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Un siècle de précision horlogère : vie, oeuvre et postérité de John Arnold de Vincent Daveau


La marque horlogère suisse (aux origines britanniques) Arnold & Son annonce la publication du livre Un siècle de précision horlogère, vie, œuvre et postérité de John Arnold qui fait bien plus que narrer l’histoire de l’homme et de l’horloger de génie : c’est en réalité, le portrait d’un siècle effervescent et ouvert que peint Vincent Daveau, éminent spécialiste d’horlogerie.



L’histoire de l’horlogerie est une épopée où se détachent quelques grands noms, quelques incontournables. Ils sont parfois Français, fréquemment Suisses mais aussi Britanniques. Certains sont tombés dans l’oubli. D’autres sont bien vivants et en particulier parce que des marques horlogères ont décidé d’en entretenir la flamme, l’héritage et la pertinence.
 
Aujourd’hui encore, Arnold & Son perpétue l’histoire et l’œuvre de John Arnold et de son fils John Roger en s’appuyant sur leurs fondamentaux. Ceux sur lesquels, père et fils construisirent l’horlogerie de marine et par extension, l’horlogerie moderne.
 
En hommage à son fondateur éponyme, à l’homme qui utilisa le premier le terme chronomètre pour parler de précision et qui en fabriqua parmi les plus glorieux jamais conçus, Arnold & Son publie « Un Siècle de Précision Horlogère, l’histoire de John Arnold ».
 
Écrit par le journaliste, historien et horloger Vincent Daveau, préfacé par le journaliste britannique Robin Swithinbank, cet ouvrage bilingue anglais-français est plus qu’un travail de recherche ou un recueil de faits.
 
John Arnold était lui-même pris dans le tourbillon d’une époque riche en événements et inventions. Le livre raconte ses innovations et les contextualise dans ce siècle des Lumières, éclairé par les bonds scientifiques et les découvertes, hauts faits entrés dans l’Histoire.
 
Après plusieurs mois passés à mettre au point ses découvertes, John Arnold fut sollicité au printemps 1773 par le Bureau des longitudes pour fournir de nouveaux instruments à une expédition en partance pour une navigation d’exploration à proximité du pôle Nord.
 
Il s’organise au mieux pour présenter dans les délais un chronomètre de marine monté sur cardan muni d’un échappement à détente à bascule et un chronomètre de pont doté, selon toute vraisemblance, de son tout nouvel échappement à détente pivotée.
 
Le capitaine Phipps, embarqué sur le vaisseau Racehorse reçoit le chronomètre de pont d’Arnold payé par le Bureau des longitudes au prix de 63 livres sterling et la montre K2, la seconde copie de H4 d’Harrison réalisée par Larcum Kendall, qui avait coûté plus de 200 livres sterling.
 
Le capitaine Ludwidge en poste sur la corvette Carcass réceptionne pour sa part le chronomètre de marine monté sur cardan, également payé 63 livres sterling. Durant cette expédition à laquelle participe le jeune Horatio Nelson, futur vainqueur de la bataille navale de Trafalgar, seule la montre détenue par le capitaine Phipps et la montre K2 semblent avoir fonctionné convenablement.
 
Mais ce n’est pas l’unique déconvenue à laquelle est confronté Arnold. Le 27 juillet 1774, M. Bayley, en charge des chronomètres à bord de l’Adventure, commandé par Tobias Furneaux lors de la seconde expédition du capitaine Cook, est de retour à Greenwich.
 
Les deux navires se sont perdus dans les brumes de l’Antarctique et le capitaine de l’Adventure a pris le chemin du retour après avoir perdu plusieurs de ses hommes en Nouvelle-Zélande. Pendant ce temps, le capitaine Cook continue son périple avec son équipage à bord du HMS Resolution.

D’après les rapports du responsable des chronomètres, de ceux embarqués à bord, seul N° 1 a continué de fonctionner durant les deux ans qu’a duré l’expédition, mais avec une erreur de précision d’une minute et vingt-deux secondes par jour. Les lubrifiants employés furent certainement pour partie responsables de ces erreurs chronométriques.
 
À l’époque, les horlogers sont parfaitement conscients de l’influence que peuvent avoir les lubrifiants sur la marche de leurs mouvements. Il importe pour eux de disposer des meilleurs. Les maîtres ont essayé toutes les huiles fines à leur disposition. Les uns utilisent celle dite de pied de bœuf. Certains emploient des paraffines liquides issues du raffinage de la graisse de baleine ou de cachalot.
 
D’autres affectionnent les huiles végétales, et John Harrison, ébéniste brillant avant de devenir horloger, a même employé du bois naturellement huileux comme le gaïac pour y faire rouler ses pivots. Tous les maîtres ont testé ces différents produits sans grand succès, car leurs qualités, bonnes ou mauvaises en termes de pure tribologie, sont toujours de courte durée.
 
Avec le temps, et plus encore en fonction des conditions climatiques, les liquides s’épaississent en se chargeant en eau ou agglomèrent les poussières. L’évaporation des principes actifs entraîne également la « résinification » des liquides oléagineux.
 
Devenant collantes, ces huiles freinent lentement le mécanisme des instruments jusqu’à parfois à en faire cesser le fonctionnement. Seulement, à bord et durant toute la durée de l’expédition, il n’est pas question pour ces objets délicats d’être révisés.
 
Leurs responsables sont juste autorisés à recaler l’heure par rapport à des mesures temporelles effectuées ponctuellement à terre à l’aide de régulateurs embarqués à bord. Les hommes et les mécaniques sont inextricablement liés. Ils font partie d’un système parmi les premiers de l’histoire scientifique à s’affranchir des frontières.
 
« Un Siècle de Précision Horlogère » analyse comment les limitations, les embargos, les barrières culturelles ont été abolis par l’inexorable avancée du progrès. Ce livre peint le tableau d’une époque, celle qui a jeté les bases de la montre contemporaine.
 
« Un Siècle de Précision Horlogère » est une lecture éclairante, non partisane et indispensable à tous ceux qui désirent comprendre comment l’industrie horlogère a connu son premier âge d’or.

Montres-de-luxe.com | Publié le 17 Avril 2024 | Lu 1657 fois






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