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Rétromobile 2026 : quand l'horlogerie mécanique dialogue avec l'automobile de collection


Par | Publié le 04/02/2026 à 05:01 | mis à jour le 05/02/2026 à 03:08

Depuis plusieurs éditions déjà, Rétromobile ne se contente plus d’être le temple parisien de l’automobile ancienne. Aujourd’hui, ce salon est aussi devenu un point de convergence pour un autre univers animé par la mécanique et la passion du patrimoine : l’horlogerie. L’édition 2026, organisée du 28 janvier au 1er février dernier Porte de Versailles, confirme cette tendance avec une présence horlogère à la fois ciblée, cohérente et hautement qualitative.



Time On Show : la vitrine horlogère de Rétromobile

Au cœur du salon, l’espace Time On Show s’impose désormais comme une véritable galerie horlogère.
 
Un espace où il fallait montrer « patte blanche » (en se préenregistrant pour obtenir un QR code) pour pouvoir entrer compte-tenu de la qualité, de la rareté et des prix des garde-temps présentés.
 
Conçu comme un pont entre montres de collection et automobiles historiques, cet espace réunit des marchands internationaux spécialisés ainsi que des marques dont l’ADN résonne naturellement avec l’univers automobile.
 
Plutôt que la profusion, Rétromobile privilégie une sélection exigeante, où chaque maison trouve sa légitimité dans le récit mécanique, sportif ou esthétique.

Richard Mille : la haute horlogerie comme performance

Partenaire du salon, Richard Mille incarne à lui seul le lien contemporain entre horlogerie de pointe et sport mécanique.
 
Fidèle à son positionnement radical, la marque suisse s’inscrit dans une approche technologique et expérimentale, faisant écho aux innovations visibles sur les prototypes et voitures de course exposés à Rétromobile.
 
Une présence symbolique mais parfaitement alignée avec l’esprit du salon. En véritable amateur, Richard Mille a la grande élégance de ne pas exposer de pièces horlogères pour laisser la primeur à sa passion. Un geste rare qu’il convient de souligner.

Chopard : l’héritage de la course classique

Impossible d’évoquer Rétromobile sans mentionner Chopard (qui n’était pas là l’an dernier), dont l’histoire est intimement liée à course la Mille Miglia.
 
La maison genevoise (encore indépendante et en mains familiales) présentait ses chronographes iconiques inspirés de la course italienne (avec une belle rétrospective de toutes les pièces qui ont jalonné ce partenariat historique), rappelant combien le chronographe automobile reste l’un des piliers historiques de l’horlogerie sportive.
 
Chez Chopard, la montre devient un prolongement du volant (que l’on retrouve en symbole sur ses couronnes), un instrument de mesure autant qu’un objet de transmission patrimoniale.
 
Pour l’occasion, la manufacture de Fleurier a présenté une pièce de très haute volée, sa Zagato Lab One Concept, un concept-watch qui ne sera produit qu’à 19 exemplaires. Une véritable vitrine technologique et esthétique.

​Yema, Depancel, Hamilton : l’esprit mécanique accessible

Plusieurs autres marques au positionnement plus accessible, mais à l’identité affirmée, complétaient cette présence horlogère :
 
Yema, maison française historique, revendique depuis plusieurs années un retour aux sources mécaniques et sportives, avec un discours qui trouve naturellement sa place parmi les carrosseries anciennes.
 
Depancel, jeune marque française inspirée par le design automobile des années 1950 à 1970, s’impose comme l’une des plus cohérentes dans son dialogue avec l’univers du vintage motorisé.
 
Hamilton dont l’héritage automobile est certes moins affirmé, mais cependant, la marque du Swatch Group propose depuis des années des chronographes efficaces dans l’entrée de gamme.

​Montres de collection : la légitimité du vintage

Au-delà des marques, Time On Show accueillait une sélection de marchands internationaux spécialisés en montres de collection.
 
Une présence de plus en plus importante chaque année. On se souvient qu’aux débuts de Rétromobile, un seul marchand, un Allemand était présent. Il était spécialisé dans les montres Heuer indissociables de l’univers automobile).
 
Désormais, ce sont les marchands (principalement des Italiens qui ont toujours eu un gout certain pour les pièces vintage d’exception) qui sont là et qui présentent des garde-temps que l’on voit rarement dans les vitrines de boutiques de montres d’occasion…
 
Cette approche renforce l’idée que la montre, comme l’automobile, est un objet de mémoire, chargé d’histoire, de gestes techniques et d’émotions.

Horlogerie et voitures de collection : une convergence naturelle

L’édition 2026 confirme que la présence horlogère à Rétromobile n’est ni un effet de mode ni un simple ajout marketing.
 
Elle répond de facto à une réalité culturelle : les collectionneurs de voitures anciennes sont souvent aussi des amateurs de montres mécaniques, sensibles aux mêmes valeurs de transmission, d’ingénierie et d’authenticité.
 
Et que dans les deux cas, voitures et montres de collection sont devenues des produits non seulement de passion mais aussi et peut-être surtout, d’investissement où d’énormes sommes d’argent sont en jeu !
 
En réunissant ces deux mondes sans les opposer, Rétromobile s’affirme comme un événement où le temps ne se contente pas de s’exposer -il se mesure, se restaure et se célèbre.