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Vacheron Constantin Métiers d'Art - Le Louvre : le Lion de Darius


Le partenariat entre Vacheron Constantin et le musée du Louvre donne naissance cette année à une série de montres Métiers d’Art qui rendent hommage aux grandes civilisations de l’Antiquité. Quatre œuvres du musée, représentatives de quatre époques, sont représentées sur les cadrans. Ces éditions limitées de cinq pièces par thématique mettent en exergue les talents rares des artisans d’art. Retour sur le Lion de Darius de l’Empire perse des achéménides (559 – 330 av. J.-C.).



L’Empire perse de Darius 1er, l’âge d’or de l’Égypte antique, la période hellénistique de la Grèce antique et la prise de pouvoir d’Auguste, premier empereur romain, sont les points d’ancrage historiques de la nouvelle série de montres Métiers d’Art de Vacheron Constantin.
 
Dans le cadre du partenariat avec le Louvre initié en 2019 et suite à une intense collaboration avec ses conservateurs et historiens, la Maison a imaginé une série de quatre garde-temps basés sur les collections antiques du musée.
 
En étroite collaboration avec les équipes du musée, les designers et concepteurs de Vacheron Constantin ont dès lors entrepris la conception d’une nouvelle série de montres Métiers d’Art directement inspirées de chefs-d’œuvre emblématiques du Louvre.
 
C’est au cœur du formidable fonds d’antiquités du musée que la thématique principale, déclinée en quatre époques, a trouvé sa source : l’Empire perse sous Darius 1er, l’Égypte des pharaons du Moyen Empire, la période hellénistique de la Grèce et la naissance de l’Empire romain avec l’avènement d’Auguste.

Chacune de ces grandes civilisations est ainsi représentée par une œuvre artistique majeure tirée de certains des chefs-d’œuvre du Louvre. Un véritable défi pour les artisans d’art consistant à reproduire leur force expressive sur un cadran de moins de 40 mm à l’ornementation inspirée des arts décoratifs de l’époque, agrémentée d’éléments d’écriture.
 
Le Lion de Darius – L’Empire perse des achéménides (559 – 330 av. J.-C.)
La Frise des lions, un décor de briques siliceuses glaçurées, se trouvait dans la première cour du palais de Darius 1er à Suse, capitale de l’Empire perse achéménide au sud-ouest de l’Iran actuel.
 
Après s’être libérés de la tutelle des Mèdes, puis avoir conquis la Lydie, Babylone et l’Égypte, les Achéménides ont formé l’un des plus grands empires ayant jamais existé durant l’Antiquité. Avec un territoire s’étendant du Pakistan actuel aux côtes de la Mer Noire, et des steppes d’Asie centrale à l’Égypte et à la Lybie, il réunissait les plus anciennes civilisations du Moyen-Orient.
 
Darius 1er est notamment passé à la postérité pour son affrontement avec les cités grecques qui réussirent à stopper ses armées dans une certaine plaine de Marathon.

La Frise des lions est un des rares éléments décoratifs du palais de Darius 1er à Suse qui a été retrouvé sur site, dans la première cour qui accueillait les visiteurs.
 
Ce décor animalier constitue une part importante de l’iconographie des palais perses mais aussi, avant eux, des palais assyriens et babyloniens. Le lion, animal royal et attribut divin, peuplait les « paradis », ces jardins d’agrément et réserves de chasse destinés aux monarques perses, et assyriens avant eux.
 
La Frise des lions placée en évidence était ainsi une déclaration de la puissance royale, incarnée par le roi des animaux. Constitué de briques siliceuses glaçurées liées par un mortier de chaux, ce décor mêlant réalisme et forte stylisation est exemplaire des chefs-d’œuvre de l’art perse achéménide.

Pour le graveur de l’applique représentative d’un des lions, il s’agissait dès lors d’arriver à un rendu de précision correspondant à la stylisation poussée des muscles et du pelage de la crinière du fauve que l’on observe sur l’original.

Comme les lions font partie d’une frise, le cadran de la montre en arrière-fond devait représenter ce décor de briques glaçurées fixées sur un mur. Pour y parvenir, les artisans d’art ont opté pour une marqueterie de pierres.
 
Et pour en accentuer l’aspect réaliste, ils ont choisi des fragments de pierres porteurs de veines, par définition plus fragiles que ceux qui en sont dépourvus. Etant donné le nombre important de déchets dans la coupe des pierres, trois commandes successives ont dû être faites pour obtenir finalement les 69 composants de cette marqueterie, différents en aspect et en taille.
 
Par rapport au modèle, la couleur nettement plus vive des pierres reproduit l’aspect de la frise tel qu’il devait être à l’origine, avant que les teintes ne pâlissent. Etant donné ces contraintes de couleurs, alliées aux difficultés techniques de la mosaïque, le choix des pierres, relativement limité, s’est porté sur des turquoises et des jaspes mokaïte jaune.
 
La frise qui entoure le cadran s’inspire, elle, du décor d’une autre œuvre très connue du palais de Darius : la Frise des archers. Cette ornementation faite d’une juxtaposition de triangles est réalisée en métal gravé et émail champlevé avec inclusions de « vieillissement ».

Quant aux éléments d’écriture gravés par métallisation sur le verre saphir, ils sont tirés d’une tablette inscrite en vieux-perse. Ce texte en écriture cunéiforme est l’un des premiers rédigés par Darius lors de son arrivée au pouvoir. Il s’agit d’une charte de fondation de son palais. Cette montre Lion de Darius en ressuscite toute la splendeur.
 
Pour animer ces montres Métiers d’Art, Vacheron Constantin a choisi son calibre manufacture 2460 G4/2 à remontage automatique qui se caractérise par une indication des heures, minutes, jours et dates par quatre disques.
 
Les guichets permettant la lecture des indications horaires et calendaire, positionnés symétriquement en périphérie du cadran, laissent ainsi un vaste champ d’expression aux métiers d’art. Aucune aiguille ne vient perturber la vision sur ces chefs-d’œuvre de miniaturisation.
 
Au dos du mouvement, cadencé à 4 Hz (28’800 alternances/heure) et comptant 237 composants, la masse oscillante a également fait l’objet d’une attention particulière. On y découvre une représentation de la façade Est du Louvre et sa magnifique colonnade inspirée des travaux de Louis Le Vau et Claude Perrault, selon une estampe du 18e siècle.

La matrice du dessin a été sculptée à la main pour ensuite servir à l’étampage des vingt masses oscillantes que compte la série.
 
Comme la composition artistique de ces montres comprend la représentation d’œuvres symboliques sous forme d’appliques sculptées, ainsi que divers éléments d’écriture et d’ornementation, Vacheron Constantin a conçu un système d’emboîtage de plusieurs supports.
 
Au-dessus du mouvement prend place le cadran entouré d’une frise. Ces deux éléments distincts et concentriques sont précisément le terrain d’expression des maîtres artisans.

Les ornementations qui y figurent sont inspirées d’œuvres des collections du Louvre représentatives des arts décoratifs des différentes époques : mosaïques romaines, cercueil égyptien peint, céramiques et vases grecs peints ou sculptés en bas-relief, frise de briques à glaçure colorée d’inspiration babylonienne.
 
Sur ce cadran vient ensuite se loger un verre saphir porteur de l’applique en or sculpté représentant l’une des quatre œuvres majeures tirées de la période antique.
 
Ce même verre légèrement fumé est également gravé par métallisation de textes en écriture cunéiforme, hiéroglyphe, grec ancien et latin selon le modèle.
 
On peut y lire un extrait de la charte de fondation du palais de Darius, la transcription du cartouche du pharaon Merenptah gravé sur le sphinx de Tanis, une dédicace faite aux Grands Dieux de Samothrace découverte dans le sanctuaire de Samothrace, ainsi qu’une invocation à l’empereur Auguste gravée sur une stèle romaine retrouvée en Algérie.
 
Une fois ces différents éléments mis en place au-dessus du mouvement, le boîtier peut ensuite être scellé avec la glace extérieure.

Le cadran et sa frise se composent ainsi de plusieurs éléments « décoratifs » tirés de divers œuvres de la même époque que celle représentée en applique. Pour réaliser ces somptueux arrière-fonds, Vacheron Constantin a opté pour différentes techniques mises en œuvre par des artisans d’art.
 
• Email champlevé et émail grisaille
L’émaillage est une technique de décoration consistant à broyer finement du verre coloré ou des pigments d’émail qui, mélangés à de l’eau ou de l’huile, sont appliqués sur une surface de métal. Cette pâte est ensuite cuite au four à haute température de manière à former une surface résistante qui ne fait plus qu’un avec son support.
 
L’émail champlevé consiste à créer des cavités dans lesquelles sont appliqués les émaux. On procède par couches successives cuites au four. Quant à l’émail grisaille, il s’agit d’un savoir-faire apparu au 16ème siècle qui consiste à apposer sur une couche d’émail sombre recouvrant le cadran une superposition de touches d’un émail blanc. Chaque couche d’émail est également passée au four à plus de 800°.
 
• Marqueterie de pierres
Rare en horlogerie, la marqueterie de pierres consiste à former des motifs en utilisant des fragments de pierres de couleur calibrés selon les besoins. Cette opération est d’autant plus délicate que chaque pierre est différente, certaines même veinées et donc plus fragiles.
 
Ces fragments sont assemblés et collés un à un sans aucun liant entre les pierres. Cette construction laisse de minuscules espaces entre les composants donnant du relief et de la profondeur à la composition.
 
• Micro-mosaïque de pierres
Par micro-mosaïque de pierres, une technique extrêmement rare en horlogerie, on entend une mosaïque dont les minuscules éléments de pierres dures qui constituent son décor sont très finement assemblés et collés de manière à rendre les joints qui les scellent pratiquement invisibles.
 
La dimension des pierres, des carrés de 0,55 millimètres chacun, rend ce type d’ornementation particulièrement délicat, non seulement dans la composition des motifs mais également dans la manière de le figer avec un liant.
 
• Gravure
L’art de la gravure à la main consiste à faire surgir du métal des décors en creux, en relief ou en modelé. La technique utilisée ici pour les appliques en or sculpté est appelée ramolayage. Elle consiste à ôter de la matière pour modeler le relief. Irréversible, cette opération exige un geste parfaitement assuré.
 
Le maître graveur dessine d’abord les volumes principaux à la pointe sèche. Puis il sculpte la masse et réalise une mise en arrondi particulièrement délicate dont les contours sont accentués par patine. Cette technique en trompe l’œil est particulièrement adaptée pour créer l’illusion d’une profondeur de champ. Certaines frises sont réalisées en taille douce ou gravure par creusement de la matière.

Montres-de-luxe.com | Publié le 26 Mai 2022 | Lu 6911 fois






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