Advanced Research), un atelier de haute horlogerie et une nouvelle unité de prototypage. Le quatrième étage offre de la place pour développer et transmettre tous ces métiers de haut artisanat que Patek Philippe s’attache à préserver (gravure main, émaillage, guillochage, marqueterie de bois, etc.).
 
S’y trouvent également d’autres locaux qui seront dédiés à la formation des horlogers et du réseau de vente ainsi qu’un auditorium de 299 places.
 
Le bâtiment est couronné au cinquième étage par un restaurant de 880 places en attique jouissant d’une vue circulaire sur la campagne et les montagnes environnantes et par quatre salons VIP. Un large « boulevard » au premier sous-sol abritant les vestiaires permet aux employés une circulation aisée avant de rejoindre leurs postes de travail dans les étages.
 
Quant au restant des quatre niveaux souterrains, il accueille l’ensemble des locaux techniques ainsi qu’un parking totalisant 635 places.
 
Le nouveau bâtiment Patek Philippe a été conçu pour respecter les standards de Haute Performance Energétique (HPE) édictés par la Loi cantonale genevoise sur l’énergie, tant au niveau de l’enveloppe que des installations techniques. Il permet notamment de valoriser les rejets thermiques en les utilisant pour le chauffage. Un dossier a été déposé pour obtenir le label Minergie-P, le plus haut label Minergie.
 
Les investissements se sont élevés à CHF 600 millions, dont CHF 500 millions pour le bâtiment et CHF 100 millions pour les aménagements et l’équipement technique d’avant-garde.
 
Les premiers déménagements ont eu lieu en juillet 2019 avec le transfert des unités de production de composants du mouvement depuis le bâtiment commercial aménagé en 2009, qui sera démoli. En février 2020, les ateliers de fabrication de l’habillement et de sertissage ont quitté Perly pour venir s’installer, eux aussi, dans leurs nouveaux pénates.
 
Près d’un quart de siècle après l’inauguration du complexe de Plan-les-Ouates, les activités genevoises de Patek Philippe sont donc à nouveau toutes réunies sur un même site, avec des espaces supplémentaires pouvant accompagner la croissance de l’entreprise pendant deux ou trois décennies. De quoi assurer le succès de la manufacture familiale et son indépendance pour les générations à venir.

Montres-de-luxe.com | Publié le 19 Juin 2020 | Lu 1531 fois



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