Oris entre dans une nouvelle ère avec sa Big Crown Propilot X Calibre 115


Oris, horloger indépendant qui n’a jamais produit que des montres mécaniques, vient de dévoiler aujourd’hui à Shanghai (Chine) une belle nouveauté : la Big Crown Propilot X Calibre 115. Un garde-temps de 44 mm en titane qui s’inspire de l’aviation, mais surtout, un garde-temps qui marque une étape cruciale dans le développement d’Oris, tant il a été pensé comme un tout. Cette Propilot X Calibre 115 annonce probablement l’entrée de la manufacture d’Höltstein dans une nouvelle ère.



La ville de Shanghai n’a pas été choisie au hasard d’un détour sur une mappemonde… Non ! La capitale économique chinoise illustre parfaitement l’arrivée de cette nouveauté Oris. En effet, cette mégalopole, tout comme l’horloger, est ancrée dans le passé et les traditions, ce qui ne l’empêche pas pour autant d’être résolument tournée vers le futur et le monde de demain, voire même celui d’après-demain.
 
En ce sens, Shanghai offre une caisse de résonnance idéale à ce garde-temps dont les racines remonte aux premières montres de pilote d’Oris, les fameuses Big Crown, ici entièrement revues et corrigées pour le monde d’aujourd’hui : de fait, cette Propilot X a été conçue grâce à toutes les connaissances acquises depuis des décennies par la marque et surtout, grâce à tout le savoir-faire qu’Oris a accumulé avec la relance de son calibre « in house » en 2014.
 
Ce garde-temps est en quelque sorte l’achèvement d’une longue route qui a mené l’horloger indépendant à (re)produire ses propres calibres. Du calibre 110 de 2014 au calibre 115 de 2019, cette Propilot X va marquer d’une pierre blanche l’histoire d’Oris. Il se peut même que ce modèle symbolise l’entrée de l’horloger d’Hölstein dans une nouvelle ère !

Une nouvelle ère qui semble quelque peu laisser derrière elle le vintage et sa nostalgie sous-jacente (une tendance lourde depuis une grosse décennie, qui a été usée jusqu’à la corde par de nombreuses marques, Oris y compris) pour s’orienter vers des montres nettement plus contemporaines et modernes.
 
Cette Propilot X n’est pas à proprement parlé une montre de pilote. En revanche, c’est une montre qui puise son inspiration dans l’univers de l’aviation. C’est indéniable. Ses matériaux, son design et même sa boucle de bracelet découlent de l’aérien : on retrouve bien sur le titane (grade 2 et grade 5 en fonction des parties et/ou besoins) mais également un cadran très lisible et même une boucle de bracelet qui rappelle la boucle de la ceinture de sécurité de votre siège !
 
Ce projet a demandé quatre ans de développement. Les équipes d’Oris ne sont pas parties d’un boitier et d’un calibre déjà existants. Non, elles ont fait table rase de tout ce qu’elles avaient créées précédemment pour repartir sur une page blanche. C’est montre est un « tout ». Ce n’est pas un boitier ET un calibre. Non, ces deux éléments fondamentaux ont été conçus de concert, étape par étape.

Le design du boitier (44mm / étanche à 100 mètres) a évolué en fonction des besoins du calibre. Et vice-versa. C’est ainsi que, petit à petit, la Big Crown Propilot X est passée d’esquisses à des croquis, puis à des dessins plus industriels, puis à une réalisation de protos en 3D, tout cela, à chaque fois, selon les exigences des horlogers !
 
Un travail de titan qui a demandé des jours de R&D, des heures et des heures de prototypages, des essais, des ratés, des succès, des « c’est bien, mais on peut encore faire mieux », etc. On sent que les équipes d’Oris se sont données comme jamais sur ce projet ; que tout n’a pas toujours du être simple au quotidien. Qu’il a fallu argumenter, recommencer, discuter, concéder, peser le pour, peser le contre pour qu’au final, tout le monde soit d’accord et surtout, pour qu’au final, la montre soit parfaite.
 
Le calibre 115 par exemple, n’est pas une version simplement « squelettée » du calibre 111. Non, ce moteur « maison » a été entièrement revu et repensé pour ce modèle et surtout, pour une chronométrie optimale. Par exemple, la petite seconde a été déplacée. Elle se trouve à 7h30 vs 9h. Un emplacement « idéal » qui permet de réduire le nombre de composants, tout comme l’absence de date.

Le squelettage de certains composants les rend aussi plus légers. Ce qui, là encore, réduit la consommation d’énergie. Mis bout à bout, tout ceci et l’arrivée d’un nouvel alliage pour le ressort de barillet, permet à ce calibre d’être beaucoup plus performant !
 
Tout comme le reste des mouvements « manufacture » de chez Oris, il affiche une réserve de marche de 10 jours, mais en réalité, elle est ici beaucoup plus longue. Elle dépasse les douze jours, ce qui assure une chronométrie optimale de dix jours pleins réels, ce qui n’est pas le cas des calibres précédents. On retrouve bien évidemment, à 3h, l’indicateur non linéaire de la réserve de marche, breveté par Oris. Ce dernier affiche la marche restante de manière de plus en plus précise, à mesure que celle-ci diminue.   
 
Côté design, Oris a joué sur la carte de la sobriété, voire même, celle d’une certaine ascèse. Tout superflu est banni de la Big Crown Propilot X (aucun chiffre d’heures par exemple). Les designers et les ingénieurs n’ont conservé que l’essentiel et l’indispensable.

Par ailleurs, les composants du calibre en laiton ont été galvanisés pour donner à la montre un aspect brut, un look industriel qui s’accorde parfaitement au côté mat du titane du boitier. On retrouve toutefois la fameuse lunette de la Propilot et sa cannelure rappelant le disque d’une turbine de réacteur (ce motif est également présent -en « inversé »- sur le réhaut du cadran).  
 
Le bracelet à lui seul mérite qu’on s’y arrête : également réalisé en titane, il est non seulement très souple et anallergique mais aussi très agréable à porter. En chute, il offre un beau galbe entre l’entrecorne et sa boucle en titane en forme de boucle de ceinture d’avion (on adore ce petit détail).
 
Cette Big Crown Propilot X est disponible dès à présent chez vos détaillants. Pour le moment, un millier d’exemplaires ont été produits, mais attention, il ne s’agit pas d’une édition limitée ! Cette montre entre en catalogue et sera commercialisée soit sur son bracelet titane, soit sur bracelet cuir qui a nettement moins d’intérêt…
 
Compter 6.900 euros pour la version full titane, c’est plus cher que d’habitude pour une montre Oris, mais c’est aussi un modèle totalement hors norme pour l’horloger d’Hölstein. Un très bel essai qui ne demande qu’à être transformé.
 
Jean-Philippe Tarot


Montres-de-luxe.com | Publié le 5 Septembre 2019 | Lu 5297 fois



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