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Ulysse Nardin : le musée de la manufacture cambriolé au Locle, trois pièces historiques dérobées


Par | Publié le 16/09/2026 à 09:07 | mis à jour le 16/09/2026 à 09:12

Le musée privé d’Ulysse Nardin, installé au Locle, a été cambriolé dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 septembre 2026. Plusieurs montres historiques ont été dérobées, dont trois pièces particulièrement rares.


Une enquête est en cours

Le scénario s'est déroulé vers 3h du matin, lundi 14 septembre, au musée privé d'Ulysse Nardin, au Locle, berceau historique de la manufacture fondée en 1846.
 
Plusieurs individus se seraient introduits par effraction dans le bâtiment avant de fracturer plusieurs vitrines et de s'emparer de montres appartenant aux collections historiques de la maison. La police neuchâteloise et le Ministère public ont confirmé le cambriolage.
 
Une alarme s'est déclenchée et une société de sécurité est intervenue sur place. Le point d'effraction n'ayant toutefois pas été immédiatement identifié, le vol n'a été constaté qu'environ une heure plus tard.
 
Entre-temps, les auteurs avaient quitté les lieux avec leur butin. La police judiciaire neuchâteloise a ouvert une enquête afin d'identifier et d'interpeller les responsables. Un appel à témoins a également été lancé pour toute personne ayant remarqué des individus, des véhicules ou des comportements suspects au Locle entre 2h et 4h du matin.

​Trois montres particulièrement rares

Si l'inventaire complet des pièces dérobées était encore en cours dans les premières heures suivant le cambriolage, Ulysse Nardin a depuis confirmé la disparition de trois montres historiques décrites comme « extrêmement rares ».
 
Leur valeur n'a pas été communiquée, mais la manufacture souligne que leur importance dépasse largement leur seule valeur matérielle : elles constituent une partie de son patrimoine horloger.
 
Parmi elles figure notamment une montre de poche datant de 1860, équipée d'un mouvement à deux barillets offrant huit jours de réserve de marche et dotée de son cadran d'origine en émail Grand Feu.
 
Une deuxième pièce serait la dernière montre de poche produite par Ulysse Nardin en 1927. Elle réunit dans un boîtier chasseur en or 18 carats une répétition minutes, un chronographe, un quantième perpétuel et une indication des phases de Lune.
 
La troisième pièce est particulièrement emblématique de la haute horlogerie contemporaine d'Ulysse Nardin : il s'agit du dernier exemplaire du Genghis Khan, présenté en 2002.

Cette montre associe tourbillon, répétition minutes, carillon Westminster et automates jacquemarts. Produite à seulement 30 exemplaires, elle constitue l'une des créations les plus spectaculaires de la manufacture sous l'ère Rolf Schnyder.

​Un patrimoine particulièrement sensible

Le cambriolage prend une dimension particulière dans le cas d'Ulysse Nardin. Fondée au Locle en 1846, la maison possède un patrimoine étroitement lié à l'histoire de la chronométrie et des instruments de précision.
 
Elle s'est notamment illustrée dès le XIXe siècle dans la production de chronomètres de marine avant de développer, au XXe siècle puis sous la direction de Rolf Schnyder, une importante tradition de grandes complications.
 
Le Genghis Khan (en photo ci-dessus) disparu illustre précisément cette seconde période de l'histoire de la maison. Présenté en 2002, il associait pour la première fois chez Ulysse Nardin plusieurs complications spectaculaires dans une même montre : tourbillon, répétition minutes, carillon Westminster et jacquemarts. Sotheby's rappelle que la série était limitée à seulement 30 exemplaires.
 
Cette affaire intervient par ailleurs un peu plus d'un mois après le cambriolage du Musée d'horlogerie du Locle, situé lui aussi dans la cité horlogère. En août, plusieurs pièces historiques avaient été dérobées au Château des Monts. Les deux affaires font désormais l'objet d'un contexte particulier pour les institutions horlogères du Locle.
 
Ulysse Nardin appelle aujourd'hui les collectionneurs, maisons de ventes et professionnels du marché de la montre ancienne à la vigilance. Toute tentative de mise en vente de l'une des pièces disparues pourrait en effet fournir aux enquêteurs une piste importante.

Les trois pièces identifiées

Montre de poche, 1860 — mouvement à deux barillets, réserve de marche de huit jours, cadran d'origine en émail Grand Feu.

Montre de poche, 1927 — répétition minutes, chronographe, quantième perpétuel et phases de Lune, boîtier chasseur en or 18 carats.

Genghis Khan, 2002 — tourbillon, répétition minutes, carillon Westminster et jacquemarts, série limitée à 30 exemplaires