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Montres vintage et de collection

Chaumet Jumping Hour : la discrétion des montres à heure sautante des années 90


Par | Publié le 12/03/2026 à 02:00 | mis à jour le 13/03/2026 à 02:06

Dans notre série des montres oubliées, voici la Chaumet Jumping Hour. Au début des années 1990, la maison présentait une montre singulière tranchant avec l’horlogerie traditionnelle à aiguilles : la Jumping Hour, souvent associée à la référence 10A. Peu médiatisée à l’époque, cette pièce est aujourd’hui redécouverte par les collectionneurs pour son esthétique minimaliste, son heure sautante et son contexte historique particulier puisqu’elle fut développée par François-Paul Journe « himself » ! Bref, un collector en puissance. .


Chaumet Jumping Hour : une lecture du temps différente

La Chaumet Jumping Hour repose sur une complication appelée heure sautante (très en vogue depuis quelques années dans l’horlogerie contemporaine).
 
Rapide rappel : contrairement aux montres classiques où l’heure est indiquée par une aiguille tournant progressivement, l’heure apparaît ici dans un guichet et change de manière instantanée au passage de chaque heure.
 
Dans cet esprit, le cadran se distingue par une grande sobriété : deux ouvertures seulement permettent la lecture du temps.
 
La première affiche l’heure sous forme de chiffre dans un guichet quand la seconde indique les minutes grâce à un disque rotatif gradué.
 
Ce mode d’affichage mécanique rappelle une lecture quasi digitale tout en conservant la logique et la complexité de l’horlogerie traditionnelle.

​Un design épuré et reconnaissable

Le design de la montre participe fortement à son identité.

Le boîtier de type "disco volante" adopte une forme ronde très doux, souvent décrite comme un galet ou un disque poli. L’absence de cornes apparentes accentue cette impression de continuité entre le boîtier et le bracelet.
 
Les dimensions restent relativement classiques pour l’époque : environ 35 à 36 mm de diamètre (une taille qu’apprécient les vrais collectionneurs) pour une épaisseur proche de 8 mm.
 
Cette montre fut principalement produite en or, notamment en or jaune ou en or blanc (et à  l’époque, les marques ne lésinaient pas sur le poids en or de ce pièce, pas comme aujourd’hui).
 
Le polissage miroir du boîtier renforce l’aspect bijou, fidèle à l’ADN de la maison Chaumet, historiquement reconnue pour sa joaillerie.

​Un mouvement automatique modifié

À l’intérieur de la Jumping Hour se trouve un mouvement automatique basé sur le ETA 2892‑A2, largement réputé pour sa finesse et sa fiabilité. Pour cette montre, il est modifié afin d’intégrer le mécanisme d’heure sautante et l’affichage par disques.
 
Ce type de complication nécessite un système capable d’accumuler de l’énergie pendant une heure avant de la libérer instantanément pour faire passer le disque des heures au chiffre suivant.

​Un contexte horloger particulier

L’histoire de la Jumping Hour est également liée à une figure majeure de l’horlogerie contemporaine : François‑Paul Journe !
 
Avant de fonder sa propre manufacture et la marque F.P.Journe (devenue « culte »), l’horloger participa à divers projets pour des maisons établies (le chronographe Tortue monopoussoir de chez Cartier) et la Jumping Hour de Chaumet !
 
Produite en quantités relativement limitées au début des années 1990, la Chaumet Jumping Hour est longtemps restée sous le radar du marché horloger.

Toutefois, la combinaison de plusieurs facteurs a récemment suscité un regain d’intérêt : son affichage atypique, son design minimaliste et sa taille caractéristiques des années 1990 et son lien historique avec François-Paul Journe !
 
Sur le marché secondaire, les prix varient fortement selon l’état, la présence du bracelet d’origine et la configuration exacte du modèle. Les estimations peuvent aller de quelques milliers d’euros pour des exemplaires simples à des montants nettement plus élevés pour des pièces complètes ou particulièrement bien conservées.

​Une curiosité horlogère des années 1990

À mi-chemin entre montre de joaillerie et pièce technique, la Chaumet Jumping Hour illustre une période où certaines maisons de luxe exploraient des complications originales tout en conservant une approche esthétique très épurée.
 
Longtemps restée confidentielle, elle s’impose aujourd’hui comme une curiosité horlogère appréciée pour son design intemporel et son intérêt historique.
 
Dans un paysage horloger dominé par les grandes complications et les productions industrielles, cette montre rappelle qu’une lecture du temps différente peut parfois suffire à créer une pièce durablement singulière.