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Singapour : The Hour Glass invite quatre des plus grands horlogers indépendants


Le détaillant horloger singapourien The Hour Glass (THG) a organisé le 27 septembre dernier à Singapour, au sein de son pop-up store dédié à l’horlogerie indépendante, une grande conférence réunissant quatre des plus importants horlogers indépendants contemporains : pour cette occasion rare, Philippe Dufour, Laurent Ferrier, Kari Voutilainen et Roger Smith avait fait le déplacement. Morceaux choisis de cette belle rencontre avec un public de passionnés.



Singapour : The Hour Glass invite quatre des plus grands horlogers indépendants
Singapour est un petit pays qui se trouve à la pointe du continent asiatique. Il s’enorgueillit d’ailleurs, d’avoir, sur l’ile de Sentosa, le point le plus le plus méridional de l’Asie.

Situé à quelques dizaines de kilomètres de l’équateur, il y fait le même temps toute l’année. Une atmosphère chaude et humide de 32 degrés avec plus ou moins de pluie selon les mois de l’année.

 
Mais cette minuscule ville-état, indépendante depuis quarante-huit ans, regorge de multi-millionaires passionnés par l’horlogerie. Naturellement, toutes les grandes marques y sont présentes : de Patek Philippe à Rolex en passant par Audemars Piguet, Omega, Cartier, Panerai, Franck Muller, etc. Mais là où Singapour fait figure d’exception, c’est incontestablement, dans le domaine de l’horlogerie indépendante… 

Singapour : The Hour Glass invite quatre des plus grands horlogers indépendants
Il suffit, pour s’en convaincre, de constater le nombre d’amateurs d’horlogerie venu assistés à la conférence organisée par The Hour Glass le 27 septembre 2013. Il est 19h.

La salle installée dans le pop-up store du détaillant au cœur du centre commercial Paragon est comble, certains spectateurs sont même obligés de rester debout dans les allées… Il y a trop de monde et pas assez de chaises. Les responsables de THG eux-mêmes sont surpris. Ils s’attendaient à recevoir de nombreux collectionneurs, mais pas à ce point-là !
 
Il faut dire que le programme est séduisant… The Hour Glass, sous la houlette de son directeur Michael Tay, fervent défenseur de l’horlogerie indépendante, a organisée une rencontre « questions/réponses » avec les quatre plus grands « maitres » horlogers indépendant du 20/21ème siècle : Laurent Ferrier (Suisse), Kari Voutilainen (Finlandais), Roger Smith (Anglais) et l’incomparable Philippe Dufour. Le débat est animé par Kevin Tan, grand collectionneur singapourien et modérateur sur le forum The Purists.
 
Malgré les bruits du mall qui raisonnent jusqu’à la salle de conférence, l’ambiance se fait vite intime. D’un côté les quatre horlogers et le modérateur et de l’autre, un parterre d’amateurs (une majorité de Singapouriens, mais aussi des Indonésiens, des Malais, des Australiens, des Chinois, etc.)…Impossible de retranscrire ici toutes les paroles échangées avec les « fab 4 », mais voici une petite sélection de leurs réponses…

Singapour : The Hour Glass invite quatre des plus grands horlogers indépendants
« A l’origine, l’horlogerie, c’est quelque chose de très égoïste. C’est un travail solitaire » remarque en préambule Laurent Ferrier.

« Notre plus gros challenge, c’est bien sûr que la montre fonctionne parfaitement le plus longtemps possible ; mais notre plus grosse inquiétude est de savoir si elle va plaire... Enfin, quand elle est terminée, et quand on voit le plaisir dans les yeux de nos clients… là, c’est un grand bonheur ».
 
Et d’ajouter, lorsqu’on lui demande ce qu’il aimerait changer dans l’industrie horlogère : « l’industrie horlogère propose de très belles montres ; en très grandes quantités. Des montres qui permettent d’initier les amateurs à l’horlogerie et qui, in fine, éduquent et attirent petit à petit des gens comme vous vers quelque chose de différents. Et c’est grâce à cette éducation horlogère qu’un jour, vous vous intéressez  à nos créations »…
 
Lorsque l’assistance interroge Philippe Dufour sur les qualités essentielles requises par un maitre horloger, il répond : « il faut tout d’abord être un peu fou. Mais il faut aussi être très patient et faire preuve d’abnégation. Il faut effacer certains mots de votre vocabulaire, des mots comme « week-end, vacances ou retraite » ». Enfin, il faut faire preuve de curiosité. Les horlogers sont souvent des enfants qui ont démonté leurs jouets… Même s’ils ne savent pas toujours les remonter d’ailleurs ! Oui, dans notre métier, il faut incontestablement une bonne dose de curiosité ».
 
De son côté, Laurent Ferrier estime qu’il faut « être passionné par son métier, mais aussi prendre le temps de faire les choses, d’être patient ». Et de préciser : « l’horlogerie, c’est un peu comme le sport, il faut beaucoup s’entrainer pour devenir bon, beaucoup pratiquer. Mais ça ne suffit pas. Comme dans le sport, certains sont bons, d’autres très bons et d’autres encore, sont excellents ».
 
Lorsqu’un client demande à Philippe Dufour la montre qu’il réaliserait s’il n’avait aucune contrainte de temps ni d’argent… « Ah si je devais fabriquer la montre de mes rêves, ce serait une belle montre de poche avec un tourbillon. Elle serait très simple et très classique ». « Je suis preneur » répond malicieusement le client ». « Mais ce n’était qu’un rêve… » répond Philippe Dufour.

Singapour : The Hour Glass invite quatre des plus grands horlogers indépendants
« Pourquoi décorer même ce que l’on ne voit pas » questionne l’un des collectionneurs ?

« Effectivement, dans l’absolu, nous n’avons pas besoin de décorer ce qui ne se voit pas… La montre fonctionnera très bien sans Côtes de Genève, sans gravure, sans anglage… Mais malgré tout nous décorons toutes les pièces de nos mouvements, même celles qui restent invisibles au regard. Et nous le faisons car nous considérons que c’est de l’art. Notre métier, c’est de l’art » répond Laurent Ferrier.
 
Enfin, lorsque Bernard Cheong, grand collectionneur et fin connaisseur horloger, demande, non sans humour, « quelle montre achèteriez-vous si vous aviez dix milles dollars à dépenser ici à Singapour ? ». Philippe Dufour réplique qu’il essaierait de trouver une belle montre ancienne, d’une cinquantaine d’années, dans une vente aux enchères ou chez un marchand. Kari Voutilainen, choisirait une Parmigiani Fleurier (ndlr : à noter qu’il n’y a aucun modèle dans cette gamme de prix chez P.F.).
 
Roger Smith choisirait quant à lui une Rolex Submariner, puisque « c’est ce qui se fait de mieux dans cette gamme de prix. Calibre très fiable et design intemporel. Et que c’est une montre que l’on peut porter en toute occasion… » Enfin, Laurent Ferrier choisirait lui aussi une Rolex et opterait pour une Daytona (ndlr : le Daytona coute dans les 10.000 euros et non 10.000 dollars singapouriens ». Un bel  hommage à la marque à la couronne de la part de ces maitres-horlogers… 
 

Montres-de-luxe.com | Publié le 4 Octobre 2013 | Lu 796 fois



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