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Patek Philippe : de l'art du son en horlogerie avec cette référence 6301P


D’apparence, cette nouvelle montre Patek Philippe semble « simple »… Oui, mais à y regarder de plus près, il s’agit d’une grande complication (44,8 mm) dont la manufacture genevoise a le secret qui entre au catalogue de la marque horlogère la plus désirée au monde. En effet, équipée d’un nouveau mouvement de 703 composants abrité dans un boîtier en platine et sous un cadran en émail Grand Feu noir, la Grande Sonnerie référence 6301P vient compléter et couronner l’offre de PP en matière de montres à sonneries. Compter 1,2 millions de francs suisses. Détails.



Il y a une dizaine de jours, Patek Philippe envoyait à ses clients un message de son patron, Thierry Stern, annonçant sous forme de teasing, l’arrivée d’une nouvelle montre d’exception au sein de la manufacture horlogère genevoise…
 
Il n’en fallait pas plus pour que sphère horlogère internationale (professionnelle et collectionneurs) ne s’emballe à l’idée d’une nouveauté d’exception chez Patek. Le 10 novembre à 11h pour les clients et une heure plus tard pour les autres, Thierry Stern dévoilait cette nouveauté…
 
Avec cette pièce, Patek Philippe a voulu montrer sa maîtrise de la « musique du temps » en lançant sa première montre-bracelet avec grande sonnerie dans sa forme la plus pure et en collection courante.
 
Cette grande complication, une « grande sonnerie marquant au passage les heures et les quarts », s’avère rarissime au format d’une montre-bracelet d’autant qu’elle est également alliée à une petite sonnerie (ne répétant pas les heures aux quarts), à une répétition minutes (sonnant à la demande) et à une petite seconde sautante brevetée !

Pour rappel, l’indication sonore du temps est intimement liée aux origines de l’horlogerie mécanique... Au 14ème siècle, la plupart des horloges monumentales dont se parent les villes européennes ne possèdent ni cadran ni aiguille, mais signalent l’écoulement des heures en déclenchant une sonnerie au passage.
 
Au 15ème siècle, les premières horloges portatives à ressorts sont fréquemment équipées, elles aussi, de mécanismes de sonneries au passage. Il en va de même, au 16ème siècle, pour les premières montres de poche.
 
Durant le dernier quart du 17ème siècle apparaissent les premiers mécanismes de sonneries « à la demande », avec d’abord la répétition à quarts, puis au début du siècle suivant, la répétition minutes. A Genève au 18ème siècle, selon le règlement de la corporation des horlogers, tout artisan voulant devenir « maître horloger » doit s’illustrer par la fabrication d’un mouvement à répétition à quarts – preuve que les fonctions acoustiques passent déjà pour l’une des manifestations suprêmes de savoir-faire horloger.
 
En septembre 1839, quatre mois après sa fondation, la manufacture inscrit dans ses registres sa première pièce de ce type, une montre de poche à répétition. En 1850 apparaissent dans ces mêmes registres, les mentions des premières montres de poche dotées de grandes sonneries.

En 1851, le catalogue de la « Grande Exposition » de Londres (la toute première exposition universelle) cite en bonne place parmi les spécialités de Patek Philippe les « montres de poche répétitions et montres avec sonnerie déclenchée automatiquement ».
 
En 1860, sont répertoriées les premières montres de poche  avec répétitions minutes, suivies tout au long du 19ème siècle par diverses créations dotées de répétitions à quarts, répétitions à cinq minutes et répétitions minutes. Mais c’est au début du 20ème siècle que PP va définitivement s’imposer par sa maîtrise hors pair des fonctions acoustiques, notamment de leur forme la plus sophistiquée et la plus recherchée, la grande sonnerie.
 
La fameuse montre de poche « Duc de Regla », vendue en 1910 à l’aristocrate mexicain du même nom et exposée aujourd’hui au Patek Philippe Museum de Genève, abrite une grande sonnerie et une répétition minutes sonnant sur un carillon Westminster à cinq timbres qui reproduit presque à l’identique la mélodie de l’horloge de Big Ben.
 
Parmi les treize garde-temps compliqués fabriqués pour le constructeur automobile américain James Ward Packard entre 1900 et 1927, figurent la première montre de poche à répétition minutes Patek Philippe avec affichages astronomiques (livrée en 1927), ainsi que des montres à grandes sonneries, dont une équipée d’un carillon Westminster à quatre timbres (1920).

La célèbre montre de poche « Graves », livrée au banquier et collectionneur new-yorkais Henry Graves Junior en 1933, et restée jusqu’en 1989 la montre portable la plus compliquée du monde, compte parmi ses 24 complications une grande/petite sonnerie et une répétition minutes sur carillon Westminster, complétées par une alarme-réveil, le tout sur cinq timbres.
 
Dans le même temps, PP s’appliquait à miniaturiser les mécanismes de répétitions au format des montres-bracelets en présentant en 1916 sa première montre-bracelet à sonnerie –une répétition à cinq minutes avec boîtier en platine et bracelet-chaîne intégré destinée aux poignets féminins.
 
En 1989, Patek Philippe fête son 150e anniversaire en lançant le Calibre 89, qui restera pendant plus d’un quart de siècle la montre portable la plus compliquée du monde. Parmi ses 33 complications, ce chef-d’œuvre d’art horloger intègre une grande/petite sonnerie et une répétition minutes sur quatre timbres.
 
Tout en célébrant ainsi le grand retour de l’horlogerie mécanique, la manufacture remet également à l’honneur les montres-bracelets à répétitions en dévoilant son premier mouvement de répétition minutes intégralement conçu et fabriqué à l’interne, le calibre R 27, ainsi que deux pièces commémoratives qui en sont équipées.
 
A cette occasion, Philippe Stern, alors président de la manufacture, est parmi les premiers à dévier de la tradition des ancres dites « folles » et à optimiser le système de volant inertiel inventé à la fin du 19ème siècle. Le volant inertiel Patek Philippe fait d’ailleurs son apparition dans le Calibre 89 et dans les répétitions minutes commémoratives de 1989 dotées du calibre R 27, les références 3979 et 3974.

L’élan est donné et les répétitions minutes vont reprendre, au fil des ans, une place privilégiée dans l’offre de Patek Philippe -jusqu’à constituer aujourd’hui la plus vaste collection de montres-bracelets à répétitions minutes en production courante, avec une douzaine de garde-temps proposant cette fonction seule ou mariée à d’autres complications (tourbillon, quantième perpétuel, chronographe, Heure Universelle, etc.).
 
Depuis cette date clé de 1989, marquant la renaissance des montres à sonneries Patek Philippe, les prouesses acoustiques ont également occupé une place de choix dans deux pièces d’exception.

La montre de poche double face Star Caliber 2000 (21 complications), créée pour saluer le nouveau millénaire, offre pour la première fois dans un boîtier de cette taille un carillon Westminster sur cinq timbres reproduisant fidèlement et intégralement la mélodie originale de l’horloge du Parlement de Londres, ce qui fait de la répétition minutes et de la grande sonnerie un vrai régal pour l’oreille.
 
Quant à la montre-bracelet Sky Moon Tourbillon de 2001, première montre-bracelet double face Patek Philippe, elle propose parmi ses 12 complications, aux côtés d’une carte mobile du ciel, une répétition minutes à timbres « cathédrale ».

En 2014, pour son 175e anniversaire, Patek Philippe franchit une nouvelle étape capitale en matière de complications acoustiques en présentant la montre-bracelet double face Grandmaster Chime référence 5175.

Fabriqué à sept exemplaires, ce « grand maître de la sonnerie » réunit un total de 20 complications, dont une grande et petite sonnerie, une répétition minutes, un quantième perpétuel instantané avec indication de l’année à quatre chiffres et deux premières mondiales brevetées : une alarme acoustique sonnant l’heure présélectionnée et une répétition de la date sonnant le quantième du mois à volonté.
 
Cette première montre-bracelet Patek Philippe avec grande sonnerie, qui est aussi la montre-bracelet la plus compliquée de la manufacture, entre en collection courante en 2016 sous la référence 6300.
 
L’anniversaire de 2014 est aussi l’occasion pour Patek d’illustrer sa maîtrise des systèmes de sonneries dans une autre montre commémorative éditée en série limitée, la Patek Philippe Chiming Jump Hour référence 5275, avec heures, minutes et secondes sautantes mariées à une sonnerie marquant les heures pleines.

La nouvelle Grande Sonnerie référence 6301P Patek Philippe poursuit cet élan en introduisant dans sa collection courante un nouveau fleuron de miniaturisation et de perfection acoustique : la Grande Sonnerie référence 6301P.
 
Cette Grande Complication est la toute première montre-bracelet de la manufacture proposant la grande sonnerie, « graal » des complications horlogères, dans sa forme la plus pure, complétée par une petite sonnerie et par une répétition minutes.
 
Pour donner sa propre interprétation de la grande sonnerie, Patek Philippe a développé un nouveau mouvement à remontage manuel dérivé du calibre 300 utilisé dans la Grandmaster Chime. Réunissant un total de 703 composants, ce calibre GS 36-750 PS IRM se distingue par ses dimensions compactes pour une mécanique d’une telle complexité (37 mm de diamètre, 7,5 mm d’épaisseur).
 
L’une des principales difficultés traditionnelles pour les constructeurs de grandes sonneries réside dans la maîtrise de l’énergie. Contrairement à la répétition minutes, où le mécanisme de sonnerie est généralement réarmé à chaque fois que l’utilisateur active le verrou ou le poussoir de déclenchement, la grande sonnerie doit disposer en tout temps de suffisamment d’énergie pour frapper au passage le nombre de coups désirés, en produisant toujours un son de même qualité.
 
 

Pour résoudre ce défi, Patek Philippe a équipé ce calibre de deux paires de barillets montés en série, l’une pour le mouvement, l’autre pour la sonnerie. Cette configuration permet d’offrir une réserve de marche de 72h pour le mouvement et 24h pour la sonnerie.
 
Les trois jours de réserve de marche du mouvement correspondent à ce qu’on attend d’une montre moderne, faite pour être portée au quotidien par son possesseur. Quant à la réserve de marche de 24h pour la sonnerie, elle permet à la montre de frapper les heures et les quarts au passage un jour entier, en offrant une intensité de son optimale et en conservant un couple le plus constant possible.
 
L’utilisateur remonte les deux paires de barillets par le biais de la couronne en position enfoncée, en la tournant dans le sens horaire pour le mouvement et dans le sens antihoraire pour la sonnerie. Les quatre ressorts sont équipés de brides glissantes évitant toute surtension.
 
Pour le mécanisme de sonnerie proprement dit, Patek Philippe a fait le choix de trois timbres classiques – grave, moyen, aigu.

Cette option technique demande davantage d’énergie que les systèmes à deux timbres. Elle complique aussi le travail de l’horloger lorsqu’il s’agit d’accorder finement chacun des timbres jusqu’à ce qu’il produise le fameux « son Patek Philippe », recherché par les connaisseurs, en s’assurant que les trois timbres fixés au mouvement ne se touchent pas entre eux et n’entrent en contact avec aucun autre élément du mouvement ou du boîtier, malgré l’espace restreint.
 
Le mécanisme comporte trois marteaux de dimensions et de masses identiques assurant une frappe uniforme pour les trois notes. Le choix du platine pour le boîtier, un matériau dans lequel il est plus difficile d’obtenir un son parfait que dans l’or (ou le titane), a constitué un défi supplémentaire ayant mobilisé tout le savoir-faire de la maison genevoise.
 
Les heures sont marquées par des coups graves, les quarts par une succession de trois coups aigu-grave-moyen –une mélodie jouée une fois au premier quart (15 minutes), deux fois au deuxième quart (30 minutes) et trois fois au troisième quart (45 minutes).
 
A chaque quart, la grande sonnerie sonne automatiquement le nombre d’heures, suivi par le nombre de quarts. Elle frappe ainsi un total impressionnant de 1.056 coups par 24 heures, le tout grâce à l’énergie stockée dans son double barillet de sonnerie.

L’utilisateur peut aussi opter pour le mode « petite sonnerie ». Dans ce cas, la montre sonne les heures aux heures pleines, puis uniquement les quarts aux quarts, sans répéter les heures. Quant au mode « silence », il permet de désactiver à volonté la sonnerie au passage. Le choix du mode de sonnerie s’effectue grâce à une targette logée dans la carrure à 6h, avec les positions « petite sonnerie » à gauche, « grande sonnerie » à la place d’honneur au centre et « silence » à droite.
 
Cette particularité fait l’objet d’un brevet déjà développé pour la Patek Philippe Grandmaster Chime, avec un mécanisme permettant de sélectionner et d’activer le type de sonnerie au passage à l’aide d’une seule targette, des opérations qui s’effectuaient précédemment par le biais de deux verrous séparés.
 
Un autre brevet, développé également pour la Grandmaster Chime, permet d’isoler complètement la grande sonnerie en mode « silence » et de supprimer ainsi toute consommation d’énergie. La répétition minutes est activable à volonté grâce à une pression sur le poussoir logé dans la couronne à 3h.
 
Elle indique alors les heures avec des coups graves, les quarts avec des triples coups (de manière identique à la grande sonnerie) et les minutes écoulées depuis le dernier quart au moyen de coups aigus. La répétition minutes peut être activée à tout moment, même lorsque la sonnerie est en mode « silence ».
 
En retravaillant le calibre 300 de la Grandmaster Chime, les horlogers de la manufacture ont également choisi de l’équiper d’une petite seconde d’un type inédit pour une grande sonnerie. S’inspirant d’un des quatre brevets développés pour la pièce commémorative du 175e anniversaire Chiming Jump Hour référence 5275, ils ont doté la nouvelle référence 6301P d’une seconde sautante avec un mécanisme novateur.

Ce système ne fonctionne pas à l’aide de sautoirs de positionnement (comme c’est le cas d’ordinaire), mais grâce à un rouage et à une bascule de déclenchement libérant le rouage de manière instantanée à chaque seconde –ce qui permet d’obtenir une consommation d’énergie parfaitement réglable et maîtrisée.
 
Montre « sonore », la nouvelle référence 6301P se distingue donc aussi sur le plan visuel par son aiguille de petite seconde à 6h sautant en un clin d’œil d’une seconde à la suivante sur l’échelle « chemin de fer », à la manière des anciens régulateurs permettant de contrôler la précision dans les ateliers horlogers.
 
Le nouveau calibre GS 36-750 PS IRM –visible à travers un fond saphir transparent– remplit toutes les exigences du Poinçon Patek Philippe (qui a remplacé le poinçon de Genève), qu’il s’agisse des performances techniques (précision, fiabilité), des finitions ou de l’architecture raffinée des divers composants.
 
Une grande attention a été portée au design des différents ponts, avec notamment un grand pont de barillet (caractéristique des grandes sonneries) et un coq (pont de balancier) traversant, une rareté chez Patek Philippe, qui assure à la fois une bonne assise et un bel équilibre visuel.
 
Les connaisseurs admireront de nombreux autres détails esthétiques, dont de multiples angles rentrants, particulièrement difficiles à polir. Le régulateur à volant inertiel permettant de régler le tempo de la sonnerie s’offre pour la première fois aux regards, avec ses terminaisons adoucies et polies.
 
Ce spectacle horloger est complété par le balancier Gyromax, le spiral Spiromax en Silinvar et les trois timbres enroulés autour du mouvement, avec leurs marteaux respectifs. Le fond saphir antireflet placé très près du calibre renforce l’impression de plonger au cœur de la mécanique. La montre est également livrée avec un fond plein interchangeable en platine.
 
Cette Grande Sonnerie référence 6301P est dotée d’un boîtier en platine, inspiré de celui développé pour le chronographe à rattrapante référence 5370 en 2015. Il se démarque par son jeu de courbes et de rondeurs s’enchaînant dans une belle harmonie, par sa lunette concave assurant une transition parfaite avec le verre saphir légèrement bombé et par ses flancs creusés et satinés.
 
Comme tous les boîtiers en platine Patek Philippe, il est orné d’un petit diamant –serti ici à 12h (et non à 6h, comme à l’accoutumée), en raison de la présence de la targette de sélection du mode de sonnerie.
 
Le cadran est quant à lui en émail Grand Feu noir à la finition « glacée », orné de chiffres Breguet appliques et aiguilles de type « feuille » en or gris avec revêtement luminescent. L’heure, la minute et la petite seconde sautante à 6h sont complétées par les deux indicateurs de réserve de marche se faisant face à 9h et 3h, avec leurs échelles en demi-cercles et leur inscription Mouvement ou Sonnerie.
 
La montre se porte sur un bracelet en alligator écailles carrées, cousu main, noir brillant, avec boucle déployante en platine.

Montres-de-luxe.com | Publié le 12 Novembre 2020 | Lu 9653 fois


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