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Pequignet Royal Paris Chrono BPM : un chronographe au rythme de la French Touch


Par | Publié le 15/10/2026 à 20:48 | mis à jour le 15/10/2026 à 08:15

Avec la Royale Paris Chrono BPM, Pequignet détourne une fonction classique de l’horlogerie sportive pour l’appliquer à un tout autre terrain de jeu : celui de la musique. Une idée originale, portée par un cadran bleu électrique et noir qui convoque l’esthétique des clubs, mais aussi par une véritable fonction de mesure du tempo. Une manière pour la manufacture de Morteau de faire dialoguer deux expressions du savoir-faire français. Modèle en catalogue. Compter 6.950 euros.



Un chrono en rythme

Il fallait y penser. Alors que le chronographe mécanique s'est historiquement illustré dans la mesure des performances sportives, Pequignet lui propose une nouvelle partition.
 
En effet, avec la Royale Paris Chrono BPM, la manufacture française remplace l'échelle tachymétrique traditionnelle par une graduation en BPM, pour Beats Per Minute, autrement dit le nombre de battements par minute. L'objectif étant de mesurer le tempo d'un morceau de musique avec sa montre.
 
Derrière cette idée, il y a une rencontre entre deux univers qui partagent davantage qu'on pourrait le croire. D'un côté, l'horlogerie mécanique et son obsession de la mesure du temps ; de l'autre, la musique électronique et sa recherche permanente du rythme juste.
 
Pequignet choisit de les réunir autour d'une référence culturelle bien française : la French Touch, ce courant de musique électronique qui a fait rayonner la scène hexagonale à partir des années 1990.
 
Le résultat n'est pas un simple chronographe habillé aux couleurs de la nuit. La graduation BPM remplit une véritable fonction, en exploitant les capacités de mesure du mouvement. Et c'est précisément ce qui rend cette nouveauté intéressante.

​Du tachymètre au tempo musical

Le principe est simple. Il suffit de déclencher le chronographe sur un battement musical, de compter trente battements, puis d'arrêter la mesure. L'aiguille centrale permet alors de lire directement le tempo sur l'échelle extérieure du cadran.
 
Cette dernière reprend un principe bien connu des amateurs de montres anciennes : celui du pulsomètre. Sur les chronographes médicaux, cette graduation permet de mesurer la fréquence cardiaque en comptant un nombre déterminé de pulsations.
 
Pequignet transpose donc cette logique au rythme musical. Au lieu de compter les battements du cœur, on compte ceux de la musique.
 
Une house à 125 BPM, un morceau de reggae à 60 BPM ou une composition électronique plus rapide : l'échelle permet de situer le rythme sans avoir à effectuer de calcul mental. La montre devient ainsi un instrument de lecture du tempo, à mi-chemin entre le clin d'œil horloger et l'accessoire destiné aux passionnés de musique.
 
La démarche mérite d'être soulignée. Il ne s'agit pas d'une complication mécanique supplémentaire au sens traditionnel du terme, mais d'une interprétation nouvelle d'une fonction existante. Pequignet ne cherche pas à faire jouer de la musique à sa montre : elle lui apprend à en mesurer le rythme. Intéressant.

​Un cadran qui évoque les nuits électriques

L'identité de ce chrono se construit également autour de son cadran. Le dégradé noir et bleu électrique évoque les lumières des clubs, des soirées azuréennes aux pistes de danse plongées dans la pénombre.

Les deux compteurs noirs conservent une lecture sportive, tandis que les barres graphiques situées entre minuit et deux heures rappellent les indicateurs de niveau sonore des équipements audio.
 
L'ensemble évite pourtant de basculer dans le gadget. Le boîtier en acier de 39,5 mm conserve les proportions relativement contenues de la Royale Paris Chrono. Les finitions alternent surfaces polies et satinées, la glace saphir bombée de type « glass box » renforce le relief du cadran et les deux poussoirs du chronographe s'inscrivent dans la continuité du dessin de la boîte.
 
La montre reste donc identifiable comme une Pequignet Royale Paris. C'est une distinction importante : l'univers musical ne vient pas effacer l'identité de la collection, mais lui apporter une lecture nouvelle.
 
Le bracelet en Cordura noir prolonge cette approche plus urbaine. Un système interchangeable permet par ailleurs de modifier la présentation de la montre sans remettre en question son caractère sportif. Elle peut très bien se porter sur un joli bracelet en cuir de veau ou en alligator pour un aspect plus chic.

​Le Calibre Initial Chronographe, au cœur du dispositif

Sous le cadran, la Royale Paris Chrono BPM embarque le Calibre Initial Chronographe, le cinquième mouvement développé par Pequignet.

La manufacture indique que ce calibre a été conçu en partenariat avec une maison suisse spécialisée dans les complications horlogères, tout en conservant une approche industrielle et technique ancrée dans son territoire. Dont acte.
 
Son architecture comprend une aiguille centrale de chronographe pour les soixante secondes, un compteur de trente minutes à 9h et une petite seconde à 3h. Point important : c'est l'aiguille centrale qui permet de lire le résultat de la mesure sur la graduation BPM.
 
L'affichage demeure ainsi familier aux amateurs de chronographes. La nouveauté réside dans l'utilisation de l'échelle périphérique, et non dans une transformation radicale du mouvement.
 
Avec une épaisseur de 12,7 mm, une étanchéité annoncée à 5 ATM et un fond saphir permettant d'observer le calibre, cette Royale Paris conserve les caractéristiques d'une montre destinée à être portée au quotidien.
 
Le choix de ce mouvement est aussi révélateur de la stratégie de Pequignet. La manufacture de Morteau entend développer une identité propre, fondée sur ses calibres et sur une production française, sans renoncer à des propositions qui sortent des sentiers battus.

​Quand les montres prennent le rythme

La musique inspire l’horlogerie depuis longtemps, qu’il s’agisse de mécanismes capables de jouer une mélodie ou de montres dont les sonneries comptent parmi les complications les plus prestigieuses. Sans compter les alarmes.
 
Mais une nouvelle génération de créations explore un autre territoire : celui de la culture musicale contemporaine, de ses instruments et de ses représentations graphiques.
 
La Pequignet Royale Paris Chrono BPM s’inscrit dans ce mouvement aux côtés de deux propositions particulièrement intéressantes : l’Audemars Piguet Royal Oak Offshore Music Edition et la Reservoir Kanister.
 
Audemars Piguet : le cadran comme indicateur de niveau sonore
Présentée en 2022, la Royal Oak Offshore Music Edition transpose dans l’univers horloger les codes visuels des équipements audio. Son cadran évoque les indicateurs de niveau sonore des studios d’enregistrement, avec des repères colorés rappelant les VU-mètres. Certains détails de la boîte et du cadran prolongent cette référence aux consoles de mixage et aux connexions audio.
 
La montre ne mesure pas l’intensité d’un son : elle en reprend l’imagerie pour construire une identité immédiatement reconnaissable. La musique devient ici un langage graphique, traduit par les volumes, les couleurs et les détails de construction d’une pièce sportive de luxe.
 
Reservoir Sonomaster Black Thunder : l'esprit des instruments de mesure
Chez Reservoir, l’inspiration musicale se mêle à une esthétique plus industrielle. La Sonomaster, dont le dessin fait référence aux VU-mètres qui apparurent sous d'innombrables formes, mais tous partageaient les éléments de base d'une aiguille mince pivotant sur une échelle dessinée en arc ou en ligne droite.
 
L'action de l'aiguille d'un VU-mètre similaire à celle d'une aiguille rétrograde dans une montre : elles ne s’affichent pas dans un cercle de 360°, comme le font les aiguilles d'une montre conventionnelle, mais oscillent d'avant en arrière ou de haut en bas ou de gauche à droite.
 
C’est cette mesure sonore qui va inspirer Reservoir pour la création de ce chronographe. Oui mais comment passer des compteurs ronds d’un chrono à des aiguilles rétrogrades ? En fait, les deux aiguilles rétrogrades de ce chrono d’un genre nouveau reproduisent celles des mesures de puissance ou des VU mètres que chacun retrouve dans les amplificateurs stéréo analogiques.

​French Touch : quand la France a fait danser le monde

Née dans l’effervescence des clubs parisiens au cours des années 1990, la French Touch désigne un courant de musique électronique qui a donné à la house une signature française.

Son principe : puiser dans les sonorités du disco et du funk, retravailler les échantillons musicaux à l’aide de filtres électroniques et construire des rythmes aussi hypnotiques qu’efficaces sur une piste de danse.
 
Le mouvement prend une dimension internationale au milieu de la décennie, avant de connaître son apogée à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
 
En 1997, Homework, le premier album de Daft Punk, contribue à faire connaître cette nouvelle scène bien au-delà des frontières françaises. Autour du duo gravitent notamment Étienne de Crécy, Cassius, Stardust, Air et Bob Sinclar, chacun développant une interprétation singulière de cette culture musicale.
 
Au-delà de ses succès en club, la French Touch devient une véritable signature culturelle, associée à une esthétique graphique, à une certaine idée de la fête et à une génération de producteurs qui démontrent que la musique électronique française peut rivaliser avec les grandes scènes internationales.
 
C’est cet héritage que convoque la Pequignet Royale Paris Chrono BPM. Son dégradé bleu et noir, son échelle de battements par minute et ses références à l’univers des clubs ne relèvent pas seulement du décor : ils racontent une culture musicale française qui a su transformer le rythme en langage universel.