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Quels temps les montres nous indiquent-elles ?


A l'heure où nous sommes constamment connectés, toujours accompagnés d'une multitude d'écrans qui indiquent non seulement l'heure, mais aussi bien d’autres choses (date, météo, etc.), comment se fait-il que nous portions encore et toujours des montres ? C'est que l'horlogerie, et en particulier les montres de luxe, nous offrent la possibilité de revendiquer un autre rapport au temps. Plus exigeant ou plus subjectif, celui-ci transcende dans tous les cas la banalité du temps quotidien.



Quels temps les montres nous indiquent-elles ?
Un temps cosmique

Les pièces d'horlogerie nous indiquent avant tout, un temps qui se trouve hors de nous : celui du monde, de la nature, des astres... Elles mesurent quelque chose qui dépasse l'homme et qui continuera sans lui, après lui. C'est ce temps qu'Aristote désignait comme le « nombre du mouvement », car le temps naît toujours d'un mouvement cosmique immuable dont il est la mesure. Or, à travers le mécanisme d'une montre, on appréhende le temps dans ce qu'il a de plus lié à ce mouvement dont il est le corollaire le plus essentiel. L'horlogerie ne mesure pas le temps banal du quotidien de l'activité humaine, mais le mouvement du monde lui-même ; hors de nous.
 
Car, c'est bien sur le mouvement que s'appuient les montres mécaniques pour représenter un temps universel qui s'incarne d’autant plus dans les montres les plus sophistiquées : phases de la Lune, indication des marées, équation du temps... La liste de ces complications est longue : comme celles de la Vladimir et de la Philosophia de Vacheron Constantin qui remettent au goût du jour la fascination pour les horloges astronomiques de la Renaissance. De tels garde-temps opèrent un retour à un rapport fondamental du temps : celui qui existe entre le mouvement régulier d'une mécanique et celui des astres.

Quels temps les montres nous indiquent-elles ?
L'essence même du temps dévoilée

Quoi de plus fascinant que le mécanisme d'une montre ? Depuis quelques années, l’une des tendances de  l’horlogerie de luxe est aux montres « squelettes », qui donnent volontairement à voir l’intérieur au lieu de le cacher. Ce faisant, elles nous invitent à entrer dans les rouages et dans l'essence même du temps, en affichant une temporalité désincarnée qui s'exprime dénudée de tout symbole. C'est le cas par exemple de la fameuse Piaget Altiplano Skeleton ou la Royal Oak Squelette : on y admire le temps au travers d'un ballet de mécaniques infiniment subtil. Choisir une telle pièce, c'est revendiquer une vision plus philosophique du temps et la volonté de percer ce dernier dans son intimité. C’est aussi nier le temps comme quelque chose hors de nous, non lié à la subjectivité humaine. La question n’est plus la mesure du mouvement de la Terre et des astres, mais le mécanisme lui-même. Ce n'est pas l'heure que l'on regarde, mais l’instrument de mesure dévoilé, les coulisses du temps en quelque sorte...

Une temporalité d’abord subjective

Le temps que nous indique notre montre n'est pas celui de tout le monde : c'est aussi pour cela qu'on appelle, à juste titre, les montres mécaniques de luxe des « garde-temps ». Car elles entretiennent leur temporalité propre, différente de celle que nous impose la société. Lorsque nous choisissons une montre, nous révélons un peu de nous-mêmes et le rapport que nous entretenons avec le temps. Que nous privilégions l'exigence et la précision (Rolex, Zenith, Omega, Breitling…), ou au contraire, l'évocation et la poésie (Van Cleef & Arpels, Vacheron Constantin, Jaquet Droz…), nous adhérons inconsciemment à un certain univers philosophique. Tandis que les montres sportives ou à quartz font écho à une conception objective du temps héritée d'Aristote, les montres mécaniques dénotent  une vision se rapprochant plus de celle de Saint Augustin, qui fut le premier à mettre en lumière la dimension subjective du temps, qui est aussi le lieu de nos souvenirs et de notre intimité.
 
Au final, la sophistication et les complications quasiment sans limites que l'on admire dans l'univers des montres de luxe n’ont pas pour seul intérêt d’indiquer la date et l’heure, les phases de Lune, un calendrier perpétuel, puisque les smartphones connectés nous donneront toujours plus d'informations qu'un simple mécanisme... Elles sont bien plutôt un prétexte pour ouvrir sur l'onirisme, la poésie et la réflexion. « Le temps pour soi », comme le remarque la maison Hermès. Une belle montre ne sert pas simplement à nous donner l'heure : elle nous invite à dépasser notre rapport quotidien au temps pour accéder à un temps plus essentiel, plus exceptionnel.

Article publié en partenariat avec le site Internet Karenine.com

Montres-de-luxe.com | Publié le 21 Janvier 2015 | Lu 1966 fois



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