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L'Omega Speedmaster et la conquête spatiale


À l’occasion de l’anniversaire du tout premier alunissage, Buzz Aldrin s’est joint à Omega pour réfléchir à ces quelques heures, et à la montre, qui ont tant marqué l’histoire ce 21 juillet 1969. Rappelons que l’astronaute américaine était le pilote du module lunaire Apollo 11 lorsqu’il a touché la mer de la Tranquillité il y a 53 ans. Ses premiers pas furent une avancée phénoménale pour l’Humanité, mais aussi pour la Speedmaster qui allait dès lors, devenir la fameuse « Moonwatch ».


Véritable objet de fascination, la Speedmaster est devenue l'une des plus célèbres montres au monde. Depuis le 21 juillet 1969, elle est et restera associée pour toujours, aux plus grandes aventures humaines dans l'espace. Même si, rappelons-le, elle n’est pas la seule à avoir foulé le sol lunaire (cf. la Bulova de Dave Scott qui alunira deux ans plus tard, en 1971), elle est assurément la plus emblématique.
 
Petit retour en arrière : en 1957, la Speedmaste r a changé à jamais le visage des chronographes-bracelets. Lancé à l'origine dans la ligne Seamaster, ce chronographe affichait une échelle tachymétrique directement sur la lunette, une première mondiale à l’époque.
 
L'association de la Speedmaster à l'exploration spatiale date de 1962, lorsque des astronautes de la NASA, Walter « Wally » Schirra et Leroy Gordon « Gordo » Cooper, firent l'acquisition de leur première montre de vol : la Speedmaster deuxième génération, référence CK2998.
 
Les astronautes utilisèrent ensuite leurs propres chronographes dans le cadre des missions spatiales du programme Mercury. A ce titre, la toute première Speedmaster à partir en mission spatiale fut la CK2998 de Schirra, lors de la mission Mercury-Atlas 8 (Sigma 7).
 
Deux ans et demi plus tard, vers la fin du programme Mercury, les astronautes contactèrent le directeur des opérations, Deke Slayton, pour lui demander de créer une montre destinée aux entraînements et, à terme, aux missions spatiales.
 
Or, la NASA venait de décider de réévaluer et de repenser tous les équipements utilisés pour le programme Mercury dans l'optique des programmes Gemini et Apollo. Leur demande tombait donc à point nommé.
 
En septembre 1964, Slayton fit passer une circulaire interne insistant sur la nécessité de « disposer de chronographes particulièrement précis et résistants dans le cadre des missions Gemini et Apollo ». La note atterrit sur le bureau de l'ingénieur James Ragan, qui envoya alors une « demande de devis » pour des chronographes-bracelets et une fiche avec les spécifications requises à plusieurs fabricants.
 
De toutes les marques contactées, seules quatre répondirent. James Ragan demanda à chacune d'entre elles de fournir trois montres. L'exemplaire de la demande adressée à Omega fut reçu par sa filiale de New York, qui proposa et livra trois Speedmaster de référence ST105.003.
 
Le programme de tests avait été mis au point dans le but de pousser les montres jusqu'à leur destruction. Les montres furent soumises à des températures de 71° C à 93 ° C pendant deux jours, puis congelées à -18° C.
 
Elles furent également placées dans une chambre à vide chauffée à 93° C, puis soumises à un test consistant à les chauffer à 70° C pour immédiatement les refroidir à -18 ° C, non pas une fois, mais quinze fois de suite ! Pour la phase suivante, les montres furent exposées à une force de 40 G dans six directions différentes ainsi qu'à des hautes et basses pressions.
 
Leur fonctionnement et leur capacité de marche ont également été testés dans une atmosphère contenant 93% d'humidité et dans un environnement extrêmement corrosif composé à 100% d'oxygène.
 
Les montres ont dû supporter des niveaux sonores allant jusqu'à 130 décibels. Enfin, elles furent secouées avec des accélérations moyennes de 8,8 G. Une seule montre en est sortie indemne : la Speedmaster.
 
Pour avoir survécu à cette batterie de tests, la Speedmaster fut déclarée « homologuée pour toutes les missions spatiales habitées » en mars 1965. Trois mois plus tard, la Speedmaster effectua son premier voyage dans l'espace au poignet de Virgil « Gus » Grissom et John Young lors de la mission Gemini 3.
 
Si le premier chrono en apesanteur fut une Breitling Navitimer en 1962 au poignet de Scott Carpenter, le 3 juin 1965, Edward H. White porta sa Speedmaster lors de la toute première sortie extra-véhiculaire de l'histoire réalisée par un américain au cours de la mission Gemini IV.
 
Quatre ans plus tard, la NASA se préparait pour un nouvel objectif : le premier alunissage. L'équipage avait été soigneusement sélectionné, et Neil Armstrong fut choisi pour être le premier homme à marcher sur la Lune.
 
La NASA avait adopté les versions les plus récentes de la Speedmaster, à savoir la ST105.012 et la ST145.012, pour le programme Apollo, mais elle possédait encore en stock plusieurs modèles ST105.003 datant de la première commande, qui continuèrent d'équiper régulièrement les astronautes.
 
Le 21 juillet 1969 à 2h56 GMT, Neil Armstrong sortit de la capsule Eagle pour devenir le premier homme à fouler le sol d'un autre monde. Buzz Aldrin fit de même quinze minutes plus tard, et la Speedmaster devint alors la première montre portée sur la Lune. En fait, Armstrong avait dû laisser sa Speed’ à bord en raison d'une panne de l'ordinateur embarqué...
 
Après 45 ans et d'innombrables autres missions, la Speedmaster reste homologuée pour le vol et affiche un palmarès incomparable. D'ailleurs, aucune autre pièce d'équipement, et encore moins une montre, ne peut se targuer d'avoir été utilisée dans les programmes Mercury, Gemini, Apollo, Skylab, Soyuz, Salyut et Space Shuttle, ainsi que dans la station russe MIR et la Station Spatiale Internationale.
 
Même si la Speedmaster n’est pas la seule « montre de l'espace », elle est et restera celle qui est associée à jamais à la conquête spatiale. Incontestablement.  
 

Montres-de-luxe.com | Publié le 18 Juillet 2022 | Lu 16447 fois