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Christopher Ward C1 Jump Hour XV : une très belle heure sautante accessible


Par | Publié le 09/10/2026 à 02:00 | mis à jour le 07/10/2026 à 04:38

​Alors que les montres à heure sautante connaissent un véritable regain d’intérêt sur le marché dans différentes gammes de prix, Christopher Ward poursuit une histoire commencée il y a quinze ans avec son module JJ01. La C1 Jump Hour illustre ainsi une complication ancienne, longtemps restée confidentielle, qui retrouve aujourd’hui une étonnante actualit dans un boitier de 39 mm en acier avec calibre Sellita SW 200. Edition limitée à 300 exemplaires. A partir de 2.350 euros.



​Une fonction heure sautante très en vogue

Il y a quelques années encore, une montre affichant l’heure dans un guichet plutôt qu’au moyen d’une traditionnelle aiguille des heures appartenait presque exclusivement au territoire des collectionneurs et des amateurs de haute horlogerie.
 
Depuis quelques années déjà, la situation a sensiblement changé. Cartier a relancé sa Tank à Guichets, Audemars Piguet a présenté la Neo Frame Jumping Hour, Bremont a développé sa Terra Nova Jumping Hour et plusieurs maisons indépendantes se sont également intéressées à cette manière très particulière d’afficher le temps.
 
La tendance est suffisamment marquée pour que le « jumping hour » soit aujourd’hui considéré comme l’une des complications les plus visibles du moment. Et dans différentes gammes de prix, ce qui la rend encore plus intéressante.
 
Le principe ? Au lieu de se déplacer progressivement autour du cadran, l’heure est matérialisée par un chiffre qui apparaît dans un guichet et saute instantanément à l’heure suivante lorsque les soixante minutes sont écoulées. L’aiguille des minutes poursuit, elle, sa course traditionnelle.
 
Cette combinaison d’un affichage presque numérique et d’un fonctionnement entièrement mécanique constitue une bonne partie du charme de ces montres. Une manière de rappeler qu’un garde-temps mécanique peut afficher l’heure « digitalement » sans avoir recours à la moindre électronique.

​Christopher Ward, pionnier avant la tendance

Dans ce contexte, la C1 Jump Hour de Christopher Ward possède une histoire particulière. La marque britannique n’a pas attendu le récent retour en vogue de cette complication pour s’y intéresser.
 
Son module JJ01, développé par l’horloger Johannes Jahnke, a été présenté en 2011. Il équipait alors la C9 Harrison Jumping Hour et constituait la première véritable complication développée par Christopher Ward.
 
Le principe mécanique mérite que l’on s’y attarde. Le changement brutal de l'indication des heures demande davantage qu’un simple entraînement de disque. L’énergie nécessaire au saut est progressivement accumulée pendant l’heure avant d’être libérée au moment du changement.
 
Cette gestion de l’énergie permet au mécanisme de réaliser le saut tout en préservant le fonctionnement régulier du mouvement de base.
 
Pour Christopher Ward, cette architecture a donc une importance qui dépasse largement celle d’une simple indication originale. Elle témoigne du chemin parcouru par la maison dans le domaine du développement horloger.
 
Le JJ01, développé autour d’un Sellita SW200-1, est depuis devenu une signature technique de la marque et a notamment servi de base à plusieurs déclinaisons de la Jump Hour.

​Une lecture minimaliste du temps

La C1 Jump Hour XV actuelle reprend cette architecture dans un boîtier de 39 mm en acier 316L.

Le mouvement associe toujours un Sellita SW200-1 automatique au module JJ01. Il fonctionne à 4 Hz et offre une réserve de marche comprise entre 38 et 41 heures. L’ensemble affiche une épaisseur de 14 mm et une étanchéité de 30 mètres.
 
Esthétiquement, la montre joue précisément sur le contraste entre une lecture traditionnelle (très beau cadran guilloché et aiguille bleuie) et cette indication numérique.

L’aiguille centrale donne les minutes tandis que l’heure apparaît à 12h dans un guichet. Le résultat est immédiatement lisible, mais surtout différent : à mesure que l’on approche de l’heure pleine, on sait qu’un petit événement mécanique va se produire.
 
Cette sensation explique probablement une partie du regain d’intérêt actuel pour le jumping hour. Après plusieurs années dominées par les cadrans très chargés, les complications sportives et les montres à bracelets intégrés, cette manière de lire l’heure propose quelque chose de différent : une complication visible, compréhensible en un instant et dotée d’un véritable caractère mécanique.

​Une complication accessible

La C1 Jump Hour XV possède également un argument qui mérite d'être souligné : son positionnement tarifaire. Produite à 300 exemplaires, elle est proposée à 2 350 euros sur bracelet en cuir et à 2 540 euros sur bracelet acier Consort. Un prix particulièrement compétitif pour une montre équipée d'un module d'heure sautante développé spécifiquement par la maison.
 
À moins de 2 600 euros, Christopher Ward propose ainsi une complication que l'on retrouve habituellement dans des segments tarifaires nettement supérieurs. Le positionnement est d'autant plus intéressant que la marque ne découvre pas le jumping hour à l'occasion de cette tendance : le JJ01 fête précisément ses quinze ans en 2026.
 
L'histoire du jumping hour est loin d'être récente. Le principe des affichages à guichet et des heures sautantes remonte au XIXᵉ siècle, notamment aux travaux de Josef Pallweber dans les années 1880. Le concept connaîtra ensuite plusieurs vies avant de devenir beaucoup plus rare dans l'horlogerie contemporaine.
 
Son retour actuel est donc moins l'apparition d'une nouvelle complication qu'une redécouverte d'une ancienne manière d'afficher le temps. Les créations récentes de plusieurs grandes maisons et indépendants ont remis cette lecture particulière sous les projecteurs.