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Quand Aldo Magada nous parle de Zenith


Horloger réputé pour son mouvement de chronographe El Primero qui a longtemps animé les Rolex Daytona, Zenith est une marque technique. Aujourd’hui, sa présence dans le Tour Auto lui apporte une caution supplémentaire auprès des amateurs de véhicules d’époque. Aldo Magada, son patron nous parle de Zenith.



Joel Chassaing-Cuvillier : Vous venez de remodeler vos collections, la gamme prioritaire est bien sûr El Primero, comment se répartissent vos volumes de ventes en pourcentages ?
Aldo Magada : D’une façon globale nous réalisons 50% dans la ligne El Primero, environ 20% pour la ligne Héritage Pilote et les 30% restant sont réalisés par la gamme Elite. Dans le monde, notre premier marché est le Japon ; la Suisse est un bon marché grâce au tourisme. En France, nous avons une très bonne image grâce à un rapport qualité/prix idéal et aussi, grâce au Tour Auto. Il faut savoir que pour les horlogers, en matière de prix, le ciel était la seule limite et que les prix n’avaient plus de sens.  Notre positionnement est très compétitif par rapport à la valeur du produit qui bénéficie d’un mouvement maison à 100%.
 
J.C.C. : Quels sont vos réels concurrents ?
A.M. : Il y a d’une part l’Omega Speedmaster et aussi, l’IWC Grande Portugaise, mais nous sommes moins chers que cette dernière. Il faut aussi souligner que notre calibre bat à 36.000 alternances.
 
J.C.C. : Quelles sont les évolutions de votre nouveau calibre El Primero ?
A.M. : Pour ce calibre, il y a différentes directions. D’une part, nous voulons moderniser le calibre actuel en améliorant la motorisation avec de nouveaux matériaux mais avec des dimensions identiques. D’autre part, nous prévoyons une autre direction liée à la synergie du groupe qui nous permettrait d’obtenir une fonction chronométrique plus évoluée. Nous espérons être prêts pour Bâle 2017.
 
J.C.C. : Est-ce que les 30.000 montres que l’on attribue chaque année à Zenith représentent votre capacité maximum de production ?
A.M. : Nous sommes entre 30 et 35.000 pièces pour les mouvements et un peu moins en terme de montres. En effet, nous vendons des calibres à Hublot et à Bulgari. Quant à notre capacité de production, elle est difficile à préciser. En effet, nous avons eu jusqu’à 34 calibres, mais nous venons de ramener ce nombre à une dizaine. En restant à 34 calibres, je pourrais produire 50.000 pièces avec plus de personnel.

J.C.C. : Pensez-vous porter la garantie de vos montres à 5 ans ?
A.M. : C’est un point que nous allons étudier. Pour l’instant nous avons une garantie de 2 ans avec une possibilité de l’étendre à 3 ans avec une inscription sur le site. La question fondamentale par rapport à une montre réside dans un contrôle effectué ou non dans la période de garantie. C’est ce que demande Breitling. Notre idée est d’arriver à une garantie de 5 ans sans contrôle.
 
J.C.C. : Dans le groupe il existe déjà une montre connectée, est-ce dans vos projets ?
A.M. : Il n’y a aucun intérêt pour Zenith à avoir ce produit. En revanche, on se dirige vers un accessoire de type bracelet qui possède une application réellement utile. Mais la montre connectée n’est pas notre domaine !
 
J.C.C. : Vous êtes une marque « sport chic », votre design est réalisé en interne ou par une agence de style ?
A.M. : Nous n’avons pas de cellule interne et nous travaillons avec deux studios indépendants. Nous recherchons le design plus que le style.
 
J.C.C. : Vous avez choisi une présence en rallye historique, pourquoi ce choix plutôt qu’être en WRC ?
A.M. Pour moi le vintage est la reconnaissance de valeurs qui perdurent dans le temps. C’est un partage de valeurs avec notre marque, esthétique, mécanique, que l’on retrouve dans nos produits.
 
J.C.C. : Que préférez-vous, des boutiques de marques qui déstockent ou des liquidateurs ?
A.M. : Il est clair que l’horlogerie a des produits obsolètes qu’il faut sortir des stocks. Cela se pratique depuis longtemps aux USA et en Angleterre. Nous privilégions une sortie organisée des produits dans des outlets que nous contrôlons nous-mêmes. Cela permet de contrôler les prix et l’offre aux clients. Les sites spécialisés n’ont pas les produits en stock. L’horlogerie doit avoir un discours très clair à propos des soldes vis-à-vis des consommateurs. L’accélération du renouvellement des collections est une nouvelle donnée.
 
Joël Chassaing-Cuvillier


Montres-de-luxe.com | Publié le 31 Octobre 2016 | Lu 2070 fois



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