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Ian Fleming et sa Rolex Explorer 1016, aux origines de 007


Par | Publié le 06/04/2026 à 04:32 | mis à jour le 06/04/2026 à 04:35

Si dans l'imaginaire collectif on associe immédiatement James Bond à la Submariner de Sean Connery ou à la Seamaster de Pierce Brosnan, l’histoire horlogère du Commandeur Bond prend racine dans un choix beaucoup plus personnel : celui de son créateur, Ian Fleming. Loin des projecteurs d'Hollywood, l'écrivain britannique portait une montre qui allait devenir la matrice du style "Bond" : la Rolex Explorer référence 1016.


Explorer 1016 : le choix d’un homme de terrain

Il semblerait que Ian Fleming ait acheté sa Rolex Explorer 1016 au tout début des années 1960.
 
Il s'agissait très probablement d'une référence 1016 ; la toute première Explorer ayant été présentée par Rolex en 1953 et étant souvent considérée comme la toute première « Professionnel » de la marque à la couronne.
 
Cette montre, Fleming ne la quittait jamais. On la retrouve à son poignet sur les célèbres portraits réalisés par Cecil Beaton dans son domaine de Goldeneye, en Jamaïque.

Un cadran noir et ses fameux chiffres « 3-6-9 »

Cette montre est caractérisée par son fameux cadran noir avec chiffres « 3-6-9 ». Une configuration qui deviendra l’une des signatures des montres Rolex et que l’on retrouve encore aujourd’hui sur la Land Dweller par exemple.
 
Ce cadran était -et reste- d’une lisibilité exemplaire et son boîtier Oyster en acier de 36 mm, elle incarnait parfaitement l'esthétique de l'époque : un outil robuste, capable de passer de la jungle jamaïcaine aux dîners mondains de Londres.
 
Comme le disait Fleming à l’époque : « le choix d'une montre en dit autant sur un gentleman que son costume de Savile Row ».
 
Il faut savoir que la réf. 1016 a l'une des plus longues durées de vie ininterrompues de toutes les références Rolex et c'est probablement celle qui a connu le moins de mises à jour et/ou d'améliorations au cours de sa commercialisation.

​De la réalité à la fiction : la preuve par le texte

C’est précisément ce garde-temps qui ancre James Bond dans la réalité horlogère. Dans le roman Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service), publié en 1963, Fleming décrit la montre de son héros :
 
« Une Rolex Oyster Perpetual avec un bracelet extensible ». Fleming mentionne aussi dans ce roman, l’intérêt des chiffres luminescents sur un cadran noir -ce qui correspond exactement à son Explorer personnelle.
 
Précisons que pour Ian Fleming, la montre n'était pas un bijou, mais un instrument, un outil. Dans le même ouvrage, Bond utilise d'ailleurs sa Rolex comme un « coup de poing américain » improvisé, soulignant ainsi la robustesse de la construction Oyster.

​Ian Fleming en Explorer et Sean Connery en Submariner

Si la Submariner est la montre du cinéma, l’Explorer est la montre de l’âme du personnage. Elle reste, à ce jour, le seul garde-temps ayant une légitimité historique totale auprès du créateur de la saga.
 
Pour l’anecdote, la fameuse Big Crown Submariner réf. 6538 que portait Sean Connery dans Docteur No était en fait celle du légendaire producteur Albert « Cubby » Broccoli qui l’a mis au poignet de l’acteur avant le début du tournage.
 
En effet, la production -qui devait faire face à un budget particulièrement serré sur ce premier opus- avait demandé à Rolex une montre, mais la manufacture genevoise avait alors refusé de donner l'un de ses garde-temps à la production…