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La cravate Hermès, une autre façon de porter la soie


Par | Publié le 21/08/2026 à 03:00 | mis à jour le 18/08/2026 à 11:21

Apparue chez Hermès au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la cravate en soie s’est progressivement imposée comme l’un des grands classiques du vestiaire masculin. Et l’un des grands classiques de chez Hermès ! Motifs, couleurs, qualité de la soie, construction et savoir-faire : retour sur une pièce qui, chez Hermès, dépasse largement le simple accessoire de costume.


Hermès et les cravates : une histoire qui commence dans les années 1940

Lorsque Hermès commence à développer son activité de cravaterie au milieu des années 1940, la maison dispose déjà d’un savoir-faire ancien dans le travail des matières et notamment dans celui de la soie.
 
Le carré Hermès, lancé pour sa part en 1937, a rapidement démontré la capacité de la maison à transformer un morceau de soie en véritable support graphique.
 
La cravate va reprendre cette philosophie, mais dans un format beaucoup plus masculin et directement intégré au vestiaire quotidien.
 
À l'origine, la cravate est avant tout un accessoire fonctionnel : elle accompagne le costume, structure la silhouette et apporte une touche de couleur.
 
Chez Hermès, elle devient progressivement un véritable terrain d'expression. La maison va notamment exploiter l'univers graphique qui a fait le succès de ses carrés : motifs équestres, animaux, objets, géométrie, scènes imaginaires ou références à l'histoire de la maison.
 
La cravate n'est donc plus simplement choisie pour sa couleur. Elle se choisit aussi pour son dessin.

​Le lien naturel avec le carré Hermès

Il existe une parenté évidente entre le carré et la cravate Hermès. Dans les deux cas, la soie devient une surface graphique sur laquelle peuvent s'exprimer les dessinateurs de la maison.
 
Mais, bien évidemment, le format impose une autre approche.
 
Sur un carré, le dessin bénéficie d'une grande surface et peut être regardé comme une véritable composition. Sur une cravate, le motif doit fonctionner dans la verticalité et rester lisible une fois le tissu noué.
 
Une partie du dessin disparaît dans le nœud, une autre se retrouve sur le pan avant : la conception d'une cravate implique donc de penser le motif en fonction de son futur usage. C'est l'une des particularités intéressantes de la cravate Hermès : elle n'est pas simplement un carré Hermès réduit.
 
D’ailleurs, un petit conseil avant d’acheter une cravate, il convient de toujours l’essayer « nouée » pour se rendre compte du résultat final.

​La soie comme signature

La matière constitue évidemment une part essentielle de son identité.
 
La maison utilise principalement de la soie, matière particulièrement adaptée à la cravate en raison de son toucher, de sa tenue et de sa capacité à restituer les couleurs. Le choix de la soie permet également d'obtenir cette surface légèrement lumineuse qui participe à l'élégance de la pièce sans tomber dans l'ostentation.
 
La qualité d'une cravate ne se résume toutefois pas à la matière première. Son tombé, son épaisseur, la façon dont elle se noue et la régularité de sa construction participent tout autant à son apparence.
 
C'est précisément là que la cravate Hermès rejoint la tradition du grand accessoire masculin : elle doit être belle portée, mais également bien se comporter autour du cou.

​Des motifs qui ont construit une identité

Ce qui rend les cravates Hermès particulièrement reconnaissables est probablement leur univers graphique.
 
La maison a toujours puisé dans son histoire et dans ses thèmes de prédilection : le cheval et l'équitation, évidemment, mais aussi la faune, les voyages, les objets, les archives de la maison ou encore des compositions plus abstraites.
 
Certains dessins sont immédiatement associés à l'univers Hermès sans qu'un logo soit nécessaire.
 
C'est une caractéristique importante de la maison : l'identité passe souvent par le dessin, la couleur et la composition plutôt que par une démonstration ostentatoire de la marque.
 
Une cravate Hermès peut ainsi être très expressive (parfois même teintée d'une petite dose d'humour, cf. photo ci-dessus) tout en restant parfaitement compatible avec un costume classique.

​Une question de proportions

Comme pour beaucoup d'accessoires masculins, la largeur joue un rôle essentiel.
 
Une cravate trop étroite peut rapidement donner une allure trop filiforme ; trop large, elle peut sembler appartenir à une autre époque. Hermès a, au fil des collections, proposé différentes largeurs et différents styles afin de s'adapter à l'évolution du vestiaire masculin. On aime les 8 cm.
 
Mais au-delà de la mesure exacte, c'est l'équilibre entre la cravate, le col de chemise et les revers de la veste qui compte.
 
Le même modèle peut d'ailleurs produire des effets très différents selon le costume, la chemise et surtout le nœud choisi.

​Le nœud fait partie du style

Une belle cravate ne fait pas tout. La manière de la nouer reste déterminante.
 
Le quatre-en-main, le demi-Windsor ou le Windsor ne donnent ni le même volume ni la même silhouette. Avec une cravate en soie particulièrement souple, le nœud peut également prendre une apparence différente selon la construction de la pièce.
 
Chez Hermès, cette dimension est particulièrement intéressante puisque certains motifs sont conçus pour apparaître différemment selon la manière dont la cravate est portée.
 
Le nœud devient alors presque une partie du dessin.

​Une pièce de luxe qui reste un accessoire masculin

La réussite de la cravate Hermès tient aussi à cette contradiction apparente : elle appartient au luxe, mais reste un accessoire parfaitement quotidien (et qui reste « accessible » au sein du catalogue de la maison parisienne).
 
Elle peut accompagner un costume sombre dans un environnement professionnel, une veste croisée, un blazer plus décontracté ou simplement une chemise portée avec un pantalon habillé.
 
Et contrairement à de nombreux accessoires de luxe, elle n'impose pas nécessairement de logo.
 
C'est même probablement l'un de ses principaux attraits. La reconnaissance repose davantage sur la qualité de la soie, les couleurs, la construction et surtout le langage graphique de la maison (même si depuis Hermès d’autres maisons comme Ferragamo par exemple, proposent dans cravates dans le même style).

​De l'accessoire à l'objet de collection

Avec le temps, certaines cravates Hermès ont pris une dimension presque « collectionnable ».
 
La diversité des dessins, des déclinaisons chromatiques et des éditions permet de constituer une véritable garde-robe de motifs. Un amateur peut ainsi privilégier les dessins équestres, les compositions géométriques, les animaux ou, au contraire, rechercher des modèles plus discrets.
 
Cette dimension graphique rapproche une nouvelle fois la cravate du carré Hermès : dans les deux cas, l'amateur peut être sensible non seulement à l'objet mais également au dessin qui le compose.
 
La cravate devient alors une petite pièce de collection que l'on porte.

​Comment reconnaître une cravate Hermès ?

Une cravate Hermès ne se reconnaît pas uniquement à son étiquette. Plusieurs détails permettent d'identifier une pièce authentique, même si les caractéristiques peuvent évoluer selon les époques et les modèles :
 
La soie : la maison utilise notamment de la soie twill et de la soie lourde, avec une construction et un toucher caractéristiques. Hermès indique que ses cravates sont confectionnées par ses artisans à Lyon depuis 1949.
 
Le dessin : les motifs constituent l'une des signatures les plus évidentes. Ils doivent être nets, précisément imprimés et correctement positionnés sur la cravate. Une grande partie de l'identité Hermès réside précisément dans la qualité de son travail graphique.
 
Le revers et le fil de réserve : il mérite une attention particulière. On retrouve notamment, au niveau des plis intérieurs, le célèbre « fil de réserve » : une petite boucle de fil laissée volontairement libre, signature d'une confection main traditionnelle, qui assure la souplesse de la cravate et prévient la rupture du fil lors du nouage.
 
L'étiquette : elle doit être examinée avec attention (typographie, qualité de l'impression, couture et cohérence avec l'époque supposée). Pour une pièce vintage, il faut toutefois éviter de considérer une caractéristique d'un modèle contemporain comme une règle absolue, les détails ayant évolué au fil des décennies.
 
Le numéro de référence : les modèles actuels disposent d'une référence produit, mais son absence sur une ancienne cravate ne suffit pas à conclure à une contrefaçon. Là encore, l'époque de fabrication doit être prise en compte.
 
Le détail caché : un indice particulièrement intéressant se trouve parfois à l'intérieur. Hermès joue régulièrement avec l'idée d'un détail caché au dos de la cravate : certains modèles dissimulent un petit dessin destiné uniquement à celui qui porte la pièce.
 
Il n'existe donc pas un unique « truc » permettant d'authentifier une cravate Hermès. C'est la cohérence de l'ensemble -soie, impression, construction, étiquette et finitions- qui doit être examinée.

​Hermès : des cravates en éditions spéciales et limitées pour l’horlogerie

La cravate Hermès possède également une histoire particulière avec le monde de l'horlogerie. Et pas uniquement parce que certains de ses motifs ont pu inspirer des créations horlogères.
 
Au fil des années, plusieurs grandes maisons horlogères ont proposé leurs propres cravates et accessoires en soie. Patek Philippe* est probablement l'un des exemples les plus connus avec ses cravates « six plis », traditionnellement offertes à certains clients et partenaires. Vacheron Constantin, Piaget, Girard-Perregaux ou encore Omega ont également produit des cravates à leur nom.
 
Mais un cas mérite particulièrement l'attention : Breitling.
 
Par le passé, des cravates Breitling ont en effet été fabriquées par Hermès. Ces pièces sont aujourd'hui particulièrement intéressantes pour les collectionneurs, puisqu'elles se situent à la croisée de deux univers : celui de l'horlogerie et celui de l'élégance masculine.
 
Et dans le cas de Breitling, le fait que la pièce ait été fabriquée par Hermès lui confère une dimension supplémentaire : elle associe deux signatures qui, chacune dans son domaine, ont construit une véritable culture de l'objet.
 
L'anecdote est d'autant plus intéressante qu'elle permet de retrouver, sous la forme d'un accessoire relativement discret, l'univers graphique et commercial de grandes maisons horlogères aujourd'hui devenues des références historiques.
 
Une montre au poignet, une cravate autour du cou : deux façons, finalement, d'afficher son goût pour l'horlogerie.
 
*Les cravates Patek Philippe furent longtemps été réalisées par le légendaire atelier parisien Boivin.



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