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Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai


Jeudi 20 septembre 2012, Officine Panerai a invité deux journalistes ainsi que François Chevalier, l’auteur d’« Eilan, a classic yacht » à venir découvrir, le temps d’une journée, ce splendide Fife de 22 mètres construit en 1936, dont l’état s’est peu à peu dégradé jusqu’à ce qu’Angelo Bonati, patron de la marque horlogère florentine se prenne de passion pour cette « belle des mers » et lui fasse suivre une véritable cure de jouvence. Visite guidée de ce splendide voilier actuellement amarré dans le port de Cannes, et qui participe cette semaine aux Régates Royales.



Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
Eilan (petite île en gaélique), est le premier des yachts classiques participant cette semaine aux Régates Royales, à être arrivé à Cannes dans les Alpes-Maritimes.

Ce splendide voilier, véritable coup de cœur d’Angelo Bonati, patron d’Officine Panerai, trône majestueusement dans le port. Ses deux mats en spruce (respectivement de 28.5 et de 18.3 mètres) fièrement dressés vers le ciel.

En ce jeudi 20 septembre 2012, la météo est parfaite. Un temps de fin septembre idéal, comme seule la Côte d’Azur en offre encore en cette saison.

Départ du Fife vers 11h pour une journée de mer à naviguer entre Cannes et l’Esterel et ses célèbres roches rouges. Le ciel est bleu, limpide, sans nuage. Eilan sort du port.

Le capitaine, Andrew Cully (qui porte une Luminor 1950 GMT 3 jours de réserve de marche) et les trois membres d’équipages hissent les voiles (arborant le 449, numéro d’enregistrement du ketch) qui claquent au vent. La coque grince, le drapeau italien flotte fièrement à la poupe du voilier.

Eilean, comme le souligne le capitaine, « est une femme. Les voiliers sont toujours des femmes. Même si l’un des membres de notre équipage est une jeune fille, la voile est un monde d’hommes ». En anglais, on parle donc d’Eilan en disant « she »…

Après le déjeuner, l’exercice d’apprentissage du maniement du yacht peut commencer. Non sans une certaine appréhension ; voire une appréhension certaine… A la barre, on sent la puissance de ce voilier de 50 tonnes qui fend les vagues de la Méditerranée sans sourciller.

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
Maintenir le cap suppose une vigilance de tous les instants. La vigueur des éléments -d’Eole et Neptune réunis- se ressent dans la barre qui résiste et s’avère particulièrement pénible à manœuvrer. Il faut parfois appuyer de tout son poids avec les deux mains pour que le bateau suive son chemin sans dériver…

Au niveau de l’Esterel, avec Port la Galère à bâbord, le vent se fait plus fort. La mer s’énerve. Eilan conserve cependant son cap vers les îles de Lérins. Par moment, des trombes d’eau froide recouvrent littéralement le pont en teck, si doux pieds nus, qui passent alors du doux grège au brun foncé. Plusieurs fois, le voilier gîte à 45degres. Les voiles sont ultra-tendues, les bouts également. Une odeur de cuir mouillé se dégage alors des poulies des drisses trempées.

En arrivant vers les îles, la mer se fait soudain plus calme. Sainte Marguerite et Sainte Honorat nous protègent des vents et calment la Méditerranée. Il est à nouveau possible de profiter du pont qui a vite séché sous l’effet conjugué du vent et du soleil.

Le capitaine, vêtu d’un bermuda beige, d’un t-shirt blanc et d’un bob beige Panerai, prend alors le temps d’évoquer sa Luminor 1950 GMT… « J’aime cette montre car elle est solide. Je peux vous dire que sur un bateau, des coups, elle en prend. Et puis j’apprécie aussi l’affichage du double fuseau horaire, très pratique pour les longues traversées de l’Atlantique. Et quand je reste en Europe, je cale le second fuseau sur Hong Kong où vit mon frère ».

Mais le capitaine n’est pas le seul à porter une Panerai sur Eilean. En effet, le ketch bermudien a été gâté par la marque horlogère florentine. Pour découvrir ce « petit trésor », il suffit de descendre les quelques marches qui mènent à la salle principale (ou carré), toute lambrissée d’acajou d’Afrique. Panerai a en effet fabriqué tout spécialement pour Eilean plusieurs instruments de navigation en édition unique : un baromètre, un hygromètre, un thermomètre, une horloge murale et un chronomètre marin (voir spécificités techniques dans l’encadré ci-dessous).

Eilean : histoire d’un retour à la mer

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
Eilean, le ketch bermudien de 22 mètres dessiné et construit en 1936 dans les légendaires chantiers écossais Fife, a recouvré sa splendeur à la fin de l’année 2009, au terme de minutieux travaux de restauration menés sous les auspices de Panerai, l’entreprise de haute horlogerie italienne déjà sponsor du plus important circuit de régates internationales pour voiliers classiques et d’époque : le Panerai Classic Yachts Challenge.

La rénovation d’Eilean a permis d’arracher entièrement le voilier à l’état de délabrement qui le gagnait lorsqu’il fut retrouvé en 2006 sur l’île d’Antigua, aux Caraïbes, et racheté par Officine Panerai. Ramené en Italie par cargo en 2007, Eilean a fait l’objet d’une restauration intégrale qui en a préservé les formes et les caractéristiques, ainsi qu’une grande part des matériaux d’origine. Les travaux ont mobilisé pendant plus de deux ans et demi une équipe d’artisans du chantier Francesco Del Carlo, à Viareggio.

Caractérisé par des lignes d’eau dont les proportions exaltent la beauté, Eilean est un voilier grée en ketch bermudien – un deux-mâts sur lequel sont hissées deux puissantes grand-voiles –en composite : le bordé en teck Burma est en effet soutenu par une charpente métallique en fer zingué.

Sobre et épuré dans ses lignes et son gréement, Eilean n’a rien perdu de son esprit authentique, d’une grande élégance parfaitement accordée à la fonctionnalité de ses caractéristiques, et, au cours de sa longue histoire, a déjà été le protagoniste de 36 traversées de l’Atlantique. Le ketch a également eu son heure de gloire, en 1982, lorsqu’il a été choisi par le groupe de pop anglaise Duran Duran alors au zénith, pour le tournage du clip de sa chanson « Rio ».

« Voir Eilean restitué à sa splendeur passée est une source d’émotion forte, partagée, j’en suis sûr, par tous les amoureux de la voile d’époque », a déclaré Angelo Bonati, PDG d’Officine Panerai, lors de la cérémonie de passation. « Avec son élégance sobre et ses lignes impeccables, Eilean ne donne pas seulement un extraordinaire exemple de savoir-faire artisanal et d’authenticité, c’est aussi un symbole de cet amour de la mer que seule la voile réussit à exprimer ».

La cérémonie donnée pour le retour à la mer d’Eilean s’est déroulée fin 2009, à la Section voile de la Marine Militaire de la Spezia, en vertu des liens noués entre la Marine militaire et Officine Panerai : l’entreprise de haute horlogerie florentine a en effet produit en 1936, année de naissance d’Eilean, le premier prototype de plongée utilisé pour les expéditions du Commandement du Primo Gruppo Sommergibili (Premier corps des forces sous-marines) de la Marine royale italienne. En témoignage de son histoire et des nombreux parallélismes touchant le savoir-faire artisanal commun à la voile classique et à la haute horlogerie, Officine Panerai promeut depuis des années la culture de la voile d’époque, à travers le Panerai Classic Yachts Challenge.

La restauration

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
Eilean a vu le jour dans un lieu d’Écosse évocateur de l’une des plus grandes légendes de l’architecture navale mondiale : les chantiers navals Fife. Le prestige des bâtiments construits au sein de cette institution est resté intact jusqu’à nos jours.

À cheval entre le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, trois générations de Fife, répondant aux noms de William I, William II et William III ont conçu et réalisé quelques-unes des plus belles embarcations du monde, pour nombre d’entre elles encore en activité aujourd’hui et conservées en parfait état de marche.

Ces yachts – qu’ils se nomment Cambria (1928), Mariquita (1923), Cintra et Tuiga (1909 tous deux), Moonbeam III et Moonbeam IV, The Lady Anne (1912) ou Latifa (1936) - sont bien connus des passionnés, grâce à leur participation aux rendez-vous de la voile d’époque organisés depuis une vingtaine d’années. Eilean vient aujourd’hui grossir leurs rangs, fort de ses caractéristiques exceptionnelles.

Coque

La coque d’Eilean est construite en composite : « épiderme » de l’embarcation, le bordé en teck de Burma exempt de défauts, est soutenu par un squelette composé de membrures, varangues, barrots et renforts en fer zingué. Au cours des travaux de restauration, la technique de construction d’origine a été reprise à la lettre et malgré l’état de délabrement où se trouvait Eilean avant 2006, il a été possible de récupérer la quasi-totalité du bordé d’origine, de quatre centimètres d’épaisseur. Les barrots, les membrures et les varangues ont été assemblés selon la technique de rivetage à chaud, exactement comme dans les années 1930.

À chaque extrémité de la coque, sur l’étrave, à la proue, et sur l’étambot, à la poupe, les dragons de Fife, symbole historique des chantiers, ont été redessinés et sculptés à l’identique (la tête des dragons à la proue et leur queue à la poupe). Le nom d’Eilean, gravé dans le bois sur le tableau arrière, est d’origine ; il signifie « petite île » en gaélique.

Pont principal et superstructure

À la poupe d’Eilean a été récrée un puits en teck de mêmes dimensions que dans le projet d’origine, sur lequel ont été montées des pièces originales, comme le gouvernail à roue en bois et l’habitacle du compas de route en cuivre. Le système à crémaillère d’origine, en bronze, a lui aussi été remonté en liaison avec la mèche du gouvernail, pour transmettre les changements de cap.

De la proue, on domine l’ensemble du pont d’Eilean, qui s’étend sur 50 mètres carrés et se compose de lattes en teck. Toute la quincaillerie et le gréement y ont été remis en place, dont sept guindeaux en bronze tout neufs, tous manuels et à deux vitesses, sans aucun servomécanisme électrique ou hydraulique. Autour de la gorge de ces précieux objets s’enroule une partie des kilomètres de cordage en fibre textile indispensables pour mettre Eilean sous voile.

Le puissant capon de la proue, lui aussi fabriqué à neuf mais d’après un modèle ancien, est relié à l’ancre d’origine de type Amiral, que l’on hisse sur le pont ou jette à la mer selon les besoins, à l’aide d’un bossoir.

Le rouf

Sur Eilean, le rouf, tout en teck Burma, situé à l’avant du puits, est d’origine. Il a été démonté pendant les travaux et soigneusement restauré, dans le respect des formes et du bouge de 1936. Les quatre hublots d’origine, en bronze, ont eux aussi été démontés, remis à neuf et réinstallés ; l’ensemble des vitrages a de même été remplacé par des vitres incassables de 6 mm d’épaisseur. Actuellement, ce réduit d’environ 3 m3, aux volumes réagencés, peut accueillir quatre personnes assises, sans gêner l’accès à la descente menant sous le pont. Les deux banquettes peuvent se transformer en autant de confortables couchettes de quart, déjà dotées de fargues anti-roulis en bois, ou faire office de table à cartes ou de table d’appoint recevant objets et habits. Dans la partie centrale du rouf se trouve l’escalier d’accès, chevillé à la base, qui peut être ouvert pour laisser entrer la lumière du jour dans la salle des machines en contrebas et permettre l’évacuation immédiate d’éventuelles fumées. Les deux moteurs et le générateur peuvent également être débarqués depuis cette ouverture, pour leur remplacement ou leur entretien.

Aménagements

Il n’existe pas de cabine réservé à l’usage de l’armateur à bord d’Eilean : ce ketch a été pensé pour des voyages au long cours et, de ce point de vue, la couchette simple, équipée d’une toile anti-roulis, est de loin préférable. Les spacieux volumes à bord d’Eilean ont permis d’y aménager trois confortables cabines doubles, dotées de lits muraux superposés et disposés en étage. Les deux cabines de la poupe sont identiques et toutes deux munies d’un cabinet de toilette. La troisième cabine, qui comprend elle aussi une salle d’eau, avec lambris vernis d’acajou blanc, a été aménagée à la proue à tribord, en face de la cuisine. Viennent s’y ajouter deux cabines destinées à accueillir le commandant et l’équipage, ce qui porte à dix personnes les capacités de couchage totales.

Il a fallu six mètres cubes d’acajou d’Afrique pour aménager tout l’intérieur d’Eilean, une essence caractérisée par sa dureté et sa densité, qui garantit une meilleure stabilité et réduit le jeu des panneaux. Chaque cloison s’encastre en effet dans un montant d’acajou massif, donnant forme à l’élégante boiserie caractéristique. Les cloisons qui compartimentent les différents emménagements sont doubles, renfermant un vide qui assure l’isolation thermique et acoustique et permet d’y faire courir des fils électriques.

C’est sans conteste dans le vaste salon central, ou « carré », que bat le cœur d’Eilean. On croirait presque pénétrer dans la bibliothèque d’une demeure ancienne où la beauté des veinures du bois d’acajou est exaltée au voisinage des livres. Ici, comme d’ailleurs dans tout le voilier, chaque recoin est mis à profit, tandis que la technologie, qu’elle prenne la forme d’une chaîne stéréo ou d’un téléviseur, se dissimule opportunément aux regards.

Mâture

La mâture d’Eilean a été intégralement reconstruite. Il a fallu six mètres cubes de spruce pour réaliser les deux mâts, les deux bômes et le beaupré. Tout le bois, originaire d’Alaska, a été tiré du même arbre et parfaitement séché. Le spruce est notamment connu pour être un bois élastique, léger et droit de fil, dans lequel il est possible de découper des planches de longueur conséquente. Le nouveau grand-mât mesure 28,5 mètres et pèse quelque 800 kilogrammes, le mât d’artimon atteint 18,3 mètres de haut et pèse environ 300 kilogrammes. Réalisés en bois que l’on a contrecollé jusqu’à obtention d’une section carrée puis arrondi à la main, les mâts ont une section en poire et sont tous deux creux. Toute la quincaillerie d’origine, des années 1930, en fer zingué, a été remontée sur la mâture.

La bôme du grand-mât mesure 9 mètres de long, celle de l’artimon 6 mètres. Le beaupré fait 5,5 mètres et, à l’instar des deux bômes, a été réalisé en bois massif. Le bâtiment est également muni d’une bôme de misaine, que l’on monte lors des navigations au long cours.

Salle des machines

Le compartiment moteurs d’Eilean a été aménagé dans la zone de la poupe : tout y est et chaque emplacement y a été savamment pensé. On y trouve deux propulseurs Yanmar de 100 chevaux chacun, qui transmettent leur mouvement à autant d’hélices Max Prop, toutes trois tripales et à pas variables. Les pots et systèmes d’échappement ont été gainés pour améliorer l’isolation acoustique et thermique. sont également regroupés dans la salle des machines l’autoclave, les pompes à incendie et les pompes d’assèchement des cales. Le système anti-incendie emploie un gaz qui laisse les moteurs et les installations intacts et empêche la propagation des flammes.

Le générateur de 6 KW assure l’alimentation des batteries et permet l’usage à bord d’un courant de 220 volts. Un système de chauffage au gazole Webasto est également présent. Deux extracteurs, l’un d’aspiration, l’autre d’extraction, réglables et interchangeables, maintiennent la ventilation de la salle des machines à un niveau constant. Toutes les installations à bord d’Eilean sont conformes aux normes RiNa (Registro Navale Italiano).

Eilean n’a pas de pilote automatique. Outre que le voilier dispose d’un équipage permanent, on sait que le précédent armateur pouvait parcourir des milles et des milles et garder parfaitement le cap, simplement en agissant sur la voilure. Une nouvelle preuve de la qualité de la carène conçue par William Fife.

Eilean en quelques chiffres

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
2 Mâts
3 Mètres cubes à l’intérieur du roof
4 Centimètres d’épaisseur des planches du bordé en teck de la coque
6 Mètres cubes d’acajou utilisés pour les emménagements intérieurs
18 Mètres de hauteur du mât d’artimon
28 Mètres de hauteur du grand-mât

36 Traversées de l’Atlantique dans la carrière passée d’Eilean

38 Millimètres d’épaisseur du pont principal
50 Mètres carrés de surface du pont principal
50 Tonnes pour le poids de l’embarcation
60% du bordé d’origine récupéré

100 Chevaux développés par chacun des deux moteurs montés sur Eilean
300 Kilogrammes de mât d’artimon
301 Mètres carrés de surface de voilure exposée au vent par Eilean

400 Litres de capacité pour chacun des deux réservoirs de gazole embarqués
500 Mètres linéaires de teck utilisés pour le revêtement du pont principal
600 Litres de capacité pour le réservoir d’eau embarqué
800 Kilogrammes de grand-mât
1 000 Mètres linéaires de planches du bordé en teck de la coque

5 000 Vis en bronze de silicium fixant les planches du bordé
5 000 Caches taillés dans le bois du pont d’origine pour recouvrir les vis
40 000 Heures de travail fournies par les ouvriers

150 000 Milles parcourus dans la carrière passée d’Eilean (estimation).

L’histoire d’Eilean

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai
Eilean, a vu le jour en 1936 dans les chantiers écossais Fife, à Fairlie et a été réalisé d’après les plans de William Fife III, alors octogénaire.

Étroit à la flottaison et avec une coupe au maître très en retrait, Eilean arborait des lignes d'eau issues de l'étude des classes J utilisés dans les années 1930 pour la Coupe de l'America.

Les premiers propriétaires du bateau ont été les frères James V. et Robert W. Fulton de Greenock, membres du Royal Gourock Yacht Club.

Le destin a voulu que les frères Fulton n'aient la jouissance de leur bateau que quelques années, jusqu'à leur départ pour le front, où ils combattront et laisseront prématurément la vie. On sait peu de choses des pérégrinations d’Eilean ou de ses ports de destination, à partir de ce moment et jusqu’au milieu des années 1970. Seule nous est connue la liste de ses armateurs. D'après le registre Lloyds, le ketch appartient en 1951 à P.H.N. Ulander Busby Lanarkshire, en 1952 à Jack Salem, du Cheshire.

En 1955, il passe au nom de la Yacht Eilean Ltd du colonel Frank Louis, qui le conserve jusqu'en 1963. L'année suivante, Lord Shawcross Q.C. en devient propriétaire, puis, en 1968, Ernest et Richard Cuckson. Dans les années soixante-dix, Eilean est racheté par un architecte du nom de John Shearer, qui avait navigué à son bord dans son enfance, alors qu’un de ses oncles en était commandant. L’architecte y élit domicile, transformant Eilean en l'un des plus élégants bateaux de charter de la mer des Caraïbes.

Niché dans une anse de l’île caribéenne d’Antigua, English Harbour devient son port d’attache. En 1982, les images d'Eilean font le tour du monde. Cette année-là le bateau est en effet loué au célèbre groupe pop Duran Duran, pour le tournage du clip de la chanson Rio, tiré de l’album du même nom, qui sera l’un des plus vendus du groupe.

John Shearer effectuera à bord d’Eilean non moins de 14 traversées de l'Atlantique entre les Caraïbes et l'Europe, bien des fois en solitaire. Au cours de l'un de ces voyages, le bateau, parti de Porto Cervo, est percuté par un ferry en avarie dans le port de Malaga. Le voilier endommagé parvient malgré tout à destination, aux Caraïbes, mais il est impossible de remettre plus longtemps le moment d’une sérieuse restauration. John Shearer remet à flot un vieux remorqueur qui a coulé près de l'île de Montserrat, le conduit jusqu’à Antigua, et y accoste Eilean. Équipé de soudeuses, de tours et de fraises, le remorqueur devient son nouveau toit et son atelier flottant personnel. Ainsi débute la restauration qui, en 1993, fera même l’objet d’un documentaire français intitulé « Les derniers pirates de la liberté ».

Au cours des années suivantes, les travaux se poursuivent par à coups et différentes péripéties manquent d’avoir raison d’Eilean : la rupture d’une prise d’eau fait partiellement sombrer le bateau, une invasion de termites abîme le beaupré, la moitié du grand-mât et le mât d’artimon, mais le bordé en teck résiste, protégé par les propriétés oléagineuses de son bois.

La redécouverte

La seconde vie d’Eilean débute en 2006, lorsqu’Angelo Bonati découvre le voilier dans la baie d’English Harbour, à Antigua, et le rachète au nom et pour le compte d’Officine Panerai. C’est encore Officine Panerai qui prendra en charge les travaux de restauration, en vertu de son rôle actif dans la préservation, la promotion et la réhabilitation historique des voiliers classiques et d’époque.

Au moment de son rachat, Eilean tanguait adossé au remorqueur-atelier auquel il était accosté depuis des années, les amarres accrochées dans les buissons de la mangrove, privé de mâture, les fargues brisées, le plat-bord démonté, l’accastillage hors d’usage et l’intérieur vidé de son contenu par son propriétaire de l’époque, lancé vingt ans plus tôt dans une tentative de restauration qu’il n’acheva jamais.

Ainsi désarmé, Eilean n’aurait jamais pu faire la traversée de l’Atlantique. En décembre 2006, le voilier est donc embarqué sur un cargo, pour être expédié tel un volumineux colis postal. Il est dans un premier temps remorqué par la mer sur environ 150 milles entre Antigua et l’île de la Martinique, après avoir été précautionneusement rempli de ballons d’air, pour lui assurer une bonne réserve de flottabilité en cas d’infiltrations importantes ou pire, s’il menaçait de couler. Arrivé en Martinique, Eilean est chargé sur un navire semi-submersible spécial, et débarqué au port de Gênes Voltri en février 2007, au terme d’un périple de quelque 4 000 milles. Eilean est alors remis à l'eau et remorqué jusqu'à Viareggio, où il gagne le chantier de Francesco Del Carlo, à qui les travaux de restauration ont été confiés entre-temps.

Baromètre
Boîtier en acier satiné
Cadran noir
Dimensions : 14 cm x 14 cm

Hygromètre
Boîtier en acier satiné
Cadran noir
Dimensions : 14 cm x 14 cm

Thermomètre
Boîtier en acier satiné
Cadran noir
Dimensions : 14 cm x 14 cm

Horloge murale
Boîtier en acier satiné
Cadran noir
Dimensions : 14 cm x 14 cm

Chronomètre marin
Mouvement mécanique manuel Panerai OP calibre XX
Boîtier en acier satiné
Lunette en acier satiné et tranches polies
Réserve de marche 52 heures
Coffret en teck

Eilean : visite guidée du splendide ketch bermudien d’Officine Panerai

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Montres-de-luxe.com | Publié le 25 Septembre 2012 | Lu 1770 fois



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