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Prix Gaïa 2011 : les trois nominés sont Pierre-Yves Donzé, Philippe Stern et François Junot


Le 15 septembre dernier à la Chaux-de-Fonds (Suisse), les dirigeants du Musée international d'horlogerie (MIH) ont annoncé les trois lauréats du Prix Gaïa 2011 : Pierre-Yves Donzé pour la catégorie Histoire et recherches ; Philippe Stern pour celle de l'Esprit d'entreprise et enfin François Junot pour l'Artisanat et la création. Trois personnes qui, dans des domaines bien différents, ont œuvré à la promotion, à la création, à la sauvegarde du patrimoine, au développement ou à la recherche de la branche horlogère.



Histoire et recherches : Pierre-Yves Donzé

Pierre-Yves Donzé
Actuellement chercheur à l'Université d'Osaka (Japon), Pierre-Yves Donzé a notamment été collaborateur scientifique aux Universités de Lausanne et de Neuchâtel et chercheur invité à l'Université de Kyoto et à la Rutgers University (USA). Il a axé sa carrière de chercheur et d'historien dans deux domaines bien distincts : la médecine et l'horlogerie.

Dès ses études, Pierre-Yves Donzé a collaboré comme documentaliste au MIH, découvrant ainsi le fascinant monde de l'horlogerie et son industrie. Mais ses premières recherches se sont portées en premier sur l'histoire des hôpitaux et de la médecine. Ses études à l'Université de Neuchâtel se sont conclues par une thèse de doctorat portant sur Les chirurgiens et la construction du système hospitalier vaudois de 1840-1960.

Ces premières recherches et contributions dans le domaine de l'horlogerie se sont faites en parallèle avec ses autres publications dans le domaine de la médecine. C'est ainsi que, dès 2004, il publie régulièrement articles et ouvrages liés aussi bien à l'histoire patronale, syndicale qu'à la formation en horlogerie.

Son ouvrage « Les patrons horlogers de La Chaux-de-Fonds: dynamique sociale d'une élite industrielle (1840-1920) », paru aux Editions Alphil en 2007, relève de ce domaine d'étude. Cependant, ce qui le distingue aussi dans ses recherches, c'est son ouverture à l'industrie d'ailleurs, du Japon plus particulièrement. Il a ouvert ainsi un pan méconnu de l'histoire horlogère, abordant aussi bien les aspects économiques, techniques et culturels d'une importante industrie japonaise la mettant en relation avec les mêmes aspects de l'industrie européenne et plus particulièrement suisse.

Par ailleurs, il a publié en 2009 un important ouvrage «Histoire de l'industrie horlogère suisse: de Jacques David à Nicolas Hayek (1850-2000)», revisitant et synthétisant l'histoire de l'industrie horlogère suisse sous ses aspects économiques, techniques et concurrentiels. Depuis le Japon, il dirige la collection Histoire et horlogerie des Editions Alphil, Presse universitaire suisse.

Esprit d'entreprise : Philippe Stern

Philippe Stern
Président de Patek Philippe de 1993 à 2009, et désormais président d’honneur de la manufacture, on ne présente plus Philippe Stern, grand homme de l'horlogerie et fervent défenseur de la belle mécanique, celle qui vit, celle qui vibre, celle qui sonne. Homme de défis, épris d’indépendance, il a su, grâce à son esprit d’entreprise, faire fructifier l’héritage familial, tout en jouant un rôle phare dans le développement et la promotion du grand art horloger helvétique.

Lorsqu’il se lance dans la vie professionnelle, jeune diplômé en économie et commerce de l’Université de Genève, Philippe Stern n’est pas un novice en horlogerie. Son grand-père, Charles Stern, ainsi que le frère de ce dernier, fabricants de cadrans, ont racheté Patek Philippe en 1932, et son père Henri Stern, fils de Charles, a repris le flambeau en 1958. Mais conformément à une tradition familiale, Philippe Stern commence par gravir tous les échelons dans la manufacture, de la base au sommet que l'on connaît.

Dans les années 70, lorsque l'arrivée du quartz bouscule le monde horloger, son esprit visionnaire lui vaudra de continuer non seulement à produire, mais aussi à développer des mouvements mécaniques. Il était certain que, si toutes les entreprises horlogères fabricant des montres mécaniques devaient disparaître, une seule resterait, ce serait Patek Philippe. Fort de ce sentiment, il a continué d'innover et d'écrire la riche histoire de la manufacture genevoise.

Si Philippe Stern s’est distingué par son esprit d’entreprise, il a également grandement contribué au rayonnement et à la connaissance de la haute horlogerie en tant que collectionneur et créateur du Patek Philippe Museum.

Au sein de cet écrin, il y expose dans un premier temps les collections de sa marque. Mais très vite, il décide de faire découvrir le grand art horloger à un vaste public. En 2001, il inaugure à Genève le Patek Philippe Museum, véritable temple de l'horlogerie qui présente non seulement les plus beaux fleurons de l'histoire horlogère, mais qui abrite également la plus importante bibliothèque consacrée à la branche avec près de 8'000 ouvrages.

Sportif assidu (il a notamment été membre de l’équipe nationale suisse de ski et a remporté de nombreuses compétitions à la voile), Philippe Stern a cultivé les mêmes valeurs au sein de sa manufacture: indépendance et excellence. Valeurs qui ont permis à ce grand industriel défenseur des qualités de la haute horlogerie suisse et homme de culture de remporter le prix Gaïa 2011.

Artisanat et création : François Junod

François Junod
Automatier, voilà un métier pas courant que François Junod ne pensait jamais endosser lorsqu'il était étudiant. Ecole technique, Ecole des beaux-arts, apprentissage de réparateur d'automates, toutes ces formations l'ont finalement conduit au ce métier.

Installé à Sainte-Croix, pays de l'automate par excellence, il réalise avec un cercle de collaborateurs de multiples projets, commandes de riches particuliers, d'entreprises ou de collectivités. Toutes ses créations rivalisent d'imagination, de poésie et de rêve. Mais que l'on ne s'y trompe pas, ces êtres inspirés de l'histoire ou de notre temps recèlent des engrenages et des rouages d'une perfection telle qu'ils demandent plusieurs années de conception.

Relevons parmi toutes ses créations, trois œuvres marquantes. Tout d'abord le Tapis Volant (2000) réalisé à l'occasion du centenaire de La Semeuse à La Chaux-de-Fonds, automate relevant de la tradition, où un Turc boit tranquillement son café installé sur son tapis volant.

En 2007, François Junod installe à Leganés, banlieue madrilène, sur l'Hôtel-de-Ville, en-dessous de l'antique horloge, six automates grandeur nature qui vont défiler deux fois par jour. Puis, en 2010, il dévoile avec émerveillement l'androïde le plus achevé de tous les temps, Alexandre Pouchkine, qui non seulement écrit, mais le fait de manière aléatoire, compliquant à l'extrême l'art de l'automate (24 mots lui permettent 1'458 combinaisons pour créer de courts poèmes de deux strophes, qu'il signe des ses initiales).

Petit rappel :

Désirant distinguer des personnalités qui ont contribué ou contribuent encore à la notoriété de l'horlogerie, de son histoire, de sa technique et de son industrie, le MIH a créé, en 1993, le Prix Gaïa. Son fonctionnement est simple : sur la base de dossiers de candidature remis par des tiers, les membres du jury (personnalités suisses et étrangères issues de milieux divers) apprécient en toute neutralité l’apport de chacun et désignent un lauréat, voire plusieurs lorsque certaines candidatures se complètent mutuellement. Chaque nominé est gratifié d'une « Sphère » translucide qui évoque Gaïa, Mère universelle de la mythologie grecque, personnification de la terre et épouse d'Ouranos, le Ciel.

Au terme de la soirée, la banque Julius Baer, partenaire de l'événement, a remis une bourse à un jeune talent horloger lucernois: Adrian Lang. Ce dernier a conçu une horloge de table squelette au design très épuré, dont la grande originalité est d'avoir un cadran d'indication des secondes qui se déplace autour du cadran de la pendulette.

Source : MIH

Montres-de-luxe.com | Publié le 19 Octobre 2011 | Lu 1197 fois


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