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L'art de l'heure sautante chez Audemars Piguet


Par | Publié le 05/02/2026 à 02:00 | mis à jour le 05/02/2026 à 04:42

Alors que la manufacture du Brassus vient de dévoiler une nouvelle collection avec son nouveau modèle Neo Frame Heure Sautante (heure sautante et minutes trainantes) rappelons que cette complication est un grand classique d’Audemars Piguet depuis les années 30.



L'heure sautante : une complication qui remonte au 17ème siècle

L’heure sautante a révolutionné l’affichage du temps en remplaçant les aiguilles traditionnelles par des chiffres qui sautent toutes les 60 minutes.

Ce système d’affichage apparaît à la moitié du 17ème siècle, vers 1650 dans les horloges de nuit, avant d’être adapté au 18e siècle aux montres de poches afin de faciliter la lecture de l’heure.
 
Dans un premier temps, l’heure sautante est associée à un second cadran dans lequel évolue une aiguille des heures. À partir de 1890, l’indication des minutes apparait elle aussi sur un disque défilant à travers un second guichet. 
 
Avec la généralisation des montres-bracelets dans l’entre-deux-guerres, l’heure sautante connaît son essor, notamment parce que son affichage est jugé contemporain, mais également pour une raison pratique : le cadran plein à deux guichets permet de protéger la montre dont la glace est à l’époque minérale et très fragile.

Heures sautantes : une complication dans les années 30 et un regain dans les années 60

Les montres à heure sautante allient donc forme et fonction ; un duo idéal en design et en horlogerie. On en trouve chez Mido, chez Cartier, chez Laco, chez Movado, chez Doxa, etc. Liste non exhaustive bien évidemment, tant les marques en produisirent à l’époque.  
 
Audemars Piguet joua un rôle de pionnier dans l’introduction des montres-bracelets à heure sautante. Entre 1924 et 1951, la marque vendit 347 garde-temps dotés de cette complication d’affichage, dont 135 à double guichets.
 
De forme carrée, le premier exemplaire de la manufacture (n° 27826) était doté d’un guichet et d’une aiguille des minutes, équipé du Calibre 10HPVM.

En tout, 14 montres à heure sautante furent livrées en 1924, de formes carrée ou rectangulaire et animées par les Calibres 10HPVM ou 10GHSM.
 
Ce dernier équipera d’ailleurs, la majorité des 212 montres combinant guichet des heures et aiguille des minutes produites jusqu’en 1951. 

Audemars Piguet, grand spécialiste de l'heure sautante

Avec leur cadran plein, les montres-bracelets à double guichets constituent pour AP un territoire propice à la recherche esthétique. Outre les boîtes carrées et rectangulaires, la marque crée des modèles de forme coussin, à cornes amovibles ou cachées, gravés ou encore à triple guichets. 
 
Le pré-modèle 1271 commercialisé en 1929 et 1930 fait partie des premiers de la marque à proposer un affichage à double guichets. Il est produit en 14 exemplaires déclinés en quatre variantes : or gris, bicolore or gris et jaune, bicolore or gris et vert ainsi qu’un exemplaire unique en platine.
 
Presque tous les exemplaires seront vendus avant le krach boursier d’octobre 1929, mettant un terme aux Années folles.

Exposé dans le Musée Atelier Audemars Piguet, le modèle qui sert d’inspiration à cette Neo Frame Heure Sautante est l’unique exemplaire en platine, vendu au fils d’un célèbre fabricant de chaussures pour les stars de Broadway.  
 
Disparues à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, les montres-bracelets à heure sautante connaissent une renaissance dans les années 1960 et 1970 avec les expérimentations design du Space Age. Mais c’est surtout à l’aube des années 1990 que cette complication retrouve une certaine gloire (notamment chez Gerald Genta).
 
Dès 1992, Audemars Piguet la combine à la répétition minutes, ce que la marque continue à faire systématiquement durant deux décennies.
 
Aujourd’hui avec ce nouveau modèle qui rend un hommage contemporain au design des années 30, Audemars Piguet perpétue la tradition horlogère tout en l’abordant sous l’angle de l’innovation technique et ergonomique.