montres-de-luxe
L'actualité des montres de luxe et des marques de Haute Horlogerie
En bref

Genève : les vols de montres de luxe repartent à la hausse


Par | Publié le 07/09/2026 à 07:07 | mis à jour le 07/09/2026 à 07:09

Alors que les Geneva Watch Days ont réuni la semaine dernière collectionneurs, professionnels et maisons horlogères dans les rues de Genève, la police cantonale confirme une augmentation des vols de montres de luxe depuis le début de l’année. Sans céder à l’alarmisme, la situation appelle à une vigilance accrue.


Genève au rythme des GWD

Genève a vécu pendant cinq jours au rythme de l’horlogerie dans un format volontairement décentralisé qui conduit professionnels, collectionneurs et passionnés à circuler entre boutiques, hôtels, showrooms et différents lieux de rendez-vous.
 
Un contexte particulièrement favorable aux échanges et aux découvertes horlogères, mais qui mérite aussi quelques précautions.
 
Car au même moment, les vols de montres de luxe connaissent une recrudescence dans le canton de Genève.

​Une hausse confirmée par la police

L'information, révélée début septembre par la presse genevoise, ne repose pas uniquement sur une impression ou sur la multiplication de témoignages sur les réseaux sociaux.
 
La police cantonale confirme une augmentation du phénomène depuis le début de l'année par rapport à 2025. Elle prend toutefois soin de préciser que les chiffres demeurent relativement limités en valeur absolue.
 
Deux affaires récentes illustrent cette tendance.

Au mois d'août, un avocat s'est fait arracher directement du poignet une Patek Philippe dont la valeur était estimée à environ 21 000 francs suisses -beaucoup plus sur le marché secondaire puisqu’il s’agissait d’une Aquanaut.
 
Quelques jours plus tard, un banquier a été victime d'un vol comparable, sa montre étant évaluée à quelque 30 000 francs suisses.
 
Les marques recherchées ne sont d'ailleurs pas choisies au hasard.

Selon les informations communiquées par la police, les malfaiteurs ciblent notamment Richard Mille, Audemars Piguet, Patek Philippe et Rolex (toujours les 4 mêmes), autrement dit des maisons dont certaines références sont immédiatement identifiables et disposent d'une forte valeur sur le marché secondaire.

​Une vieille méthode qui fonctionne toujours

Le phénomène n'est pas nouveau à Genève. En 2020 déjà, une vingtaine de personnes avaient été victimes de vols de montres durant l'été. Et les méthodes employées n'ont finalement que peu changé.
 
Les voleurs peuvent suivre leur victime, l'observer à la sortie d'un établissement ou profiter d'un moment d'inattention dans la rue.
 
Une autre méthode déjà documentée consiste à utiliser un scooter et la technique dite du « rétroviseur » : un premier individu provoque un incident avec une voiture, tandis que son complice profite de l'ouverture de la portière ou de la baisse de la vitre pour s'emparer de la montre.
 
Certaines affaires montrent également que le repérage peut être particulièrement élaboré. La justice genevoise a ainsi eu à connaître le cas d'un touriste auquel une Rolex estimée à 30 000 francs avait été dérobée à proximité du square du Mont-Blanc.

​Genève, une cible particulière

La situation géographique et économique de Genève contribue évidemment à son attractivité pour les voleurs de montres (qui peuvent venir d’Annemasse ou d’Italie).
 
La ville concentre une clientèle internationale fortunée, de nombreuses boutiques de haute horlogerie et une importante activité liée au marché des montres de collection.
 
À certaines périodes de l'année, cette concentration devient encore plus importante. C'est précisément avec les Geneva Watch Days. L'édition 2026 réunit plusieurs dizaines de marques et transforme une partie de Genève en véritable parcours horloger à ciel ouvert.

​Pas question pour autant de céder à la psychose

Il serait cependant excessif de présenter Genève comme une ville où porter une montre de luxe serait devenu dangereux.
 
La police elle-même insiste sur le fait que les volumes restent relativement faibles. Et la hausse actuellement observée concerne un phénomène très spécifique : les vols de montres de luxe, et non une explosion générale de la criminalité genevoise.
 
La bonne attitude relève donc davantage du bon sens que de la paranoïa. D’une manière générale, les propriétaires de pièces particulièrement convoitées ont tout intérêt à rester attentifs lors de leurs déplacements, notamment à la sortie des boutiques, des restaurants ou des hôtels et dans les zones très fréquentées.
 
Éviter d'exhiber inutilement une pièce particulièrement identifiable et rester attentif à d'éventuels comportements inhabituels constituent des précautions élémentaires.
 
Le paradoxe est finalement assez révélateur. Genève est aujourd'hui l'un des endroits au monde où l'on peut voir, essayer et parler du plus grand nombre de montres exceptionnelles au même moment. C'est précisément ce qui fait son attractivité pour les passionnés… Mais aussi pour ceux qui convoitent ces pièces.