Le contexte : une lutte radicale contre les fausses montres
A la fin des années 80 et au début des années 90, la maison Cartier est en première ligne dans la lutte contre la contrefaçon, un fléau qui touche alors massivement ses modèles iconiques (Tank et Santos principalement).
On se souvient des touristes se rendant au marché de Vintimille en Italie le vendredi pour s’offrir de (mauvaises) copies de montres Cartier ou de sacs Louis Vuitton. A l’époque, l’Italie était le principal fournisseur de « faux de luxe ».
À la suite de différentes saisies douanières et d’actions en justice, la marque Cartier se retrouve alors en possession d’un stock impressionnant de copies : environ 4.000 fausses montres.
Plutôt que de procéder à une destruction administrative classique, loin des regards, Cartier décide de transformer ces objets "honteux" en une déclaration artistique.
En 1986-7, la maison sollicite César, maître incontesté du Nouveau Réalisme et célèbre pour ses compressions d’automobiles.
On se souvient des touristes se rendant au marché de Vintimille en Italie le vendredi pour s’offrir de (mauvaises) copies de montres Cartier ou de sacs Louis Vuitton. A l’époque, l’Italie était le principal fournisseur de « faux de luxe ».
À la suite de différentes saisies douanières et d’actions en justice, la marque Cartier se retrouve alors en possession d’un stock impressionnant de copies : environ 4.000 fausses montres.
Plutôt que de procéder à une destruction administrative classique, loin des regards, Cartier décide de transformer ces objets "honteux" en une déclaration artistique.
En 1986-7, la maison sollicite César, maître incontesté du Nouveau Réalisme et célèbre pour ses compressions d’automobiles.
L’œuvre : 4 000 montres sous la presse
Fidèle à sa méthode initiée dans les années 1960, César utilisera une presse hydraulique pour condenser cette masse de métal et de verre. Le résultat ? Des blocs compacts, des colonnes de métal compressées où l’on distingue encore, par endroits, les stigmates du luxe factice.
Le résultat est fort visuellement et marquera les esprits avec cet enchevêtrement de boîtiers écrasés et de bracelets entrelacés, ces cadrans tordus laissant apparaître les chiffres romains et les aiguilles bleuies qui imitaient tant bien que mal, les codes emblématiques de la rue de la Paix.
Il existe un beau portrait d’Alain-Dominique Perrin (datant de 2005 pris par le photographe Philippe Matsas), en noir et blanc, trônant devant l’une de ces sculptures.
Le résultat est fort visuellement et marquera les esprits avec cet enchevêtrement de boîtiers écrasés et de bracelets entrelacés, ces cadrans tordus laissant apparaître les chiffres romains et les aiguilles bleuies qui imitaient tant bien que mal, les codes emblématiques de la rue de la Paix.
Il existe un beau portrait d’Alain-Dominique Perrin (datant de 2005 pris par le photographe Philippe Matsas), en noir et blanc, trônant devant l’une de ces sculptures.
Quand le rebus devient pièce de collection
Naturellement, cette sculpture dépassa le simple cadre de la performance technique. Elle portait en elle une réflexion profonde sur la valeur et la matérialité !
En compressant de vulgaires copies, des objets sans valeur intrinsèque et illégaux, César leur conféra paradoxalement un statut d’œuvre d’art unique et pérenne. Le "rebut" devint pièce de collection.
En retirant toute fonctionnalité aux montres (elles sont cassées, détruites et ne donnent plus l’heure), l’artiste fige l’imitation dans le temps. Il ne reste que la texture et l’esthétique brute, une forme de "mort" du faux au profit de la naissance d'un original.
En compressant de vulgaires copies, des objets sans valeur intrinsèque et illégaux, César leur conféra paradoxalement un statut d’œuvre d’art unique et pérenne. Le "rebut" devint pièce de collection.
En retirant toute fonctionnalité aux montres (elles sont cassées, détruites et ne donnent plus l’heure), l’artiste fige l’imitation dans le temps. Il ne reste que la texture et l’esthétique brute, une forme de "mort" du faux au profit de la naissance d'un original.
Une ouvre qui souligne encore et toujours la force de l'ADN Cartier
Même broyées, les montres restent identifiables, prouvant que le style de la maison est si fort qu'il survit à sa propre destruction.
Aujourd'hui, cette compression demeure l'un des exemples les plus célèbres de l'engagement d'une marque pour la protection de son patrimoine, tout en s'inscrivant dans l'histoire de la sculpture du XXe siècle.
Elle rappelle qu'entre le vrai et le faux, l'art reste le juge de paix ultime, capable de transformer la tromperie en un témoignage historique et culturel.
L'œuvre est régulièrement citée comme une référence majeure dans les rétrospectives consacrées à l'artiste ou dans les expositions traitant du rapport entre luxe et société.
Aujourd'hui, cette compression demeure l'un des exemples les plus célèbres de l'engagement d'une marque pour la protection de son patrimoine, tout en s'inscrivant dans l'histoire de la sculpture du XXe siècle.
Elle rappelle qu'entre le vrai et le faux, l'art reste le juge de paix ultime, capable de transformer la tromperie en un témoignage historique et culturel.
L'œuvre est régulièrement citée comme une référence majeure dans les rétrospectives consacrées à l'artiste ou dans les expositions traitant du rapport entre luxe et société.







