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IWC : 150 d'histoire et quatre grands patrons


Durant l’époque où elles y ont travaillé, quatre personnalités ont fortement marqué l’histoire de la manufacture de Schaffhausen au cours des cent cinquante dernières années : Florentine Ariosto Jones, Ernst Jakob Homberger, Günter Blümlein et Georges Kern.



Florentine Ariosto Jones

En 1868, l’horloger Florentine Ariosto Jones, alors âgé de 27 ans, quitte Boston pour la Suisse et fonde à Schaffhausen l’International Watch Company plus connu sous l’acronyme IWC. Auparavant, il avait découvert, au sein de la E. Howard Watch & Clock Company, les méthodes de fabrication modernes de l’industrie horlogère américaine.
 
Il souhaite désormais associer cette approche à l’habileté manuelle et à l’expérience des horlogers suisses afin de produire pour le marché américain des mouvements de montres de poche de grande qualité. Et en quantité. Il bâtit en un temps record une infrastructure de production destinée à produire plus de 10.000 mouvements par an, et ce, à une époque où la plupart des montres étaient encore réalisées par des horlogers travaillant de chez eux.
 
Les calibres Jones, pourvus de platines trois quarts, sont également le reflet de l’industrialisation. En effet, cette méthode de fabrication, très répandue aux États-Unis (notamment chez Hamilton), permet de simplifier la fabrication des petits éléments et d’en réduire le coût. Jones était incontestablement un visionnaire, mais se voyait également confronté à des défis tels que la croissance rapide de la production ainsi que la hausse des salaires et des droits de douane, et ne put atteindre tous les objectifs de rentabilité.
 
En décembre 1875, alors qu’il ne peut plus satisfaire les attentes de ses actionnaires, Jones se voit alors contraint de retourner aux États-Unis. En 1880, l’industriel schaffhousois Johannes Rauschenbach-Vogel reprend la manu facture. Le pionnier F. A. Jones fut le premier à transférer avec succès les techniques d’usinage américaines modernes en Suisse. Il ne reviendra plus jamais à l’horlogerie et meurt le 18 octobre 1916, près de Boston. Mais son héritage perdure aujourd’hui encore à Schaffhausen : deux ans avant son décès, 25.000 unités sont déjà produites chaque année.

​Ernst Jakob Homberger

À la mort de son prédécesseur Johannes Rauschenbach-Schenk en 1905, Ernst Jakob Homberger reprend les rênes d’IWC. Homberger est entré dans la famille en épousant la plus jeune fille de Rauschenbach.
 
Son beau-frère, le célèbre psychiatre Carl Gustav Jung, est alors encore actif -et actionnaire- dans l’entreprise. En 1929, Homberger rachète les parts de Jung et devient l’unique propriétaire de la manufacture. Grâce à Homberger, patron strict et rigoureux appliquant les méthodes de la vieille école, IWC traverse avec succès la dure crise économique des années 1930.
 
Inspiré par ses deux fils passionnés d’aviation, Hans Ernst et Rudolf, Homberger lance en 1936 la Montre Spéciale pour Aviateur ; il fournira l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale, c’est d’ailleurs pour cela que les Américains bombardèrent la manuf’. Il instaure ainsi la tradition des Montres d’Aviateur, encore vivante aujourd’hui à Schaffhausen. C’est également sous sa direction qu’est lancée la fabrication de la première Portugieser, en 1939.
 
Homberger fait aussi preuve de clairvoyance pour les questions opérationnelles lorsqu’en 1944, il engage Albert Pellaton au poste de directeur technique d’IWC : un expert en techniques et en processus de production. La première Ingenieur est présentée en 1955 sous sa direction. Une enveloppe en fer doux protège efficacement son mouvement des champs magnétiques et le remontage automatique Pellaton, particulièrement efficace, utilise pour la première fois les deux sens de rotation du rotor pour remonter le ressort-moteur. Ernst Jakob Homberger disparaît la même année. Son fils Hans Ernst reprend la direction d’IWC, dont il sera le dernier propriétaire privé.

​Günter Blümlein

L’arrivée sur le marché de montres à quartz japonaises bon marché plonge de larges pans de l’industrie horlogère suisse dans une profonde crise. En 1978, IWC est reprise par l’entreprise allemande VDO Adolf Schindling AG.
 
En recrutant Günter Blümlein, les nouveaux propriétaires se sont adjoint les services d’un ingénieur de formation qui maîtrise également parfaitement les questions commerciales. Il mise résolument sur l’héritage et la tradition de la manufacture et est à l’origine, chez IWC, de la renaissance de la mécanique haut de gamme.
 
Pendant cette période, Kurt Klaus met au point le célèbre calendrier perpétuel, utilisé pour la première fois en 1985 dans la famille des Da Vinci. En 1990, IWC atteint indiscutablement les sommets de la Haute Horlogerie en proposant la Grande Complication, qui comprend notamment la légendaire répétition minutes de Dominique Renaud et Giulio Papi.
 
En 1993, la « Il Destriero Scafusia » est éditée à l’occasion du 125e anniversaire d’IWC – c’est la montre la plus compliquée jamais construite à Schaffhausen. Blümlein accélère en outre la conception et le développement de mouvements de propre fabrication, tels que la famille de calibres 50000, dotée du remontage Pellaton et d’une réserve de marche de sept jours.
 
C’est également sous sa direction qu’IWC acquiert dans le domaine des matériaux une compétence encore aujourd’hui inégalée. En 1980, l’IWC Porsche Design Chronographe Titane est la première montre-bracelet au monde dotée d’un boîtier en titane. Elle est suivie, en 1986, par la Da Vinci Calendrier Perpétuel, la première montre pourvue d’un boîtier en céramique d’oxyde de zirconium noire.
 
En février 2000, IWC, Jaeger-LeCoultre et A. Lange & Söhne sont repris par Richemont. Günter Blümlein aurait pu jouer un rôle au sein du groupe, mais il meurt brutalement en 2001, à seulement 58 ans, emporté rapidement par une maladie grave…

​Georges Kern

IWC : 150 d'histoire et quatre grands patrons
Georges Kern rejoint Richemont en l’an 2000. En 2002, à seulement 36 ans, il prend la direction d’IWC et devient ainsi le plus jeune PDG du groupe. Au cours des années suivantes, il transforme IWC, qui n’était alors qu’une manufacture de niche surtout connue en Europe, en une marque de luxe internationale. Georges Kern resserre le portefeuille de produits et adopte un positionnement clair grâce aux six familles de montres que sont les Montres d’Aviateur, les Portugieser, les Portofino, les Ingenieur, les Aquatimer et les Da Vinci.
 
Georges Kern est incontestablement l’architecte de la transformation d’IWC d’un fabricant de montres en une marque de luxe moderne. Il comprend dès le début l’importance du « story telling » (voire même un peu trop parfois…) pour créer une atmosphère particulière. Par la création de contenus, il augmente l’attractivité d’IWC bien au-delà de la clientèle ciblée.
 
Il associe ainsi par exemple les Montres d’Aviateur à l’un des rêves de l’humanité : voler. Il est également l’instigateur de la collaboration qui unit IWC aux héritiers de l’écrivain français Antoine de Saint-Exupéry. Dotées de cadrans bleu nuit, les éditions spéciales dédiées au « Petit Prince », célèbre roman de Saint-Exupéry, atteignent rapidement le statut d’icônes.
 
Les partenariats noués avec la Laureus Sport for Good Foundation, la Fondation Charles Darwin, la Cousteau Society et différents grands festivals de cinéma développent eux aussi, cette approche de « story telling ». Le stand occupé par IWC au SIHH illustre de manière spectaculaire les différents univers des produits.
 
Georges Kern est également à l’origine des boutiques IWC et de l’élargissement du réseau de dépositaires – dont le concept est réalisé par Christoph Grainger-Herr, architecte d’intérieur et designer, qui prend la suite de Georges Kern en 2017 et devient alors le nouveau PDG d’IWC. Depuis l’année dernière, Georges Kern est parti prendre les rênes de Breitling, mais ceci est une autre histoire…

Montres-de-luxe.com | Publié le 5 Janvier 2018 | Lu 1561 fois



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