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MB&F x Reuge MusicMachine 1 Reloaded


​En 2013, MB&F présentait sa toute première « co-création » avec la manufacture Reuge, spécialisée dans les boites à musique avec sa MusicMachine 1 ; le début d’un nouveau chapitre où MB&F collaborait alors avec des créateurs externes sur des projets sortant du cadre de la montre-bracelet. Une petite révolution dans l’univers de l’horlogerie. Compter dans les 19.000 euros.



Aujourd’hui, près d’une décennie plus tard, Maximilian Büsser et ses « friends » ont décidé qu’il était temps de revisiter cette boîte à musique et de proposer une nouvelle édition avec cette MusicMachine 1 Reloaded !
 
Comme les anciennes MusicMachines, cette nouvelle co-création est le fruit d’une collaboration entre MB&F et Reuge, le plus prestigieux des fabricants de boîtes à musique depuis plus de 155 ans !
 
Originellement dessinée par le jeune designer chinois Xin Wang, cette nouvelle édition a été retravaillée par le designer allemand Maximilian Maertens dans l’optique de la rendre plus fuselée et ouverte. Ainsi, la totalité du « corps » en forme d’engin spatial est maintenant en aluminium anodisé (et non plus en bois comme précédemment), ce qui rend le processus d’usinage beaucoup plus complexe.
 
Mais la MusicMachine 1 Reloaded ne se contente pas de ressembler à un engin de film de science-fiction, trois des mélodies qu’elle joue sont directement extraites de classiques du genre. Le cylindre de gauche joue le thème de Star Trek de Jerry Goldsmith, ainsi que le thème de La Guerre des étoiles et « La Marche impériale » de L'Empire contre-attaque, deux compositions du maître de la musique de film John Williams.

Cependant, MB&F va bien au-delà de l’univers de la science-fiction : par rapport aux autres marques horlogères de haut de gamme, ses créations sont audacieuses et iconoclastes. Sa rock and roll attitude est parfaitement symbolisée par les trois mélodies du cylindre de droite : l’hymne pacifiste classique Imagine de John Lennon, le riff fantastique Smoke on the Water de Deep Purple et l’inoubliable message social Another Brick in the Wall de Pink Floyd.
 
Max Büsser a du puiser dans ses souvenirs de jeunesse pour effectuer la sélection qui figurait dans la MusicMachine originale, une tâche difficile comme il l’expliquait à l’époque : « outre les thèmes de science-fiction, je souhaitais inclure trois chansons qui m’avaient touché durant les vingt premières années de ma vie. D'une longue liste, j'ai réussi à n’en retenir que trois, mais ce fut un véritable calvaire ! ».
 
Avec beaucoup de recul, il n’a pas vraiment changé d’avis sur les raisons de son choix. « Je me souviens que c’était ma première co-création et que c’était une époque où tout était encore lié à ma jeunesse, à mon enfance, etc. Il s’agissait également -et il s’agit toujours- de créer quelque chose que j’aimerais posséder ».
 
« Ce que je voulais écouter, c’était tout naturellement les thèmes de La Guerre des étoiles et de Star Strek (jeune, j’ai été ouvreur en salle de cinéma). D’avoir Smoke on the Water de Deep Purple, je trouvais cela très cool. Et de m’adresser à la manufacture traditionnelle Reuge en lui demandant d’intégrer du Deep Purple dans ma boîte à musique, c’était vraiment drôle ».

La MusicMachine 1 Reloaded dispose de deux mouvements indépendants, chacun comprenant une hélice de remontage, un barillet (ressemblant à un piston sous l'hélice), un cylindre horizontal à picots générateur de trois mélodies et un clavier vertical composé de lames accordées à la main, pour chaque note.
 
Bien qu’il eut été beaucoup plus facile de créer deux mouvements identiques, en modifiant simplement les mélodies, MB&F a exigé une construction parfaitement symétrique, impossible à réaliser avec deux mouvements identiques car le clavier de l’un des cylindres ne se retrouverait pas à l’extérieur.
 
Reuge a donc fait le choix -sans précédent- de concevoir deux mouvements en miroir l’un de l’autre, ce qui signifie que la construction et le design des composants du mouvement sont complètement inversés.
 
De part et d’autre de la structure principale du vaisseau, les deux claviers verticaux ressemblent à des grilles de ventilation. Chacun comprend les 72 notes sélectionnées sur-mesure par le musicien Reuge pour jouer les trois mélodies enregistrées dans le cylindre.
 
Façonnés dans un alliage d’acier spécifique, choisi pour sa performance acoustique, ces claviers sont accordés à la main. Pour les notes graves, le poids des lames est alourdi par la méthode traditionnelle d’ajout de plomb à l’arrière. Ensuite, on teste la fréquence de chaque lame sur une machine et on enlève d’infimes quantités de matière pour accorder chaque note avec précision. Les outils manuels utilisés à cet effet par Reuge ont tous été développés à l’interne.
 
Reuge a recréé les mélodies de manière mécanique. Dans un premier temps, un musicien de la manufacture a étudié les mélodies et identifié, pour chacune, les passages les plus reconnaissables. Il s'est ensuite employé à les recréer pour la boîte à musique en gardant à l’esprit que l’un des cylindres devait comprendre les trois morceaux rock, l’autre les trois extraits de films de science-fiction, et que les picots de chaque cylindre devaient faire vibrer un clavier de 72 notes.
 
L'élaboration de ces deux ensembles de trois arrangements, chacun limité à environ 35 secondes, et des multiples notes nécessaires (certaines notes sont utilisées dans les trois mélodies, d'autres dans une seule) représente un remarquable exploit technique et artistique : l’intelligence, le sens de l’expression et la capacité à créer des émotions du musicien surpassent tout recours à un ordinateur.

Derrière les lames des notes graves, on ajoute des plumes synthétiques transparentes qui servent d’amortisseurs, afin que les notes résonnent à la perfection. Au final, le clavier est fixé, via six vis bleuies, à une « plaque vibrante » en laiton qui traverse la coque principale. Cette plaque transmet le son au boîtier qui, pour sa part, donne encore plus d’ampleur au son. Une fois le clavier monté, il faut à nouveau faire appel à l'oreille du musicien pour effectuer le réglage final.
 
Les cylindres, terminés à la main, rayonnent telle une paire d'imposants réacteurs au sommet de la coque principale. Ils contiennent essentiellement les « partitions » des mélodies : quelque 1.400 picots placés avec précision qui font vibrer les lames d’un clavier au fur et à mesure de la rotation d’un cylindre.
 
Chaque picot a un emplacement déterminé par le musicien « maison ». Tous sont limés et polis afin d’obtenir une même longueur. Au final, on applique à l’intérieur du cylindre une résine chaude qui, une fois durcie, fixe solidement les picots et optimise la qualité du son.
 
À la fin d’une mélodie, le cylindre se déplace légèrement le long de son axe et les bons picots s’alignent sur les bonnes lames pour jouer la mélodie suivante. Chaque mélodie dure environ 35 secondes, ce qui correspond à la révolution complète d’un cylindre. Les cylindres sont reliés au moteur arrière de la MusicMachine 1 Reloaded par un rouage apparent.
 
De part et d’autre des leviers de remontage en forme d'hélices, on trouve des panneaux circulaires verticaux. Bien qu’ils ressemblent à des paraboles de radars, ce sont des régulateurs de vitesse pour les cylindres. Lorsqu'ils sont entièrement remontés, les ressorts de barillet ont tendance à faire tourner les cylindres plus vite que lorsqu'ils sont presque complètement déroulés.
 
En compensation, les régulateurs à air circulaires produisent une résistance plus importante quand la rotation est rapide, plus faible quand elle lente, d’où une vitesse constante.
 
Réalisé en aluminium anodisé bleu, rouge ou noir, le fuselage de la MusicMachine 1 Reloaded amplifie le son transmis par la plaque vibrante en laiton logée à l’intérieur. Cette plaque véhicule également les vibrations le long des entretoises latérales incurvées et des patins d'atterrissage en forme d'outriggers en aluminium microbillé anodisé qui, pour leur part, transmettent les vibrations à la plate-forme de la « machine ».
 
Ce nouvel « ovni » est disponible en rouge, bleu ou noir et limitées à seulement 33 pièces par couleur. A noter que ces boîtes à musique sont actuellement en cours de livraison chez les détaillants et que quelques pièces seront disponibles dans sur l’eShop de la marque.  


Montres-de-luxe.com | Publié le 6 Mai 2022 | Lu 5750 fois