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Rolex : aux origines du cadran California


Le cadran de type California séduit les amateurs de montres contemporaines et vintage pour son côté authentique. On le retrouve désormais chez quelques marques qui proposent ce cadran que l’on doit à l’origine, à Rolex, et qui avait pour but d’être parfaitement lisible et sans erreur possible (error proof) dans n’importe quelle condition.



Eh non, contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas Panerai qui a inventé le cadran de type California, même si c’est effectivement la marque florentine qui l’a remis au gout du jour il y a dix ans par le biais d’une série limitée Radiomir 1936*.
 
En effet, en 2006, la PAM 249 (énorme succès commercial devenu montre « collector ») arborait ce fameux cadran très Art Déco avec des chiffres romains dans sa partie supérieure (10, 11, 1 et 2) et des chiffres arabes dans sa partie inférieure (4, 5, 7 et 8). Quant au 12, il était symbolisé par un large triangle inversé complété par deux index rectangulaires à 3 et 9h.  
 
Cette configuration de cadran bien particulière, on l’a doit à l’origine à Rolex. En effet, une fois encore, c’est la marque genevoise qui a créé ce grand classique de l’horlogerie qui de nos jours, se retrouve la plupart du temps dans des modèles rendant hommage à des montres militaires. De Panerai à Tudor (dans des versions « date » ou « jour/date ») en passant par MATWatches ou encore Glycine. Mais au final, très peu d’horlogers commercialisent ces cadrans pourtant très appréciés des collectionneurs.  
 
Ce cadran a été déposé et protégé par Rolex au printemps 1941 -pendant la guerre- sous la référence de brevet 221.643. Au-delà des chiffres romains et arabes et des index, ce cadran était également plus épais que tous les autres fabriqués par la marque dans ces années-là, ce qui permettait de creuser et de remplir ces chiffres romains et arabes et les index de matière luminescente. Naturellement, les aiguilles étaient également recouvertes du même produit, du radium** à l’époque. Mais le fait qu’il soit radioactif explique son abandon à la fin du 20ème siècle.

Au départ, ce cadran avait été dénommé par Rolex : « error proof radium dial », ce que l’on pourrait traduire par « cadran radium sans erreur possible ». En effet, ces grands chiffres romains et arabes, ces index surdimensionnés pour l’époque et ces aiguilles si caractéristiques -qui préfigurent les fameuses aiguilles Rolex- avaient un but bien précis et récurrent dans l’horlogerie : une lisibilité optimale dans toutes les conditions. Quelque soit l’orientation de la montre, impossible de confondre les heures ou les minutes !
 
La dénomination California serait en fait arrivée bien plus tard, dans les années 80. En effet, durant cette période, le Japon connait un boom économique sans précédent. Les Japonais, amateurs de vintage avant la lettre, s’entichent alors des Rolex Bubbleback avec ces cadrans « error proof ». Sauf qu’il y a peu de pièces sur le marché japonais qui s’épuise rapidement. Les revendeurs nippons s’envolent alors vers les USA et notamment vers la Californie et surtout Los Angeles et ses marchands de Melrose Avenue, à la recherche de ces vieilles Rolex si prisées…
 
Les détaillants d’occasion américains comprennent rapidement qu’il y a beaucoup d’argent à se faire avec les Japonais. Sauf que Rolex n’a produit ces cadrans que pendant une petite dizaine d’années. Mais comme par « miracle », de nombreuses Bubbleback « error proof » arrivent sur le marché. Naturellement, de nombreux cadrans ont été repeints durant cette période pour répondre à cette demande très lucrative... C’est ainsi qu’avec le temps ces « error proof » auraient été surnommés… les cadrans California.  
 
*Ce modèle fut produit à l’origine par Rolex pour Panerai pour la Marine Royale Italienne. Ces montres extrêmement rares sont d’ailleurs équipées de calibres Rolex.
**Cette matière était appliquée sur les cadrans par des femmes, aux USA, on les appelait les « radium girls  ». Ces ouvrières tenaient le pinceau -extrêmement fin- qui servait à peindre les chiffres et les index, entre leurs lèvres pour plus de précision.   

Montres-de-luxe.com | Publié le 21 Novembre 2016 | Lu 4359 fois



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