Focus historique : d’Oxford à Madison Avenue, la genèse du décalage
Pour comprendre l’irruption d’une basket, d’une raquette de tennis ou d’un voilier sur une soie luxueuse, il faut remonter aux codes rigides de l’Angleterre de la fin du XIXe siècle.
À l'origine, la cravate est un « code-barres » social : on se souvient des « Club ties » des universités d’Oxford ou de Cambridge qui utilisaient des couleurs régimentaires pour signaler l’appartenance à telle ou telle élite.
C’est outre-Atlantique, dans les années 1950, que tout change ! Les étudiants de l’Ivy League (encore eux) commencent alors à détourner ces codes sérieux en y brodant de petits motifs répétitifs -les fameux critters- représentant des canards colverts ou des clubs de golf.
Des maisons comme Brooks Brothers ou J. Press ont popularisé ces motifs discrets, mais c’est Ralph Lauren qui, dès les années 70, va transformer ce concept en un véritable outil de narration. Il libère le motif : là où ses prédécesseurs restaient dans l’infiniment petit, il ose le grand format et le contraste chromatique.
Le terme « Conversation Tie » prend alors tout son sens. Dans le formalisme feutré d'un cocktail ou d'une réunion, il est le détail qui autorise l'autre à engager la discussion : « Tiens, vous jouez au basket ? » ou « Vous naviguez ? ».
L'accessoire devient alors un « briseur de glace » social : le détail qui favorise la discussion.
À l'origine, la cravate est un « code-barres » social : on se souvient des « Club ties » des universités d’Oxford ou de Cambridge qui utilisaient des couleurs régimentaires pour signaler l’appartenance à telle ou telle élite.
C’est outre-Atlantique, dans les années 1950, que tout change ! Les étudiants de l’Ivy League (encore eux) commencent alors à détourner ces codes sérieux en y brodant de petits motifs répétitifs -les fameux critters- représentant des canards colverts ou des clubs de golf.
Des maisons comme Brooks Brothers ou J. Press ont popularisé ces motifs discrets, mais c’est Ralph Lauren qui, dès les années 70, va transformer ce concept en un véritable outil de narration. Il libère le motif : là où ses prédécesseurs restaient dans l’infiniment petit, il ose le grand format et le contraste chromatique.
Le terme « Conversation Tie » prend alors tout son sens. Dans le formalisme feutré d'un cocktail ou d'une réunion, il est le détail qui autorise l'autre à engager la discussion : « Tiens, vous jouez au basket ? » ou « Vous naviguez ? ».
L'accessoire devient alors un « briseur de glace » social : le détail qui favorise la discussion.
Paradoxe sur soie : l’exemple d’une cravate Ralph Lauren avec des « Converse montantes »
L’irrévérence selon Ralph Lauren ne tolère pas l’amateurisme.
On retrouve une cravate Polo Ralph Lauren de qualité, en soie, mais sur laquelle, les designers font apparaitre une basket un peu « crado » et défraichie qui s’intègre pourtant, parfaitement à l’ensemble.
La répétition du motif en fait presque -et paradoxalement- oublier la sneaker !
Et voilà tout le comble du chic : celui d’arborer une cravate de luxe en soie affichant une basket défraichie ! C’est là tout le génie de ce type de cravates Ralph Lauren. Une élégance décalée, voire même, un tantinet provocatrice.
Mais il existe bien d’autres exemples de « conversation ties »… D'autres motifs nous transportent vers des horizons qui illustrent différentes passions et hobbys masculins : des raquettes de tennis, des bolides de collection, des voiliers, des scènes de de golf, de pêche ou de chasse, des montres de poche, etc.
Lire aussi : Les sept cravates indispensables, petit guide pour l'élégant d'aujourd'hui
On retrouve une cravate Polo Ralph Lauren de qualité, en soie, mais sur laquelle, les designers font apparaitre une basket un peu « crado » et défraichie qui s’intègre pourtant, parfaitement à l’ensemble.
La répétition du motif en fait presque -et paradoxalement- oublier la sneaker !
Et voilà tout le comble du chic : celui d’arborer une cravate de luxe en soie affichant une basket défraichie ! C’est là tout le génie de ce type de cravates Ralph Lauren. Une élégance décalée, voire même, un tantinet provocatrice.
Mais il existe bien d’autres exemples de « conversation ties »… D'autres motifs nous transportent vers des horizons qui illustrent différentes passions et hobbys masculins : des raquettes de tennis, des bolides de collection, des voiliers, des scènes de de golf, de pêche ou de chasse, des montres de poche, etc.
Lire aussi : Les sept cravates indispensables, petit guide pour l'élégant d'aujourd'hui
Une cravate décalée qu’on se doit d’assumer
Pour réussir l'exercice de la « conversation tie » sans basculer dans la caricature, voire le ridicule, une règle d'or prévaut : le reste de la tenue doit rester d'une sobriété exemplaire.
Plus le motif de votre cravate est audacieux, plus votre chemise doit être classique. Une belle popeline blanche ou un oxford bleu ciel constituera le canevas parfait et complètera l’ensemble à merveille. L'idée est de laisser la cravate être le seul point d'exclamation de votre silhouette.
Ne pas hésiter à les porter en fonction de vos activités : une journée à Roland Garros ? Une cravate avec des raquettes de tennis. Une soirée au Yacht-Club ? Une cravate avec des voiliers ! Une réunion avec des amateurs de montres ? Une cravate avec des montres de poche ! C’est « la cravate thématique » par excellence !
Lire aussi : De la soie, des cravates et des montres...
Plus le motif de votre cravate est audacieux, plus votre chemise doit être classique. Une belle popeline blanche ou un oxford bleu ciel constituera le canevas parfait et complètera l’ensemble à merveille. L'idée est de laisser la cravate être le seul point d'exclamation de votre silhouette.
Ne pas hésiter à les porter en fonction de vos activités : une journée à Roland Garros ? Une cravate avec des raquettes de tennis. Une soirée au Yacht-Club ? Une cravate avec des voiliers ! Une réunion avec des amateurs de montres ? Une cravate avec des montres de poche ! C’est « la cravate thématique » par excellence !
Lire aussi : De la soie, des cravates et des montres...
Où dénicher la perle rare ?
Avec Internet, trouver la perle rare est devenue plus simple. Pas forcément besoin de chercher dans toutes les boutiques de seconde main de Tokyo pour se faire plaisir.
Il en existe bien évidemment sur les plateformes comme eBay, Vinted, Vestiaire Collective ou Le Bon Coin.
Cherchez : « Polo Ralph Lauren tie » ; « Polo Bear tie » ; « Critter tie »… Généralement elles apparaissent assez rapidement et souvent dans des prix très raisonnables (entre 15 et 40 euros) puisque ces cravates restent compliquées à revendre !
Sinon, on en trouve également et bien évidemment chez Ralph Lauren, qui pratiquement chaque année propose de nouvelles versions.
Il en existe bien évidemment sur les plateformes comme eBay, Vinted, Vestiaire Collective ou Le Bon Coin.
Cherchez : « Polo Ralph Lauren tie » ; « Polo Bear tie » ; « Critter tie »… Généralement elles apparaissent assez rapidement et souvent dans des prix très raisonnables (entre 15 et 40 euros) puisque ces cravates restent compliquées à revendre !
Sinon, on en trouve également et bien évidemment chez Ralph Lauren, qui pratiquement chaque année propose de nouvelles versions.
Être chic sans se prendre au sérieux
En définitive, la "conversation tie" devient bien plus qu’un simple accessoire de fantaisie. C’est le vestige d’une époque où l’on savait s’habiller avec sérieux sans se prendre au sérieux.
Dans un monde qui oscille entre le survêtement globalisé (une horreur) et le costume rigide porté avec des baskets (non merci), ces cravates aux motifs de sneakers, de voiliers, de cannes de golf ou de truites mouchetées offrent une troisième voie : celle de l’irrévérence maîtrisée.
D'une certaine nonchalante élégance qui nous plait tant. Dans cet esprit, porter l'un de ces accessoires, c'est accepter que l'élégance puisse être un jeu, un clin d’œil complice lancé à celui qui saura reconnaître le détail.
Alors que les beaux jours s'installent, il est temps de fouiller dans ses placards et d’oser mettre un peu de couleurs -et de susciter les conversations- dans nos quotidiens.
Jean-Philippe Tarot
Dans un monde qui oscille entre le survêtement globalisé (une horreur) et le costume rigide porté avec des baskets (non merci), ces cravates aux motifs de sneakers, de voiliers, de cannes de golf ou de truites mouchetées offrent une troisième voie : celle de l’irrévérence maîtrisée.
D'une certaine nonchalante élégance qui nous plait tant. Dans cet esprit, porter l'un de ces accessoires, c'est accepter que l'élégance puisse être un jeu, un clin d’œil complice lancé à celui qui saura reconnaître le détail.
Alors que les beaux jours s'installent, il est temps de fouiller dans ses placards et d’oser mettre un peu de couleurs -et de susciter les conversations- dans nos quotidiens.
Jean-Philippe Tarot













