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Le derby Bateau : la chaussure "week-end proof"


Alors que Timberland vient de dévoiler une jolie collaboration avec la marque new-yorkaise Aimé Leon Dore, qui a réinterprété, pour l’occasion, l’emblématique chaussure bateau à trois œillets née dans les années 80, revenons sur ce modèle qui, en quarante ans, s’est durablement installé dans le vestiaire masculin avec notamment deux versions incontournables, celle de Timberland dans l’entrée de gamme et celle de J.M. Weston en version luxe.



Si Timberland est aujourd’hui une « marque globale » de vêtements sportswear, cette enseigne américaine restée en mains familiales jusqu’en 2011 est connue et reconnue, principalement pour deux modèles de chaussures : tout d’abord et bien évidemment, sa fameuse Yellow Boots* née en 1973, mais également, grâce à son emblématique Derby trois œillets Bateau qui arrivera sur le marché six ans plus tard (1978/1979).
 
Précisons qu’un modèle dans le même esprit existait déjà chez l’Américain Red Wings (spécialisé dans les workers shoes et marque très appréciée aux USA et au Japon), mais dans une version différente, moins élégante. Dans tous les cas, cette chaussure est une variante et une évolution du fameux mocassin.
 
Le premier derby Bateau de chez Timberland est donc un soulier relativement récent puisqu’il est âgé d’une quarantaine d’années seulement. Mais en quatre décennies, ce modèle s’est imposé comme un incontournable sur le marché de la chaussure de week-end.

Le fait est qu’il est aussi à l’aise sur le pont en teck d’un voilier dans le Maine que dans la forêt de Fontainebleau, sur les trottoirs de Tokyo ou dans les rues de San Francisco… Ce modèle sportwear est un véritable tout terrain, ce qui justifie d’ailleurs le petit nom donné par les amateurs de souliers à ce derby : un « 4x4 ». Ce qui lui va comme un gant.
 
Depuis le succès planétaire de ce derby, de très nombreuses marques se le sont appropriés, l’ont réinterprété dans différentes variantes. Parfois très similaires, parfois très inspirées, parfois sublimées et parfois carrément ratées.
 
Aujourd’hui, si le « must have » dans l’entrée de gamme reste le modèle Timberland, il faut savoir que JM Weston propose également une somptueuse interprétation de ce derby, la réf 690 depuis, semble-t-il, début 1987 ; ce qui en fait, historiquement, le dernier "emblématique" ** créé par la marque limougeaude.

De prime abord, ce soulier aux origines sportives peut déconcerter la première fois qu’on l’essaie. Mais passé ce moment, si le charme opère, on ne peut plus s’en passer tant il est confortable avec sa semelle "DAN" de type commando réalisée spécialement pour Weston et fabriquée en France. 

« Dans ce comparatif qui « oppose » le derby JM Weston 690 d’un coté au derby bateau Timberland de l’autre, les différences sont plus nombreuses que les ressemblances quand on y regarde de plus près » précise David El Hayani, fondateur de Reflets de Cuir.
 
Et le spécialiste "es cuir" de poursuivre : « côté américain, la tige repose sur une semelle cousue, ce qui confère à la fois solidité et souplesse. L’empeigne propose un tour de cheville rembourré, trois œillets et un plateau cousu main. Le cuir utilisé, hormis les collaborations et autres éditions limitées, est un veau pleine fleur marron foncé ou bordeaux qui rappelle le cordovan d’Horween. Cette peau, de belle force, est intéressante dans sa souplesse comme dans son évolution ».
 
« Les Bateau Timberland sont très solides et ne vous laisseront jamais tomber. Nous sommes sur un produit durable et de belle qualité, dont la fabrication est exclusivement réalisée en République dominicaine. Précisons aussi qu'aux USA, elles sont disponibles en deux largeurs, M ou W ».

« Côté français, poursuit David El Hayani, on ne peut nier que Weston s’est inspiré au départ de l’américain. Mais fidèle à son ADN, la marque de Limoges a voulu proposer l’excellence. En termes de chaussant, c’est la forme 41 du mocassin 180 qui a été retenue, et d’ailleurs, la partie avant des deux modèles est strictement identique (ndlr : plateau jointé).
 
Et de fait, « comme sur le 180, on a affaire à un cousu trépointe, mais sur lequel une semelle gomme spécifique au modèle est collée. Proposé en quatre largeurs, le 690 offre un confort exceptionnel, amplifié par la noblesse et la souplesse de la prestigieuse peausserie « Russia » gold ou noire (301 ou 302), utilisée également pour le Chasse ».
 
« Les commandes spéciales sont bien sûr possibles, et tout récemment la maison a créé une collaboration avec l’habilleur parisien Beige. Il s’agit de deux versions du 690, l’une en box bordeaux et l’autre en cuir grainé chocolat » précise encore David El Hayani.

A ce titre, précisons qu’avec le mocassin 180 et le Golf, le 4x4 est probablement l’un des modèles qui reste le plus demandé en commande spéciale (MTO), en effet, il permet de très nombreuses combinaisons et prend souvent une autre dimension en vert kaki, en toucan, en bleu, etc.
 
Sans compter qu’il est possible de jouer sur les coutures et les semelles. Ainsi, pourquoi ne pas opter pour des kaki à semelles noires ou des bleus à semelles marrons, histoire de jouer sur les contrastes ! L’un des avantages du MTO est que vous pouvez aussi demander à supprimer l’inscription JM Weston qui se trouve sur les garants.

Le 690 est disponible en prêt-à-porter en 4 largeurs en boutique : B, C, D et E. Mais il est bien évidemment possible de le faire réaliser sur commande (mais sans surcout) en A pour les pieds les plus étroits et F pour les pieds les plus larges. 

Côté technique, précise encore David El Hayani, « le bateau Timberland a une vocation plus casual que son homologue français, car confectionné dans un cuir gras plus épais et outdoor. Le lacet qui entoure le soulier est fait d’une ficelle de cuir brut également, plus sport que le français doté d’un lacet de coton fin et d’une bande de cuir Russia sur le pourtour ».
 
Par ailleurs, « les coutures blanches de l’américain contribuent également à l’aspect plus décontracté. Enfin, en termes d’entretien, il est accepté de laisser vieillir ses Timberland sans intervenir, alors que le 690 se bonifiera avec l’entretien régulier de son superbe cuir. On peut même imaginer, comme les rédacteurs de ce texte, de posséder les deux modèles ! ».
 
Il est intéressant de souligner que le derby Bateau existe dans l’entrée de gamme ou dans le haut de gamme, mais que l’offre est inexistante dans le middle-range. Donc, soit vous achetez des Timberland (180 euros) -ou des Sebago-, soit il faudra vous orienter vers des tarifs nettement plus élevés (770 euros pour le Weston), ce qui n’est pas forcément une option optimale pour la plupart des bourses, surtout pour des chaussures de week-end...
 
Côté look, le 4x4 se marient très bien avec un jeans, un chino, un bermuda, un velours ou un cargo. Mais on peut très bien l’imaginer avec une flanelle très épaisse ou un beau tartan associé à une veste en tweed.
 
Jean-Philippe Tarot
 
*Le nom du modèle Yellow Boots était au départ… Timberland qui finira par devenir le nom de la marque.
**les emblématiques chez JM Weston sont les souliers historiques de la manufacture :  le mocassin 180, le mocassin à pampilles 173, le golf, le chasse, le demi-chasse, le cambre, la jodhpur, le triple semelle ou encore ce derby bateau. En tout, une dizaine de modèles incontournables et indémodables, les autres étant des créations moins intemporelles, voire même saisonnières. 


Quelques exemples d'autres derby de type Bateau

Derby Bateau Sebago

Derby Bateau John Lobb

Derby Bateau Berluti

Montres-de-luxe.com | Publié le 14 Avril 2021 | Lu 1749 fois


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