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Sotheby’s met en vente la montre Rolex Day-Date en or de Graham Green (Genève, le 15 mai 2012)


La célèbre maison britannique Sotheby’s va mettre en vente le 15 mai 2012 à Genève, à l’hôtel Beau Rivage, une série de montres qui rend hommage aux pères fondateurs de l’horlogerie moderne, Abraham‐Louis Breguet et Jacques‐Frédéric Houriet, ainsi qu’aux inventions qui révolutionnèrent l’industrie, à l’instar du tourbillon, couvrant cinq siècles d’histoire de la montre. En tout, 388 lots estimés à plus de 8.3 millions d’euros dont la Rolex Day-Date en or ayant appartenu au célèbre écrivain britannique Graham Greene.



Selon Geoffroy Ader, directeur du département de Haute Horlogerie de Sotheby’s en Europe, « le marché des enchères horlogères est de plus en plus global et le nouveau format de nos ventes, à cheval sur plusieurs fuseaux horaires, permettra aux collectionneurs du monde entier d’y participer plus aisément ».

Et de préciser : « la vente de mai a été mise sur pied avec la volonté de partager notre passion et notre savoir mais aussi de saluer l’œuvre d’horlogers de génie. Nous sommes très heureux de pouvoir exposer, en même temps que les lots de la vente, les pièces phares de la collection personnelle de George Daniels qui sera mise en vente à Londres le 6 novembre prochain. George Daniels est le plus grand horloger du XXème siècle et, à ce titre, il symbolise un lien essentiel entre les Maîtres du passé et les horlogers indépendants contemporains ».

Rolex

Marque vedette des enchères internationales, Rolex sera représentée par de nombreux modèles, menés par l’exceptionnelle « Référence 6062 ‘Star Dial’ ». Datant d’environ 1950, cette montre‐bracelet triple date en or rose est décrite comme ayant appartenue à Ibn Saoud, le fondateur de l’Etat moderne d’Arabie Saoudite et le premier roi du pays. Il s’agit de l’un des plus beaux exemples de la mythique référence 6062 dont il n’existe que très peu de modèles. Avec son cadran étoilé et son parfait état de conservation, cette montre devrait susciter l’intérêt de beaucoup de collectionneurs (lot 307, est. 166.000/250.000 euros).

Outre de nombreux modèles de Daytona « vintage » couvrant plusieurs références et des cadrans divers, cette section comprendra une Rolex Submariner Référence 6538. Fabriquée vers 1958 et dotée d’un cadran « Tropical », cette montre‐bracelet automatique en acier avec secondes au centre est une séduisante déclinaison de la référence 6538, également connue comme la « Big Crown James Bond » (lot 260, est. 50.00066.000 euros).

Autre lot vedette, une Rolex référence 18038 Day‐Date ayant appartenu au célèbre écrivain britannique Graham Greene (lot 294, est. 5.500/7.300 euros). Datant de 1981, cette montre‐bracelet automatique en or 18 carats avec secondes au centre provient de l’héritage d’Yvonne Cloetta qui partagea la vie de Greene de 1959 à la mort de ce dernier à Vevey en 1991. Le dos du boîtier est gravé de l’inscription suivante : « TO A ENGLISH BROTHER OF GENERAL FROM TORRIJOS GENERAL PAREDES PANAMA 1983 » (« Au frère anglais du Général Torrijos, de la part du Général Paredes, Panama, 1983 »).

En 1976, Greene, alors âgé de 72 ans, fut invité au Panama par le chef du gouvernement, le Général Omar Torrijos Herrar. L’écrivain effectuera quatre autres visites au cours des sept années suivantes, des voyages qui lui permirent de forger une profonde amitié avec Torrijos et le chef des forces armées, le Général Ruben Paredes. C’est très certainement ce dernier qui offrit la montre à Greene, comme l’indique la gravure. Les relations étroites de l’écrivain avec les dirigeants panaméens lui inspirèrent un livre fascinant, Getting to the Know the General : The Story of an Involvement, publié en 1984.

Breguet

Une section entière de la vente de mai sera consacrée au célèbre horloger français Breguet ; une référence absolue dans le monde de l’horlogerie depuis deux siècles. Datant de 1785 à 1997, les 45 garde‐temps soulignent l’innovation constante et le style unique qui caractérise la production de Breguet depuis le XVIIIème siècle.

Horloger des monarques européens et des élites diplomatiques, scientifiques, militaires et financières des XVIIIème et XIXème siècles, Abraham‐Louis Breguet (1747‐1823) compta parmi ses clients les plus prestigieux, Louis XVI, la Reine Marie‐Antoinette, Napoléon, le Tsar Alexandre 1er et Caroline Murat et surtout, la Reine de Naples pour qui il créa la première montre‐bracelet au monde en 1810.

Le prestige et la réputation dont jouissait Breguet auprès des élites apparaît clairement à travers les provenances illustres des garde‐temps de la vente. Ces derniers sont menés par deux montres de carrosse, décrites dans les archives Breguet comme des « Pendules à Almanach ».

La première est une grande montre de carrosse en laiton doré avec grande et petite sonnerie et répétition des quarts (No. 3145) qui fut livrée en 1825 pour 6.000 francs, une somme considérable à l’époque, soulignant la qualité exceptionnelle de cette pièce (lot 365, est. 291.000/375.000 euros). Identique à une pendulette de voyage vendue à la Reine d’Espagne en 1831, cette pièce compte parmi les plus grandes de la sorte produites par Breguet.

La seconde, une pendulette de voyage en laiton doré de très petite taille (No. 2497) fut vendue en 1810 au Prince Camillio Borghese Aldobrandini (1775‐1832), aristocrate italien que la sœur de Napoléon, Pauline Bonaparte épousa en seconde noces.

« Horloger des rois et roi des horlogers », Breguet produisit des montres de poche pour de nombreux membres de l’aristocratie et des classes aisées européennes. Parmi les noms prestigieux représentés dans la vente figurent le Baron Hottinguer (1764‐1841) (lots 345, 350), George William Campbell, 6ème Duc d’Argyle (1768‐1839) (lot 348), le diplomate et politicien britannique Lord Clanwilliam (lot 351), le Prince Jean 1er de Liechtenstein (1760‐1836) (lot 357), le Prince russe André de Galitzine (Lot 363) ou encore le Comte hongrois Bathyany qui acheta en 1821 une très belle montre à tact en or jaune (No. 3561).

Le grand art de la Maison Breguet et son talent unique à intégrer des innovations apparaît dans une montre en or rose 18 carats, avec répétition minutes et un mouvement calibre Louis Audemars de la Manufacture au Brassus (No. 3700). Vendue en 1908, la « Louis Audemars Grande Complication » est aujourd’hui estimée à 125.000/208.000 euros).

La section Breguet comprend également des montres modernes, à l’instar d’une très rare montre‐bracelet tourbillon en or rose avec répétition minutes et calendrier perpétuel datant d’environ 1997 (ref. 3857) et mise pour la première fois aux enchères. Caractéristique de l’esthétique classique de Breguet, cette montre fait partie d’une édition limitée de trois pièces produites pour commémorer le 250ème anniversaire de la naissance d’Abraham‐Louis Breguet.

Houriet et ses disciples

Un autre horloger de génie sera à l’honneur de la vente de mai : Jacques‐Frédéric Houriet (1743‐1830). Père de la chronométrie suisse, Houriet produisit essentiellement des montres pour le compte de grands horlogers de son temps, dont son ami proche Abraham‐Louis Breguet et Ferdinand Berthoud.

La vente présentera de rares exemples de montres signées par Houriet, notamment une montre en or jaune et émail, sertie de perles avec secondes au centre, fabriquée pour le marché chinois vers 1820 (lot 336).

L’influence considérable qu’exerça Houriet sur ses élèves et leurs successeurs est illustrée par des montres signées par Urban Jürgensen, Sylvain Mairet et Frédéric Louis Favre‐Bulle. Favre‐Bulle (1770‐1849) est notamment représenté par un tourbillon en or jaune avec thermomètre datant d’environ 1820. Cette montre est quasi‐identique à un chronomètre de poche signé Houriet et compte parmi les plus beaux exemples du genre produits en Suisse (lot 343).

Le tourbillon

Le tourbillon, invention qui révolutionna l’horlogerie moderne, est également au cœur de la vente. Elaboré en 1795 par Abraham‐Louis Breguet afin de compenser les écarts de marche dus à la gravité terrestre et augmenter la précision des montres, ce mécanisme a connu de nombreux développements au cours des deux derniers siècles.

Un chronomètre en or jaune 18 carats réalisé en 1882 par l’horloger londonien S. Smith & Son est équipé de ce qui est très certainement le premier carrousel avec échappement à détente de la série « No.239 », un mécanisme breveté en 1893 par le Danois Bahne Bonniksen et visant à simplifier le mécanisme du tourbillon et à le rendre plus robuste (lot 179).

Au début des années 1920, l’Allemand Alfred Helwig inventa ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler le « tourbillon volant ». En 1931, il fabriqua, avec son élève Woldemar Fleck, un chronomètre de poche en argent doté d’un tourbillon volant (lot 186).

Parmi les autres exemples importants de tourbillons figure un modèle Patek Philippe rare de la Référence 5101 datant de 2005. Inspiré par les célèbres lignes Art Déco de la manufacture suisse, cette montre‐bracelet rectangulaire en platine rassemble deux complications rares : le tourbillon et la réserve de marche de 10 jours (lot 187).

Sotheby’s met en vente la montre Rolex Day-Date en or de Graham Green (Genève, le 15 mai 2012)
Patek Philippe

Combinant la mesure du temps avec de nombreuses autres fonctions, les montres à grande complication de Patek Philippe comptent certainement parmi les plus recherchées sur le marché. Le lot star de la vente de mai est une montre de poche à grande complication de la référence 959 (ci-contre).

Datant de 1992, cette montre unique en or jaune 18 carats est dotée des fonctions suivantes : petite et grande sonnerie, répétition minutes, calendrier perpétuel, phases de Lune, chronographe à rattrapante et indication 24 heures. Il s’agit de l’un des rares exemples de montres de poche à grande complication produites par la prestigieuse maison au début des années 1990 (lot 141, 416.000/666.000 euros).

Autre lot important de cette section : « la Référence 3979HP Beyer » datant de 1995. La référence 3979, qui n’est plus produite aujourd’hui, fut la première montre‐bracelet automatique à répétition minutes de Patek Philippe. Seuls trois modèles en platine sont connus sur le marché et cette montre est la seule à avoir été vendue par Beyer, le plus ancien marchand de montres en Suisse (lot 118, est. 416.000/583 euros).

Le grand art de Patek Philippe apparaît également à travers un ensemble de modèles vintages, dont « la Référence 1436 ‘Sena Ltd Singapore’ », un chronographe en or jaune 18 carats datant de 1959 faisant partie des rares exemples de la référence 1436 commercialisés par un agent asiatique de la marque. Produite entre 1938 et 1971, cette référence fut le premier modèle de montre‐bracelet avec chronographe à rattrapante fabriqué en série par Patek Philippe (lot 252).

Montres de poche anciennes

Depuis quelques années, les enchères horlogères sont marquées par un intérêt croissant des collectionneurs internationaux pour les garde‐temps historiques et, plus particulièrement, les montres de poches anciennes. La vente comprendra des garde‐temps des XVIème et XVIIème siècle provenant de la prestigieuse collection d’Adolphe Chapiro, le célèbre historien des montres.

Parmi ces derniers, une magnifique montre « oignon » en or jaune fabriquée vers 1695 par Isaac Thuret, horloger attitré de Louis XIV (lot 224). L’emblème royal français sur la bélière correspond très certainement aux armoiries de Philippe d’Orléans (1624‐1723), Régent du Royaume de France pendant la minorité de Louis XV.

De très beaux exemples de montres de poche en émail destinées aux marchés chinois, ottoman et indien seront également présentés. Au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle, les horlogers, orfèvres, graveurs et peintres sur émail créent ensemble des montres d’un raffinement exceptionnel pour les dignitaires chinois. En témoigne une montre en or jaune 18 carats et émail, sertie de perles avec secondes au centre et datant d’environ 1820 (lot 226). Cette montre est le fruit du travail de trois maîtres dans leur discipline : Bovet, éminent horloger suisse, Jean‐Louis Richter, l’un des meilleurs émailleurs de Genève et Ilbery, le principal fabriquant de « montres chinoises » à l’époque.

Une autre très belle pièce de cette section est une luxueuse montre savonnette en or 18 carats et email avec répétition minutes fabriquée vers 1890 pour le marché indien et signée F. White & Co., Bombay (lot 269). Caractéristique des « montres Rajah » faites à Genève à la fin du XIXème siècle pour de hauts dignitaires indiens, le boîtier de cette montre est décoré des portraits du Maharaja Thakore saheb Dajiraj de Wadhwan et de son jeune frère Thakore saheb Basingh Chandrasingh. L’auteur de ces portraits est John Graff (1836‐1902), peut‐être le portraitiste sur émail le plus estimé de Genève à cette époque.

De très belles montres avec automates (lots 151,178) viennent compléter cette sélection, ainsi qu’une montre en or jaune avec un portrait caché du Roi d’Espagne, Charles IV fabriquée vers 1790 par l’horloger François‐Louis Godon (1755‐1800), horloger officiel de « Sa Majesté Catholique » (lot 256).

Enfin, le patrimoine historique et culturel français est à l’honneur avec une montre savonnette à verge avec les heures révolutionnaires (divisant la journée en 10 « heures décimales ») faite à Genève par J.J. Pattay en 1795 (lot 161) et une montre chronographe en or jaune signée A.H. Rodanet que Gustave Eiffel (1832‐1923) offrit à son petit‐fils en 1909 (lot 191).

Infos pratiques

Vente de Haute Horlogerie Sotheby’s à Genève

Hôtel Beau‐Rivage, Genève
13 Quai du Mont‐Blanc
Mardi 15 mai 2012, 1ère Session à 9 heures (lots 1‐252),
2ème Session à 14 heures (lots 253‐388)

Exposition publique :
Hôtel Beau‐Rivage, Genève

11‐13 mai, 10‐18 heures
Visites privées, le 14 mai, 10‐18 heures

Les lots de la vente du 15 mai seront exposés aux côtés de pièces importantes de la Collection personnelle de George Daniels (en vente à Londres le 6 novembre 2012)

Montres-de-luxe.com | Publié le 3 Mai 2012 | Lu 2501 fois



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