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La Roadster de Cartier : une sportive singulière dans l'histoire de la maison parisienne


Par | Publié le 09/03/2026 à 02:00 | mis à jour le 09/03/2026 à 03:01

On le sait, ces dernières années (notamment sous l’impulsion de Cyril Vigneron, son ancien PDG), la maison Cartier a relancé de nombreuses montres qui firent son succès dans les années 60/70/80… La Santos, la Panthère, la Pasha, la Tank Française, etc. ont ainsi réapparu au catalogue du joaillier parisien. En cette année 2026, alors que la Roadster fête son quart de siècle, certains professionnels de l’horlogerie l’imaginent revenir sur le devant de la scène…



Roadster : une inspiration automobile assumée

Lancée en 2001 par Cartier, la Roadster occupe une place particulière dans l’histoire contemporaine de la manufacture parisienne.
 
Inspirée par l’univers automobile et caractérisée par un design immédiatement reconnaissable, elle marqua la volonté de la maison d’explorer un registre plus sportif tout en conservant les codes esthétiques qui ont fait sa réputation.
 
Le nom « Roadster » lui-même, renvoie directement et bien évidemment, aux voitures de sport décapotables des années 1950 et 1960.
 
C’est pour cela que le design de la montre évoque cet univers mécanique : des lignes tendues, des surfaces bombées et des éléments rappelant certains instruments automobiles.

Un design fort, voire même peut-être trop fort pour l’époque

Le boîtier adoptait une forme tonneau très galbée, combinée à une lunette assez épaisse et arrondie qui accentuait l’impression de robustesse.
 
La montre conservait néanmoins les signatures stylistiques propres à Cartier : des chiffres romains allongés, une chemin de fer minuterie et la fameuse couronne ornée d’un "cabochon" (en acier et non en pierre) ici largement accentuée et proéminente.
 
L’un des détails les plus distinctifs de la Roadster était sa loupe de date fuselée et intégrée au verre saphir à 3 heures, un choix relativement rare dans les collections Cartier. N'oublions pas également, les quatre vis situées au quatre points cardinaux de la boite.

​Un design pensé pour la modularité avec ses bracelets interchangeables

La Roadster se distinguait également par l’ergonomie de son bracelet.

En effet, à l’époque, la maison Cartier introduisit un système de changement rapide (avec des inserts en titane), permettant de remplacer facilement le bracelet métallique "trois maillons" par un bracelet en cuir avec sur-coutures (façon sièges de bolide) sans outil.
 
Ce dispositif, aujourd’hui répandu dans l’industrie horlogère, était totalement innovant au début des années 2000. Cartier fut donc largement en avance sur son temps et précurseur en proposant déjà, il y a une vingtaine d’années, ce type d’agencement !

Si vous achetez un modèle d'occasion, vérifiez-bien qu'il soit livré avec les deux bracelets, sinon sachez que la décote est importante. 

Les matériaux et les déclinaisons de la Roadster

La montre était proposée dans différentes tailles, la version masculine la plus répandue se situant autour de 39 mm, un diamètre considéré comme relativement généreux à l’époque pour une montre Cartier.
 
Au cours de sa production, la Roadster (étanche à 100 mètres) fut proposée dans plusieurs configurations : en acier bien évidemment, en or et acier (bicolore), en or jaune ou plus rarement en or rose avec certaines versions plus féminines qui étaient serties de diamants.
 
La collection comprenait également plusieurs complications : le modèles trois aiguilles avec date (très largement le plus courant et le plus connu), un chronographe tricompax en "v" et une version GMT (nettement plus rare) destinée aux voyageurs.
 
Les mouvements variaient selon les références : certains modèles étant équipés de mouvements automatiques mécaniques, tandis que d’autres utilisent des calibres à quartz, une pratique courante chez Cartier pour certaines lignes.

Une production relativement brève

La Cartier Roadster resta au catalogue pendant environ une décennie avant d’être retirée de la production autour de 2011-2012. Une durée relativement courte ce qui n’empêche pas ce modèle de se trouver facilement sur le marché de l’occasion.
 
On la remarquera au poignet de Michael C. Hall dans la saison 4 de Six feet under, au poignet de Kevin Dillon dans la série Entourage ou encore, au poignet de Dennis Quaid dans Goliath en 2015.

Aujourd’hui, la Roadster reste relativement « mal-aimée » voire totalement incomprise parmi les amateurs de la marque (ce qui fait parfois le succès de certains modèles des décennies plus tard).

Son design atypique, fort et très viril, combiné à sa période de production limitée, lui confère une identité assez unique dans l’univers Cartier (qui proposa aussi des stylos et un parfum Roadster à la même période dont le bouchon évoquait la couronne de la montre).
 
Avec la Roadster, Cartier proposait une interprétation osée et singulière de la montre sportive : une pièce à la fois dynamique et élégante, fidèle à l’ADN esthétique de la maison tout en s’inspirant d’un imaginaire mécanique rarement exploré dans ses collections.
 
Plus de vingt ans après son lancement, la Roadster demeure ainsi un chapitre particulier dans l’histoire horlogère de Cartier. Va-t-elle faire son grand retour cette année ? Nous le saurons le 14 avril prochain à Genève…

Jean-Philippe Tarot






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