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Litige cadrans virtuels : Swatch Group réclame 170 millions de dollars à Samsung


Par | Publié le 30/06/2026 à 02:00 | mis à jour le 29/06/2026 à 04:27

Le feuilleton judiciaire opposant Swatch Group à Samsung Electronics vient de franchir une étape décisive devant la Haute Cour de Londres. Les plaidoiries finales concernant le montant des dommages-intérêts se sont achevées le 26 juin 2026.


Un litige autour de cadrans numériques trop proches de ceux des marques du Swatch Group

Pour rappel, le géant horloger suisse avait attaqué le leader de la tech en 2019, lui reprochant d'avoir permis à des développeurs tiers de distribuer sur le Galaxy Store des cadrans numériques (watch faces) téléchargeables copiant de manière flagrante les designs protégés et les logos de plusieurs de ses maisons phares, dont Omega, Tissot, Longines et Breguet.
 
La justice britannique ayant déjà définitivement reconnu la responsabilité de Samsung pour violation de marque en 2022 et 2023, ce dernier procès visait exclusivement à chiffrer le préjudice.

​Une réparation à 170 millions de dollars

Pour réparer cette contrefaçon, estimée à 160 000 téléchargements en Europe entre 2015 et 2019, Swatch Group réclame la somme de 170 millions de dollars.
 
Ce montant a été calculé sur la base de redevances de licence hypothétiques que Samsung aurait dû verser pour exploiter légalement l'image de dix marques du groupe.
 
Face à la barre, la direction de Tissot a réaffirmé une position de principe stricte : le refus catégorique d'octroyer des licences aux fabricants de smartwatches, arguant que cloner des designs de haute horlogerie sur des produits électroniques grand public détruit l'exclusivité, la rareté et l'âme même de l'horlogerie suisse.

​La réaction de Samsung

La défense de Samsung qualifie cette demande de disproportionnée et déconnectée de la réalité économique du dossier.
 
La firme sud-coréenne souligne que ces cadrans virtuels ont été partagés gratuitement par des amateurs et n'ont généré, sur la période, qu'un profit dérisoire de 300 dollars de commissions pour sa plateforme.
 
Au-delà de l'enjeu financier direct, le verdict attendu de la cour londonienne fera jurisprudence à double titre : il redéfinira la responsabilité des géants de la tech face aux contenus tiers hébergés sur leurs boutiques d'applications, et servira de référence pour la procédure parallèle similaire que Swatch Group a engagée aux États-Unis.