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MB&F et Moser : collab' croisée entre Genève et Schaffhouse


L’info avait été annoncée en catimini à Dubai en fin d’année… MB&F et Moser préparaient une montre en collaboration. Mais en fait, ce n’est pas une mais deux montres qui ont été créées. Une véritable collab’ croisée où l’un fusionne avec la nature de l’autre et vice versa. Un très bel exemple de travail en commun qui montre et démontre une belle ouverture d’esprit de la part de ces deux marques. On adore.



D’une manière générale, il faut savoir que les grandes marques horlogères font tout pour s’ignorer les unes des autres. Même parfois, quand elles appartiennent à un même groupe. Certaines font même des « scandales » quand l’un de leur modèle se retrouve à côté d’une marque concurrente dans un magazine. C’est dire l’ambiance !
 
Oui mais voilà, cela concerne les grands noms de l’horlogerie. Les grandes marques installées sur le marché depuis des décennies. Chez les indépendants, apparus il y a une vingtaine d’années, l’ambiance est différente. Il suffit de comparer l’atmosphère « bon enfant » des Ateliers à celle feutrée et secrète de la Halle 1 à Baselworld pour s’en convaincre. Enfin, avant que tout le monde quitte la foire !  
 
Si de nos jours les collaborations sont courantes dans le monde du luxe, elles sont en revanche nettement plus rares dans celui de l’horlogerie haut de gamme (exception faite d’Urwerk et De Bethune pour Only Watch). En fait, on doit pouvoir compter les collab’s horlogères sur une main de yakusa n’ayant pas tous ses doigts !

Ce partenariat entre MB&F et Moser est donc une bouffée d’air frais en ce printemps 2020 pour le moins difficile. Certes, MB&F est un habitué des collaborations (sa première remonte à 2009), c’est d’ailleurs l’essence même de la marque, mais ici, cela va encore plus loin, puisque qu’elle collabore non pas avec un artiste, un designer, une marque de boites à musique ou d’horloges, mais avec un autre horloger qui, « sur le papier », est un concurrent direct.  
 
De fait, ces deux maisons, l’une dirigée par Maximilian Büsser et l’autre, par Edouard Meylan ont co-signé deux créations dont l’ADN mélange les caractéristiques principales de chacune. « Une histoire d’amitié entre deux hommes sur fond de valeurs communes, pour le plaisir de construire et de partager, puis de présenter ensemble ce projet hors du commun » assure le communiqué.
 
Toutes deux indépendantes, suisses et à taille humaine, Moser et MB&F sont dirigées par deux personnalités passionnées (et passionnantes) qui se connaissent depuis longtemps, s’apprécient et se respectent. À titre personnel, mais également professionnel puisque les deux marques collaborent ensemble depuis plus de dix ans.

En effet, il faut savoir que Precision Engineering AG –société sœur de H. Moser & Cie– est le fournisseur des spiraux de MB&F. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que MB&F ait sollicité Edouard Meylan à titre de « friend » pour une Performance Art.
 
Comme le souligne Maximilian Büsser : « lorsque j’ai appelé Edouard pour lui dire que j’avais envie qu’on collabore sur une création, je lui ai dit que j’aimais beaucoup le double spiral, les cadrans fumés Moser et les séries de montres Concept. Edouard m’a tout de suite dit qu’il était d’accord pour que j’emprunte ces caractéristiques, mais à la condition qu’il puisse également réinterpréter une de mes machines ».
 
Et MB de poursuivre : « passé le premier moment de surprise, j’y ai réfléchi. Étant à 50% indien et à 50% suisse, je suis intimement convaincu que le mélange des ADN crée des résultats intéressants, donc pourquoi ne pas tenter l’expérience en horlogerie ? J’ai donc accepté et suggéré le modèle FlyingT, particulièrement cher à mon cœur ».

C’est donc dans cet esprit que ces deux entités ont donné naissance à deux modèles, déclinés en plusieurs références, édités en séries limitées de 15 exemplaires, en hommage au 15ème anniversaire de MB&F et en l’honneur du 15ème anniversaire de la relance de Moser & Cie.
 
De MB&F, Moser & Cie. a repris le concept des mouvements tridimensionnels, élément fort de l’identité de la maison genevoise, sous un dôme de saphir, mettant à l’honneur un tourbillon volant une minute qui s’élève au-dessus du cadran principal à travers une ouverture ventriculaire, placée sur ce modèle à 12h.
 
Bénéficiant du savoir-faire de Precision Engineering AG, Moser a doté son tourbillon d’un spiral cylindrique, celui-là même qui a été développé par la manufacture pour la LM Thunderdome de MB&F.

Inventé au XVIIIème siècle, le spiral cylindrique évoque une vis sans fin ou un tire-bouchon. Il s’élève perpendiculairement autour de la tige supérieure de l’axe du balancier. Fréquent sur les chronomètres de marine à l’époque, il présente l’avantage de se développer de manière concentrique, et donc géométrique, puisqu’il travaille parfaitement dans l’axe de ses pivots, contrairement au spiral plat, dont les extrémités opposées ont tendance à exercer des efforts sur les pivots, cela malgré les courbes terminales Philips ou Breguet, développées précisément pour corriger en partie l’ouverture non concentrique du spiral.
 
Grâce au spiral cylindrique, muni d’une courbe Breguet aux deux points d’attache, le frottement des pivots est diminué et l’isochronisme grandement amélioré. Le spiral cylindrique, de par sa forme spécifique, est beaucoup plus difficile à produire, nécessitant dix fois plus de temps qu’un spiral traditionnel.
 
Autre référence à l’identité de MB&F, les cadrans inclinés, que Moser emprunte pour son sous-cadran des heures et des minutes, incliné à 40° de manière à ce que le propriétaire de la montre soit le seul à qui elle révèle le secret du temps et monté sur un train d’engrenages coniques qui transmettent le couple de manière optimale d’un plan à l’autre.

Comme l’explique Edouard Meylan : « nous avons mosérisé l’univers de MB&F en développant un sous-cadran en saphir, qui s’efface pour mieux sublimer la beauté de nos cadrans fumés. Et pour préserver la pureté et l’élégance de cette véritable œuvre d’art horlogère, nous avons inscrit notre logo en filigrane sur le sous-cadran en saphir, soulignant le caractère personnel et la relation intime qui la lie à son propriétaire ».
 
Disponible en cinq références, le modèle Endeavour Cylindrical Tourbillon H. Moser x MB&F (79.000 francs suisses) est proposé dans un boîtier en acier de 42 mm de type « gaucher » surmonté des cadrans Funky Blue, Cosmic Green, Burgundy, Off-white ou Ice Blue, tous fumés. Forcément !
 
De son côté, la Legacy Machine 101 (moins chère à 53.000 francs suisses) présente l’essentiel de l’art horloger mécanique : le balancier, la réserve de marche et le… temps qui passe. À l’image Moser et de son retour à l’essentiel à travers ses séries de montres Concept, MB&F a choisi de supprimer son logo et de revenir aux sources, à l’origine de l’horlogerie, quand seuls les mouvements étaient signés.

Dans la même optique de sobriété, elle a renoncé aux sous-cadrans flottants en dôme pour afficher les heures et les minutes ainsi que les 45h de réserve de marche au moyen d’aiguilles posées directement sur le cadran principal. Ainsi, les cadrans fumés empruntés à Moser peuvent s’exprimer en toute liberté, mis en valeur également par une lunette affinée.
 
Hypnotique, le grand balancier suspendu occupe toujours le devant de la scène. Il a été entièrement repensé sur la LM101 MB&F x H. Moser de manière à sublimer la beauté des cadrans fumés. Ce cœur qui bat, qui représente la quintessence de l’horlogerie aux yeux de Maximilian Büsser, a été doté d’un double spiral produit par Precision Engineering AG.
 
« Grâce à cette paire de spiraux concordants, le déplacement du point de gravité subi par chaque ressort lors de son expansion est corrigé, améliorant de façon significative la précision et l’isochronisme dans une recherche de perfection continue. De plus, les spiraux appariés réduisent également l'effet de friction que l’on rencontre normalement avec un seul spiral, d'où un isochronisme optimisé » assure le communiqué de presse.

Au verso de la montre, le verre saphir incurvé dévoile le moteur qui anime ce garde-temps. À la différence du mouvement de base de la Legacy Machine 101, dont Kari Voutilainen, co-créateur, a déterminé les finitions, l’esthétique de ce calibre se veut plus contemporaine avec son traitement NAC.
 
Venant habiller la LM101 MB&F x H. Moser, quatre cadrans fumés ont été choisis : Red fumé, Cosmic Green fumé, Aqua Blue fumé – exclusivement pour Ahmed Seddiqi & Sons à Dubai- et, bien évidemment, le célèbre Funky Blue. Surmonté d’un verre saphir bombé, le boîtier est en acier de 40 mm, pour la troisième fois seulement dans l’histoire de MB&F.

Une collaboration originale et une belle histoire d'hommes ! 

Montres-de-luxe.com | Publié le 4 Juin 2020 | Lu 2777 fois


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