Gisbert, commençons avec un rapide retour sur l’origine de votre passion pour les montres.
Cette passion m’est venue en 1964 à l’âge de 17 ans. À l’époque, j’étais fasciné par les chronographes. J’ai utilisé l’argent qu’on m’avait offert à Noël pour acheter une première montre Heuer Carrera.
C’est ainsi que tout a commencé. L’année suivante, j’ai acquis une Jaeger-LeCoultre Memovox avec fonction alarme. À partir de là, ma passion pour les garde-temps mécaniques n’a cessé de grandir.
Quand avez-vous découvert Oris ?
C’était en 1977, si je me souviens bien. Lors d’un marché aux puces à Münchner Freiheit, j’ai découvert deux chronomètres Oris, à la fois rares et singuliers, équipés de mouvements à remontage manuel.
J’ai été surpris et fasciné de constater qu’Oris avait réussi les exigeants tests de chronométrie avec des calibres à échappement à chevilles relativement simples. Même si ce type de mouvement ne m’attirait pas particulièrement à l’époque, j’ai décidé d’acquérir ces deux montres.
Après une révision complète, elles se sont révélées parfaitement fiables.
Cette passion m’est venue en 1964 à l’âge de 17 ans. À l’époque, j’étais fasciné par les chronographes. J’ai utilisé l’argent qu’on m’avait offert à Noël pour acheter une première montre Heuer Carrera.
C’est ainsi que tout a commencé. L’année suivante, j’ai acquis une Jaeger-LeCoultre Memovox avec fonction alarme. À partir de là, ma passion pour les garde-temps mécaniques n’a cessé de grandir.
Quand avez-vous découvert Oris ?
C’était en 1977, si je me souviens bien. Lors d’un marché aux puces à Münchner Freiheit, j’ai découvert deux chronomètres Oris, à la fois rares et singuliers, équipés de mouvements à remontage manuel.
J’ai été surpris et fasciné de constater qu’Oris avait réussi les exigeants tests de chronométrie avec des calibres à échappement à chevilles relativement simples. Même si ce type de mouvement ne m’attirait pas particulièrement à l’époque, j’ai décidé d’acquérir ces deux montres.
Après une révision complète, elles se sont révélées parfaitement fiables.
Vous avez récemment consacré un ouvrage à Oris. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette maison au cours de vos recherches ?
Je m’intéresse à l’histoire de l’horlogerie suisse depuis de nombreuses années.
Mes recherches sur les différentes périodes, les réussites comme les moments plus difficiles, ainsi que sur les parcours de marques et de personnalités engagées, combinées à ma collection de montres mécaniques, m’ont conduit à publier plusieurs ouvrages depuis 1983.
Oris a toujours occupé une place particulière pour moi. La marque s’est distinguée par des réalisations solides dans le domaine des échappements à ancre et comptait parmi les fabricants suisses les plus importants en volume.
Elle se caractérise aussi par une vraie capacité de résilience, traversant les crises sans jamais perdre son cap.
Cela s’est notamment vérifié dans les années 1980, lorsque le Dr Rolf Portmann et Ulrich W. Herzog ont repris Oris, alors fragilisée par la crise du quartz, dans le cadre d’un rachat de l’entreprise par les cadres, amorçant une relance remarquable.
Le slogan « It’s High Mech » ainsi que le rotor rouge ont d’ailleurs été déterminants dans mon choix d’acquérir ma première Oris moderne.
Je m’intéresse à l’histoire de l’horlogerie suisse depuis de nombreuses années.
Mes recherches sur les différentes périodes, les réussites comme les moments plus difficiles, ainsi que sur les parcours de marques et de personnalités engagées, combinées à ma collection de montres mécaniques, m’ont conduit à publier plusieurs ouvrages depuis 1983.
Oris a toujours occupé une place particulière pour moi. La marque s’est distinguée par des réalisations solides dans le domaine des échappements à ancre et comptait parmi les fabricants suisses les plus importants en volume.
Elle se caractérise aussi par une vraie capacité de résilience, traversant les crises sans jamais perdre son cap.
Cela s’est notamment vérifié dans les années 1980, lorsque le Dr Rolf Portmann et Ulrich W. Herzog ont repris Oris, alors fragilisée par la crise du quartz, dans le cadre d’un rachat de l’entreprise par les cadres, amorçant une relance remarquable.
Le slogan « It’s High Mech » ainsi que le rotor rouge ont d’ailleurs été déterminants dans mon choix d’acquérir ma première Oris moderne.
L’un des moments clés de l’histoire d’Oris fut l’abrogation du Statut horloger suisse en 1965. Mais qu’était exactement ce statut ?
Je vais essayer d’être bref ! Le krach boursier de New York et la crise économique mondiale qui a suivi ont eu un impact très négatif sur l’industrie horlogère suisse.
La concurrence était alors extrêmement vive, poussant les fabricants à se battre avec des méthodes parfois très sévères, incluant une concurrence déloyale et un dumping massif des prix.
Pour y remédier, une loi visant à protéger et réguler le marché horloger est entrée en vigueur le 15 mars 1934.
Elle imposait des exigences strictes en matière de licences pour l’exportation de pièces horlogères, ainsi que pour la création, l’expansion ou la restructuration des entreprises, et visait à limiter l’exportation des mouvements suisses sous forme de modèles.
Oris n’avait pourtant commis aucune erreur, mais la marque fut particulièrement affectée par ces règles. Pour pouvoir proposer des montres à la fois fiables et abordables, Oris s’était dès ses débuts spécialisée dans l’échappement à chevilles mentionné précédemment.
Cette décision stratégique, prise tôt, ne pouvait pas être remise en cause pendant des décennies, en raison des restrictions légales et de la pression d’un puissant lobby de fabricants de mouvements suisses à échappement à ancre classique.
C’est ainsi que la concurrence jugée « indésirable » était écartée. Pendant plus de trente ans, Oris fut donc contraint de produire exclusivement des montres équipées d’échappements à chevilles.
Je vais essayer d’être bref ! Le krach boursier de New York et la crise économique mondiale qui a suivi ont eu un impact très négatif sur l’industrie horlogère suisse.
La concurrence était alors extrêmement vive, poussant les fabricants à se battre avec des méthodes parfois très sévères, incluant une concurrence déloyale et un dumping massif des prix.
Pour y remédier, une loi visant à protéger et réguler le marché horloger est entrée en vigueur le 15 mars 1934.
Elle imposait des exigences strictes en matière de licences pour l’exportation de pièces horlogères, ainsi que pour la création, l’expansion ou la restructuration des entreprises, et visait à limiter l’exportation des mouvements suisses sous forme de modèles.
Oris n’avait pourtant commis aucune erreur, mais la marque fut particulièrement affectée par ces règles. Pour pouvoir proposer des montres à la fois fiables et abordables, Oris s’était dès ses débuts spécialisée dans l’échappement à chevilles mentionné précédemment.
Cette décision stratégique, prise tôt, ne pouvait pas être remise en cause pendant des décennies, en raison des restrictions légales et de la pression d’un puissant lobby de fabricants de mouvements suisses à échappement à ancre classique.
C’est ainsi que la concurrence jugée « indésirable » était écartée. Pendant plus de trente ans, Oris fut donc contraint de produire exclusivement des montres équipées d’échappements à chevilles.
Et quelles en furent les conséquences pour Oris ?
Dans les années 1950, les mouvements à échappement à chevilles ne séduisaient plus les amateurs de montres les plus exigeants, d’autant plus que certains fabricants n’hésitaient pas à vanter dans leurs publicités la supériorité de leurs échappements classiques, reléguant cette technologie simple mais extrêmement fiable au rang d’“inférieure”.
Pour Oris, le Statut rendait l’ascension vers les rangs supérieurs de l’horlogerie pratiquement impossible.
Combien de temps a-t-il fallu pour abroger la loi et quels obstacles Oris a-t-il dû surmonter ? Cela a semblé incroyablement long. Le maintien du Statut horloger, jugé contraignant, était justifié par la protection de l’emploi : la liberté économique illimitée était mise en balance avec un système réglementé garantissant des conditions de travail acceptables.
Pourtant, les objectifs socio-politiques jouaient un rôle secondaire. L’essentiel était de contrôler la production et les exportations de l’industrie horlogère suisse.
L’exportation de montres finies, de mouvements complets et de boîtiers ne nécessitait pas de licence, tandis que les mouvements bruts, modèles, composants ainsi que les outils et machines spéciales restaient soumis à autorisation. Oris continuait donc de subir ces contraintes.
En 1956, Oscar Herzog, alors directeur général d’Oris, sans lien de parenté avec Ulrich W. Herzog, engagea le Dr Rolf Portmann. La mission principale de ce juriste était de faire pression pour l’abolition du Statut horloger.
Et Dr Portmann fit un travail minutieux. La première levée partielle des restrictions fut perceptible en 1961, avec le lancement par Oris du premier calibre à ancre en pierre, désigné 482 Super. L’objectif final, l’abrogation complète du Statut, fut atteint en 1966.
Quelle a été l’influence de Dr Portmann dans l’abrogation du Statut ?
Je dirais sans hésiter que sans l’insistance et le combat infatigables du Dr Portmann, le malheureux Statut horloger serait resté en vigueur bien plus longtemps.
Il ne faut pas oublier qu’en 1969 débutait la révolution du quartz dans les montres-bracelets, déclenchant une crise sans précédent dans l’industrie horlogère. Sans l’action déterminante de Dr Portmann, le Statut aurait probablement perduré.
Quel a été l’impact sur Oris ?
Tout d’abord, la crise du quartz frappa Oris de plein fouet. En 1971, la famille fondatrice vendit la manufacture à la General Watch Company, filiale de l’ASUAG, pour 30 millions de francs suisses. Oris devint ainsi une société sœur de marques établies telles que Certina, Eterna, Longines, Mido et Rado.
Dans son rôle de directeur général, le Dr Portmann développa Oris pour en faire une marque suisse leader sur les montres à quartz des segments bas et moyen. La production annuelle atteignait alors 1,2 million de montres-bracelets et de réveils.
Cependant, cela ne suffisait pas à arrêter le cours du temps. La concurrence intense conduisit à ce qu’à l’automne 1982, Oris Watch Co. AG se battait pour sa survie.
Mais, à compter du 1er avril 1982, le Dr Rolf Portmann et Ulrich W. Herzog, alors directeur marketing, avaient déjà sécurisé les droits de la marque Oris ainsi que l’organisation commerciale.
Détachée de l’ASUAG, qui, comme on le sait, fusionnera plus tard avec le SIHH pour former la SMH, la société put alors adopter un nouveau concept d’entreprise, adapté aux évolutions du marché, et projeter Oris vers l’avenir.
Quelle a été l’importance de l’abrogation du Statut dans la formation de l’industrie horlogère suisse telle que nous la connaissons aujourd’hui ?
Rien de mieux n’aurait pu arriver pour l’industrie horlogère suisse et internationale. Le marché, en pleine mutation, attendait avec impatience la nouvelle Oris et son concept : proposer des montres-bracelets de haute qualité, précises et accessibles.
Un autre pilier essentiel reste l’indépendance de la marque, à une époque où les grandes corporations prenaient de plus en plus d’importance.
Le courage entrepreneurial et la volonté de prendre des risques ont permis de créer un acteur dont l’absence se ferait assurément sentir.
L’année suivant l’abrogation du Statut, Oris lança l’Oris Star. Qu’est-ce qui rendait cette montre si particulière et quel est son héritage ?
À mon avis, il s’agissait de véritables nouvelles étoiles dans le firmament horloger, après la fin du Statut grâce à l’action du Dr Portmann. Aujourd’hui, il s’agit de pièces de collection qui attirent toujours davantage de passionnés d’Oris à travers le monde.
Que ressentez-vous en découvrant la nouvelle Oris Star Edition ?
Une perfection rétro. La nouvelle Star rappelle un chapitre révolutionnaire de l’histoire d’Oris. Elle fait renaître un design emblématique et évoque, à sa manière, une époque fascinante.
Les amateurs de montres sensibles aux valeurs horlogères et à la tradition se réjouiront. Une pièce marquante de l’histoire horlogère, proposée à un prix attractif. Que demander de plus ?
Dans les années 1950, les mouvements à échappement à chevilles ne séduisaient plus les amateurs de montres les plus exigeants, d’autant plus que certains fabricants n’hésitaient pas à vanter dans leurs publicités la supériorité de leurs échappements classiques, reléguant cette technologie simple mais extrêmement fiable au rang d’“inférieure”.
Pour Oris, le Statut rendait l’ascension vers les rangs supérieurs de l’horlogerie pratiquement impossible.
Combien de temps a-t-il fallu pour abroger la loi et quels obstacles Oris a-t-il dû surmonter ? Cela a semblé incroyablement long. Le maintien du Statut horloger, jugé contraignant, était justifié par la protection de l’emploi : la liberté économique illimitée était mise en balance avec un système réglementé garantissant des conditions de travail acceptables.
Pourtant, les objectifs socio-politiques jouaient un rôle secondaire. L’essentiel était de contrôler la production et les exportations de l’industrie horlogère suisse.
L’exportation de montres finies, de mouvements complets et de boîtiers ne nécessitait pas de licence, tandis que les mouvements bruts, modèles, composants ainsi que les outils et machines spéciales restaient soumis à autorisation. Oris continuait donc de subir ces contraintes.
En 1956, Oscar Herzog, alors directeur général d’Oris, sans lien de parenté avec Ulrich W. Herzog, engagea le Dr Rolf Portmann. La mission principale de ce juriste était de faire pression pour l’abolition du Statut horloger.
Et Dr Portmann fit un travail minutieux. La première levée partielle des restrictions fut perceptible en 1961, avec le lancement par Oris du premier calibre à ancre en pierre, désigné 482 Super. L’objectif final, l’abrogation complète du Statut, fut atteint en 1966.
Quelle a été l’influence de Dr Portmann dans l’abrogation du Statut ?
Je dirais sans hésiter que sans l’insistance et le combat infatigables du Dr Portmann, le malheureux Statut horloger serait resté en vigueur bien plus longtemps.
Il ne faut pas oublier qu’en 1969 débutait la révolution du quartz dans les montres-bracelets, déclenchant une crise sans précédent dans l’industrie horlogère. Sans l’action déterminante de Dr Portmann, le Statut aurait probablement perduré.
Quel a été l’impact sur Oris ?
Tout d’abord, la crise du quartz frappa Oris de plein fouet. En 1971, la famille fondatrice vendit la manufacture à la General Watch Company, filiale de l’ASUAG, pour 30 millions de francs suisses. Oris devint ainsi une société sœur de marques établies telles que Certina, Eterna, Longines, Mido et Rado.
Dans son rôle de directeur général, le Dr Portmann développa Oris pour en faire une marque suisse leader sur les montres à quartz des segments bas et moyen. La production annuelle atteignait alors 1,2 million de montres-bracelets et de réveils.
Cependant, cela ne suffisait pas à arrêter le cours du temps. La concurrence intense conduisit à ce qu’à l’automne 1982, Oris Watch Co. AG se battait pour sa survie.
Mais, à compter du 1er avril 1982, le Dr Rolf Portmann et Ulrich W. Herzog, alors directeur marketing, avaient déjà sécurisé les droits de la marque Oris ainsi que l’organisation commerciale.
Détachée de l’ASUAG, qui, comme on le sait, fusionnera plus tard avec le SIHH pour former la SMH, la société put alors adopter un nouveau concept d’entreprise, adapté aux évolutions du marché, et projeter Oris vers l’avenir.
Quelle a été l’importance de l’abrogation du Statut dans la formation de l’industrie horlogère suisse telle que nous la connaissons aujourd’hui ?
Rien de mieux n’aurait pu arriver pour l’industrie horlogère suisse et internationale. Le marché, en pleine mutation, attendait avec impatience la nouvelle Oris et son concept : proposer des montres-bracelets de haute qualité, précises et accessibles.
Un autre pilier essentiel reste l’indépendance de la marque, à une époque où les grandes corporations prenaient de plus en plus d’importance.
Le courage entrepreneurial et la volonté de prendre des risques ont permis de créer un acteur dont l’absence se ferait assurément sentir.
L’année suivant l’abrogation du Statut, Oris lança l’Oris Star. Qu’est-ce qui rendait cette montre si particulière et quel est son héritage ?
À mon avis, il s’agissait de véritables nouvelles étoiles dans le firmament horloger, après la fin du Statut grâce à l’action du Dr Portmann. Aujourd’hui, il s’agit de pièces de collection qui attirent toujours davantage de passionnés d’Oris à travers le monde.
Que ressentez-vous en découvrant la nouvelle Oris Star Edition ?
Une perfection rétro. La nouvelle Star rappelle un chapitre révolutionnaire de l’histoire d’Oris. Elle fait renaître un design emblématique et évoque, à sa manière, une époque fascinante.
Les amateurs de montres sensibles aux valeurs horlogères et à la tradition se réjouiront. Une pièce marquante de l’histoire horlogère, proposée à un prix attractif. Que demander de plus ?










