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Quand le Chronographe à Heure Universelle Patek Philippe se fait acier


Présenté à l’occasion de la Foire de Bâle 2016, ce chronographe flyback était jusqu’à lors, disponible en or gris dans un boitier de 39,5 mm arborant un cadran bleu guilloché main. Ce garde-temps d’exception arrive cette année dans une version en acier (réf. 5935A-001) avec un cadran opalin doré or rose de toute beauté qui offre une touche vintage à ce garde-temps par ailleurs très contemporain !



On le sait, chez Patek Philippe, les pièces les plus recherchées sont celles réalisées en acier. Qu’il s’agisse de modèles anciens ou encore en catalogue, les collectionneurs et les amateurs choisiront -presque- toujours un garde-temps en acier s’ils le peuvent, versus un modèle en métal précieux.
 
C’est ainsi, les montres en acier étant toujours beaucoup plus rares que les autres au sein des collections Patek Philippe. On se souvient d’ailleurs de l’engouement suscité par la Calatrava Semainier en acier lancée en 2019…
 
Aujourd’hui, c’est au tour d’un modèle Patek Philippe présenté en 2016, d’être commercialisé dans sa version en acier ! Il s’agit du fameux chronographe doublé de la fonction heure universelle qui passe ainsi de la référence 5930 à 5935.

Le chronographe et l’heure universelle  sont deux des spécialités de Patek Philippe. Toutefois, si ces complications sont relativement courantes dans les catalogues de la manufacture, leur association est nettement plus rare… De fait, on retrouve dans les archives une unique… pièce unique datant de 1940 !
 
Par le passé, Patek Philippe n’a produit qu’un seul Chronographe à Heure Universelle connu -la montre N° 862 442 de 1940 (Patek Philippe Museum inv. P-996)-, une pièce unique qui possédait par ailleurs un cadran avec échelles pulsométrique et asthmométrique (respirations) ; un garde-temps qui appartenait probablement à un médecin.
 
En lançant cette référence en 2016, PP proposait donc pour la première fois ce duo de complications dans sa collection courante, en l’amenant bien évidemment aux standards techniques du 21ème siècle.

L’Heure Universelle classique ne possède pas d’aiguille des secondes, alors que le chronographe arbore une fine trotteuse et un compteur 30 minutes.

Là où se trouve sur la plupart des chronographes l’échelle divisée en fractions de seconde, l’HU présente deux disques mobiles : le disque des villes, avec 24 noms de lieux représentant chacun l’un des 24 fuseaux horaires, et le disque des 24 heures, indiquant l’heure locale dans le fuseau en regard.
 
Le cadran d’un chrono HU regroupe donc un certain nombre d’indicateurs (aiguilles, disques) mus par différents mécanismes devant fonctionner en parfaite harmonie. 
 
Le calibre mécanique CH 28-520 HU se base sur le mouvement chronographe automatique CH 28-520 PS à roue à colonnes et embrayage vertical, ainsi que sur le fameux mécanisme d’Heure Universelle Patek Philippe.

Rendons à César ce qui appartient à César… De fait, cet ingénieux système repose sur un concept de l’horloger genevois Louis Cottier datant des années 1930. La manufacture PP l’a ensuite optimisé, en faisant breveter deux développements majeurs en 1959 et 1999. 
 
Les horlogers ont longuement travaillé pour adapter ces deux mécanismes l’un à l’autre. Ils ont déplacé des axes, aminci et reconstruit des ponts, modifié des écartements. Au final, le CH 28-520 HU peut donc être présenté -à juste titre- comme un nouveau mouvement ! Comme sur toutes les montres de la manufacture, le mode d’utilisation a été conçu pour être le plus simple possible.
 
Le chronographe possède un poussoir de mise en marche/arrêt à 2h et un poussoir de remise à zéro à 4h servant également pour la fonction « flyback ». Si l’on presse sur ce poussoir lorsque la trotteuse tourne, cette dernière revient immédiatement à zéro et lance un nouveau chronométrage.

Grâce à la présence d’un embrayage vertical, l’aiguille de chrono peut également être utilisée –avec un minimum d’usure et sans influence sur la précision et la réserve de marche– comme trotteuse.
 
La fonction HU se distingue, elle aussi, par sa grande facilité d’emploi. Les aiguilles centrales des heures et des minutes indiquent l’heure du fuseau horaire dont le « nom » se trouve à 12h. Les heures des 23 autres fuseaux se laissent lire d’un seul coup d’œil grâce au disque des villes et à celui des 24 heures, situé un peu plus au centre. La division de ce dernier en zones blanche et noire indique s’il fait jour ou nuit au lieu désiré.
 
Lorsque le voyageur arrive dans un autre fuseau horaire, il lui suffit d’activer le poussoir à 10h. Les disques des villes et des 24 heures tournent alors par pas d’une heure dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, tandis que l’aiguille centrale des heures avance dans le sens horaire, également par crans d’une heure.

La correction est achevée quand le nom de la ville désirée se trouve à 12h. Pendant ce processus, le mécanisme d’HU et l’aiguille des heures sont déconnectés du mouvement de base afin d’éviter toute perturbation de l’amplitude du balancier ou de la précision de l’aiguille des minutes. L’aiguille de chronographe poursuit également sa course sans le moindre écart.
 
Cette fantastique mécanique trouve sa place au sein d’un boitier rond de 39,5 mm en acier. Ce dernier présente les mêmes attaches de bracelet en « ailes » qui constituaient déjà un détail caractéristique des montres HU des années 1940 et 1950.
 
Le poussoir des fuseaux horaires, placé comme il est d’usage à 10h, arbore un contour rectangulaire identique à celui des deux poussoirs de chronographe –une forme très répandue sur les chronographes classiques de la manufacture. Le boîtier est également doté d’un fond en verre saphir.

Le centre du rotor est finement perlé, tandis que la masse oscillante proprement dite est ornée de Côtes de Genève circulaires et d’une Croix de Calatrava gravée. Le décor de côtes circulaires se poursuit sur les ponts rhodiés, avec anglages polis, trous moulurés et polis et gravures dorées conformes aux prescriptions du Poinçon Patek Philippe.
 
Ces éléments forment un beau contraste avec l’éclat rouge des rubis, la couleur dorée du balancier Gyromax et les reflets bleu-violet du spiral Spiromax breveté en Silinvar. Grâce à sa courbe finale Patek Philippe, ce spiral allie les oscillations concentriques d’un spiral Breguet avec la faible hauteur de construction d’un spiral plat classique.
 
Côté cadran, PP a choisi pour ce modèle en acier, un très beau « opalin doré or rose » (ou plus simplement saumon), une couleur très en vogue ces derniers temps… A l’extérieur se trouve le disque des villes, avec les noms des 24 lieux représentant chacun un fuseau horaire -l’œil avisé remarquera que, par rapport à 2016, géopolitique oblige, la ville de Hong-Kong a été remplacée par Beijing.
 
Entre le disque des villes et le disque des 24 heures prend place l’échelle des secondes pour le chronographe, une étroite bande circulaire « acier » avec division en quarts de seconde –en accord avec la fréquence de 4 Hertz (28 800 A/h) permettant des mesures exactes au huitième de seconde.
 
Le disque des 24 heures tournant en permanence dans le sens contraire des aiguilles d’une montre sert simultanément d’indicateur jour/nuit, avec des chiffres clairs sur fond foncé et un symbole de la Lune pour les heures nocturnes et des chiffres foncés sur fond clair et un symbole du soleil pour le jour. A noter que cette UH n’affiche pas la date.
 
Le centre du cadran respecte la grande tradition des montres à Heure Universelle Patek Philippe en arborant un décor guilloché à la main. Le motif « carbone » ornant le centre du cadran (un clin d’œil au décor de la référence 6007, série limitée ayant marqué l’inauguration du nouveau bâtiment PP6 à Plan-les-Ouates en 2020) ajoute une note moderne et dynamique, en écho à la touche sportive de l’acier.
 
Cette montre est livrée avec deux bracelets en cuir de veau – taupe grainé et beige avec finition nubuck – dotés d’une boucle déployante en acier.

Montres-de-luxe.com | Publié le 3 Novembre 2022 | Lu 23348 fois