Congrès International sur le temps avec France Horlogerie


C’est l’une des interrogations évoquées par les scientifiques lors du congrès organisé du 21 au 23 novembre dernier à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. Cette manifestation a accueilli 3.284 congressistes et près de 80 médias. C’est un public qualitatif qui constituait la cible des participants (scientifiques et universitaires, opérateurs ou acteurs du Temps, étudiants) plus que le grand public en général.



Une soixantaine de conférences, 7 tables rondes, 30 ateliers, 3 spectacles, 2 concours, la présence d’exposants, une semaine de programmation de films sur le temps par les cinémas indépendants parisiens, des dédicaces de livres ont rythmé le temps de ce congrès.
 
Ce congrès a été axé autour des 4 piliers du Temps :
Le Temps mesuré : systèmes de mesure, exploration spatiale, astrophysique, systèmes de navigation, cryptographie, industrie du futur 4.0…
- Le Temps de l’évolution : paléontologie, biologie, géologie, médecine, biosphère, géosphère…
- Le Temps perçu : neurosciences, informatique, numérique, psychiatrie, sociologie, économie, finances…
- Le Temps dans l’Art : musique, peinture, littérature, cinéma, photographie, jeux video…
 
Du philosophe Etienne Klein (que nous révèle la polysémie du temps ?) au réalisateur de cinéma Serge Moatti (Le cinéma a-t-il le temps ?), de l’astrophysicien Hubert Reeves (En quoi notre vision de la liberté a-t-elle changé avec le temps ?) à l’expert en matériaux métalliques (Quel est l’impact du Temps sur la conception des pièces métalliques ?), c’est un programme de haut niveau et très éclectique qui a été proposé.
 
La table ronde des horlogers animée par Patrice Besnard « Que nous montrent les montres ? » a réuni les témoignages de Carlos Rosillo (cofondateur de la marque Bell & Ross), Helmut Crott (collectionneur et expert suisse en horlogerie), Nathalia Signoroni (qui a participé au lancement de la communication internationale de l’horloger François-Paul Journe), Régis Huguenin-Dumittan (directeur du musée international d’horlogerie à La Chaux-de-Fonds) ainsi que de trois adhérents de France Horlogerie : Sari Hijii (cofondateur de Fob), Philippe Lebru (Utinam) et Leopoldo Celi (Fugue).
 
Cette table ronde, comme toutes les conférences, a été filmée et sera prochainement mise en ligne.
 
Elle était articulée en trois temps :
- De la mesure du Temps à la passion du Temps : le débat a été lancé sur la citation d’une interview de
Carlos Rosillo « Nos clients sont des « brand Addict », ils sont dans une quête de l’exception. Ce qui importe les passionnés de belle horlogerie n’est pas tellement le nombre de pièces qu’une marque produit ou son chiffre d’affaires mais avant tout sa capacité à innover dans des projets qui les passionnent. » Ce débat a notamment porté sur la préservation du savoir-faire horloger par rapport à l’évolution de la montre avec une vision marketing qui consiste à raconter des histoires.
 
- Comment des créateurs réinventent la montre ? Trois adhérents ont retracé leurs itinéraires créateurs : de la « déconstruction » de l’horloge comtoise pour aboutir à une horloge contemporaine et à des montres avec de nouveaux procédés de fabrication (comme la fabrication additive avec Utinam), du renouvellement du design de la montre de poche, objet ô combien traditionnel, avec Fob, du concept de montre évolutive avec Fugue.
 
- Quelle montre ? Quel temps pour le futur ? S’il a été difficile de répondre à ces deux questions et relevé que la montre gardait plein de possibilités pour son évolution, la question de la montre connectée a été sujette à des positions contrastées quant à son appartenance au domaine horloger.
 
La table ronde numérique « Le numérique orchestre-t-il nos vies ? » comptait des opérateurs dont le temps est une donnée essentielle. C’est ainsi que Philippe Louvet (SNCF réseau) a relevé l’importance de cette donnée pour la régularité et la coordination du trafic. Cette table ronde a été l’occasion pour Nicolas Gorgy (Gorgy Timing) de présenter les enjeux de la synchronisation horaire pour de multiples opérateurs.
 
Cette synchronisation doit être aussi fiable et certifié notamment pour des applications où le temps se doit d’être le plus précis possible comme les transactions bancaires. C’est tout l’intérêt du projet SCPTime, calé sur le temps légal français, qui sera opérationnel dans les prochains mois.
 
A noter également la table ronde des marques « Les entreprises peuvent-elles défier le temps ? » avec la participation d’entreprises comme Coca Cola ou Eram. A la suite de la défection d’une grande marque, France Horlogerie et Francéclat ont organisé une présentation de l’horlogerie française avec :
- La mise en scène de vitrines de montres autour du temps quotidien (temps du voyage, du sport, de l’école…) avec l’aide de Playmobils (clin d’œil à la Cité des sciences qui accueille un public très jeune), vitrines qui ont été appréciées du public.
 
Etaient représentées les marques : Berthet, Bodet, Fob, Fugue, Hegid, LIP, MW&Co, Michel Herbelin, Pequignet, Pierre Lannier , Routine, Trilobe, Yema et Yonger&Bresson ainsi que TBRP, Sibra et La Pratique pour les composants.
 
- Une mini-horloge monumentale et une cloche fournies par le Groupement des installateurs d’horlogerie d’édifices et d’équipements campanaires (Gihec).
- Un poste consacré à la réparation d’horloges comtoises avec la présence de Grégory Maugain, Musée de l’horlogerie à Morteau, avec une vitrine comportant des pièces du musée.
- Un poste consacré aux tests de montres (étanchéité…) animé par Jean-Marc Feuvrier (Francéclat).
- Avec le concours de la société Orbis, le visiteur pouvait franchir un mur de brume avec l’hologramme de la montre Phenomen repris de l’exposition France Industries créatives présenté à l’Assemblée Nationale en octobre dernier et accompagné des logos de Francéclat et France Horlogerie.
- Le franchissement de ce « mur du Temps » aboutissait à la forêt d’horloges contemporaines de la marque Utinam.
- Les panneaux présentés aux dernières 24 heures du Temps en juin dernier à Besançon présentant les dates clé de l’histoire de l’horlogerie française, les métiers, les écoles, le temps légal français, la synchronisation horaire par la voie du signal ALS 162, le projet de Fondation du Temps.
 
L’horlogerie française ne pouvait donc pas passer inaperçue des visiteurs dont plusieurs personnalités comme Hubert Reeves, déjà cité, Jean-François Clervoy, astronaute ayant effectué 3 missions dans l’espace avec la Nasa ou Patrick Timsit, acteur et humoriste.

Montres-de-luxe.com | Publié le 2 Décembre 2019 | Lu 2005 fois



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