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Clouds of Sils Maria : Chanel fait son cinéma


Alors que le Festival de Cannes bat son plein (la Palme d’Or sera décernée demain soir), Chanel vient de dévoiler son implication –particulièrement étroite- avec le réalisateur français Olivier Assayas dans le cadre du tournage de son dernier long-métrage avec Juliette Binoche et Kristen Stewart : Clouds of Sils Maria. La maison a bien évidemment paré les comédiennes de ses vêtements, bijoux, accessoires, mais surtout, elle a permis à Assayas de tourner en 35mm.



Clouds of Sils Maria, tournage, DR
Il existe un lien indéfectible entre Chanel et les artistes. Un lien né bien évidemment avec Gabrielle Chanel qui a toujours posé un regard bienveillant sur les génies de son époque comme Jean Cocteau ou Igor Stravinsky et les a soutenus, en toute discrétion, alors qu'ils étaient aux balbutiements de leur carrière ou dans une période soudain plus délicate de celle-ci.
 
Bien avant qu'il ne devienne l'un des maîtres du septième art grâce à des œuvres comme un condamné à mort s'est échappé ou pickpocket, Gabrielle Chanel confie en 1932 à Robert Bresson les photos du dossier de presse de sa collection de joaillerie bijoux de diamants. Une poignée d'années plus tard, sa route croise celle d'un autre géant : Luchino Visconti, qu'elle pousse Jean Renoir à engager comme assistant à la réalisation et au choix des costumes sur les bas-fonds et une partie de campagne. Nous sommes alors en 1936. Et cette rencontre marquera profondément celui qui n'est alors qu'un apprenti cinéaste et signera plus tard des chefs d'œuvre aussi inoubliables que Le Guépard ou Mort à Venise.

Un soutien particulier à Olivier Assayas

La maison Chanel a gardé cet esprit d'être présent à l'origine de projets audacieux en manque de soutien et de financement. Ce désir de parier sur des artistes inspirés et inspirants. Comme Olivier Assayas avec son nouveau film, Sils Maria. Depuis son premier long métrage Désordre en 1986, Olivier Assayas a prouvé qu'il était –au sens le plus fort du terme- un artisan du septième art, imaginant des films aux inspirations, aux univers et aux styles sans cesse renouvelés.

Autant de prototypes qui peuvent cependant effrayer certains investisseurs. Et c'est alors tout naturellement que Chanel a apporté son aide à ce long-métrage. En parant évidemment les comédiennes du film de ses vêtements, bijoux, accessoires et en les maquillant. Mais aussi et surtout en s'investissant pour permettre à Olivier Assayas de réaliser son souhait : tourner en pellicule 35mm et non en numérique comme la quasi-totalité des films aujourd'hui.
 
En retrouvant donc ce rôle de mécène initié par Gabrielle Chanel. Et il était écrit que ce retour aux sources ne pourrait se faire que sous l'égide d'Olivier Assayas qui, dès le départ de ce projet, avait Chanel en tête. Et personne d'autre. « Je disposais de peu de scènes pour imposer mon personnage central de Maria Enders -une comédienne à la notoriété internationale-, son statut d'icône, y compris dans la mesure où parfois il lui pèse. L'associer très tôt dans le récit à une maison comme celle de Chanel était un raccourci assez évident. Elle dit une forme de glamour et d'exigence, qu'on identifie à la femme française et au rayonnement mondial de celle-ci. »

Le film

Au sommet de sa carrière internationale, Maria Enders (Juliette Binoche) est invitée à jouer dans une reprise de la pièce qui la rendue célèbre il y a vingt ans. A l’époque elle jouait le rôle de Sigrid, une jeune fille désarmante de séduction qui pousse finalement sa patronne Helena au suicide. On lui propose aujourd’hui de prendre l’autre rôle, celui d’Helena, la femme plus âgée.
 
Elle part avec son assistante (Kristen Stewart) pour répéter à Sils Maria; une région isolée des alpes. Une jeune starlette hollywoodienne, avec un penchant pour les scandales (Chloë Grace Moretz), va prendre le rôle de Sigrid tandis que Maria se trouve de l’autre côté du miroir, face à une femme charmante mais ambiguë qui est en fait un reflet troublant d’elle-même.

Chanel et les actrices

Fouler le sacro-saint tapis rouge, évidemment, ça se prépare. Parce qu'elles désirent étinceler sur le glorieux chemin de velours pour mieux édifier leur légende dans l'objectif des photographes et dans les yeux des fans, reines et princesses du septième art choisissent leurs robes et leurs bijoux aussi scrupuleusement qu'elles jettent leur dévolu sur un rôle. Rien d'aberrant à tout ça. L'épreuve du tapis rouge est devenue incontournable dans l'échelle de la consécration médiatique. Désormais la côte d'amour d'une actrice se joue aussi à l'occasion de ses sorties officielles nécessairement placées sous le signe du glamour, que ce soit à Hollywood, Cannes, Venise ou Berlin. À l'entrée des théâtres de ces festivités, elles doivent conforter leur place au rang d'idoles stylées. Aussi font-elles souvent appel à Chanel.
 
La proximité avec les actrices, Gabrielle Chanel la partageait elle aussi. Dans les années 1950 et 1960, elle habille notamment Marlène Dietrich, Katharine Hepburn, Greta Garbo, Lauren Bacall et Elizabeth Taylor. Dietrich deviendra même son amie. Mais aux stars hollywoodiennes, mademoiselle Chanel préfère les nouvelles têtes du cinéma français. Jeanne Moreau, Anouk Aimée et Romy Schneider comptent parmi ses favorites.
 
Régulièrement reçues dans l’intimité de son appartement, rue Cambon, elles sont autorisées à s’installer au plus près de mademoiselle Chanel, dans le profond canapé beige –privilège ultime ! « Je la faisais rire », reconnaît Jeanne Moreau. « On parlait très librement de choses dont je n’ai parlé avec personne d’autre sur ma vie personnelle. » bien sûr l’affinité avec « ses » actrices ne se borne pas au salon. Mademoiselle Chanel les habille aussi, à l’écran comme à la ville, le jour comme le soir.
 
En 2007, Karl Lagerfeld rencontre pour la première fois Kristen Stewart et tombe sous le charme de celle qui n'a alors que 17 ans, bien avant que le triomphe de la saga Twilight ne la propulse au rang de star et d'icône internationale. Et sept ans plus tard, quand il lui propose de devenir l'égérie de la collection des métiers d'art Paris-Dallas 2013/14 de Chanel et de la photographier pour la campagne publicitaire qui l'accompagne, elle accepte avec enthousiasme. « C'est une collection amusante, sauvage et terriblement cool créé par un homme qui fait partie de ces vrais artistes, ceux qui ont choisi de faire ce qu'ils aiment, qui ont besoin de le faire et y prennent du plaisir », explique la comédienne. « C'est pour moi un privilège de porter ses créations comme de cotoyer Karl qui est un artiste et une éternelle source d'inspiration ».
 
Figure tutélaire de l’élégance moderne, mademoiselle Chanel a séduit bon nombre de ses contemporaines. Dès ses débuts dans les années 1910, les comédiennes les plus « tendance » du moment portent Chanel. Gabrielle Dorziat, Jeanne Dirys, Cécile Sorel consacrent son style déjà différent, déjà novateur. Son regard acéré sur la mode et ses goûts si sûrs convainquent aussi Sam Goldwyn. Le tout-puissant producteur américain demande à mademoiselle Chanel de venir à Hollywood pour reprendre en main le look de ses stars, au début des années 1930.
 
Elle prodiguera ensuite ses bons conseils aux jeunes actrices en vogue dans les années 1950 et 60. Il serait donc réducteur de dire que mademoiselle Chanel faisait des robes. Elle offrait avant tout une vision de la femme juste et moderne, sans chichis. Une allure, une philosophie de vie, défendue depuis par Karl Lagerfeld et plébiscitée par les actrices pour le plus luxueux des défilés, sur le tapis rouge ou chanel fait figure de valeur sûre. Depuis toujours. Pour toujours.

Montres-de-luxe.com | Publié le 24 Mai 2014 | Lu 11132 fois



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