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Des origines du mocassin à pampilles


Voici à nouveau l’un des grands classiques du vestiaire masculin : le mocassin à pampilles. Un soulier sport-chic élégant qui nous vient tout droit des Etats-Unis et plus spécifiquement de la manufacture Alden installée à Middleborough dans le Massachusetts qui produit ce modèle dans une splendide version en Cordovan bordeaux foncé depuis les années 50. Un « must ».



Au même titre que le mocassin (penny loafer), le mocassin à pampilles (ou à glands ou à pompons) est un grand classique ; un soulier incontournable pour toute garde-robe masculine digne de ce nom.
 
Ces deux types de chaussures nous viennent directement des USA et ces deux types de chaussures furent mises à la mode par les étudiants, principalement ceux de la côte est des Etats-Unis, les jeunes de la fameuse Ivy League qui comprend les huit universités suivantes : Brown, Columbia, Cornell, Dartmouth College, Harvard, Université de Pennsylvanie, Princeton et Yale.
 
Ceci étant, il semblerait que l’on doive la création de ce soulier à un acteur d’origine hongroise (la Hongrie étant un pays producteur de chaussures de qualité) : Paul Lukas. Un comédien de second rôle que l’on verra dans très nombreux long-métrages entre les années 40 et 70, et notamment, dans Une femme disparait d’Alfred Hitchcock.

Bref, de retour d’un voyage en Europe, Paul Lukas revint avec une paire d’oxfords arborant des pompons aux bouts de ses lacets. Il eut alors l’idée de demander à plusieurs magasins de chaussures américains, à New-York et à Los Angeles, de lui imaginer des souliers confortables reprenant ces glands…
 
Suite à cela, deux des boutiques interrogées par Lukas transmirent cette demande pour le moins originale à la maison Alden qui était déjà à l’époque, l’un des fabricants de chaussures les plus prestigieux des USA.
 
C’est donc le patron d’Alden de l’époque, Mr. Tarlow qui dessina ce mocassin à pampilles qui allait devenir l’un des best-sellers de la marque mais également, l’une des chaussures les plus emblématiques du 20ème siècle.

Le modèle fut véritablement mis en production en 1950 et les ventes explosèrent assez rapidement dans tous les magasins proposant le fameux "tassel loafer" dans une multitude de matières et de couleurs.

Et parmi les cuirs proposés, l’incontournable Cordovan. Rappelons que ce cuir bien particulier est fabriqué par la manufacture Horween à Chicago à partir de peausseries de cheval (à l’origine des chevaux de Cordoue importés aux USA, d’où le nom du cuir).

La partie de l’animal qui est utilisée est le postérieur et ce dernier ne permet la réalisation que de deux paires de chaussures, ce qui explique ses prix nettement plus élevés que le veau.

Le Cordovan est un cuir extrêmement résistant et souple à la fois. Il offre un aspect très lisse et brillant ; c’est aussi l’un des cuirs les moins poreux qui soit sur le marché. A l’origine, il faut savoir qu’il était utilisé par la société Gillette… pour affuter les lames de rasoir !
 
Depuis, le mocassin à pampilles a été adopté par les hommes d’affaires et les avocats américains. Il s’avère également très populaire en Europe, notamment en France et au Japon (de nombreux Japonais étant fous et fins connaisseurs de chaussures) où les clients raffolent des modèles en Cordovan.
 
C’est un soulier qui est aussi à l’aise avec un costume (surtout en noir ou bordeaux) qu’avec un chino, un velours et bien évidemment, un jean pour les modèles en daim.

Si vous deviez n’en posséder qu’un, il vous faut absolument le modèle Alden en Cordovan bordeaux foncé (référence 563 dans le catalogue de la maison américaine). Clairement le plus iconique.
 
Sinon, il existe également en Cordovan noir, en veau noir, marron clair, marron foncé ou bordeaux et en daim marron clair et marron foncé (on le trouve en France, entre autres, chez Upper Shoes).
 
J.M. Weston en propose également une très belle version noire uniquement, avec plateau jointé que l’on aperçoit régulièrement aux pieds de Nicolas Sarkozy, malheureusement avec des talonnettes qui cassent un peu la pureté de sa ligne.

Chez Crockett & Jones, le Cavendish est proposé sur la forme 325 en veau (3 modèles) ou en daim (2 modèles) avec couture plateau comme le modèle de chez Alden. Il existe également des versions en Cordovan.
 
Chez Aubercy, le « tassel » se prénomme Dorian. Il est apparu dans les collections de la maison parisienne dans les années 60. Proposé sur la forme A49, il arbore une couture main sur son plateau, mais l’une des principales caractéristiques qui le rend d’ailleurs assez unique, ce sont ses pampilles en « A ».  
 
Pour Edward Green, le mocassin à pampilles Greenwich (sur forme 184) s’habille également de Cordovan avec plateau cousu. C’est le seul dans cette liste, qui arbore une double couture au niveau du talon.

Chez Church’s, on le retrouve sous la dénomination Keats 2. Ce mocassin à pampilles faites à la main est proposé sur la forme 93 avec plateau cousu. Il est disponible en poli noir sur semelle cousue Goodyear.
 
Chez le chausseur espagnol Carmina, le mocassin à glands est proposé en deux versions : la Forest qui offre un bout arrondi, un cou-de-pied standard et plus de place sur l’avant et la Uetam qui propose un cou-de-pied bas et plus étroit en largeur. Ces deux modèles sont disponibles en différentes couleurs et peausseries (y compris exotiques).
 
Enfin, un petit dernier au sein de cette liste non exhaustive : le modèle Cheltenham de chez Bowen qui existe en bordeaux, noir et en daim.


Montres-de-luxe.com | Publié le 21 Novembre 2020 | Lu 1413 fois


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