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Sotheby's Genève : vente aux enchères de la Supercomplication Patek Philippe Henry Graves


La maison de vente Sotheby’s Genève va proposer aux enchères le 11 novembre prochain à Genève, la célèbre Patek Philippe Supercomplication dite Henry Graves. Incontestablement, l’une des montres les plus connues (et les plus chères) au monde qui revient sur le marché alors que la manufacture familiale célèbre cette année son 175ème anniversaire. Elle est estimée à plus de 12.5 millions d’euros.



Supercomplication Henry Graves Jr.
Certaines montres, comme cette Patek sont particulièrement mythiques aux yeux des amateurs et des collectionneurs. Réalisé dans la Vallée de Joux en 1933, le « Graal de l’horlogerie » va être donc être mis aux enchères à Genève le 11 novembre 2014. Une belle occasion de revenir en détails sur cette montre de légende.
 
La Supercomplication Henry Graves Jr. (24 complications) a été créée par Patek Philippe en 1933. Ce chef-d’oeuvre absolu de l’art horloger est considéré comme la montre la plus compliquée fabriquée sans l’aide des technologies de l’informatique. En 1925, l’éminent banquier new-yorkais Henry Graves Jr. passa commande à Patek Philippe de « la montre au mécanisme le plus complexe au monde ». Ce chronographe de poche en or à répétition des minutes avec carillon Westminster à l’oriental nécessitera en tout, trois années de recherche et cinq années de fabrication par les plus grands horlogers de la manufacture (notamment par les fils de Victorin Piguet de la Vallée de Joux).
 
Parmi les 24 complications du mécanisme que cette pièce abrite citons : le calendrier perpétuel, les phases de la Lune, le temps sidéral, une réserve de marche et les indications d’heure pour le lever et le coucher du soleil pour la ville de New York. Ces caractéristiques exceptionnelles ont fait de la Supercomplication Henry Graves la montre la plus complexe au monde pendant plus d’un demi-siècle, pendant cinquante-six ans pour être précis. Seuls les garde-temps fabriqués plus tard à l’aide de machines et d’ordinateurs, sont parvenus à la supplanter. Gravée au dos, les armes de la famille Graves et de sa devise latine « Esse quam videri » (« Être plutôt que paraître »), cette montre unique est le seul exemple de la sorte en or jaune, son pendant en platine appartenant aujourd’hui à la collection du Musée Patek Philippe à Genève.

Sa réapparition sur le marché, quinze ans après sa vente record, coïncide parfaitement avec le 175ème anniversaire de Patek Philippe et rend hommage au génie de la prestigieuse manufacture suisse. Rappelons que cette pièce fut vendue une première fois à New York en décembre 1999, dans le cadre de la vente du très réputé « Time Museum ». Estimée entre 3 et 5 millions de dollars, la montre avait alors fait l’objet d’un engouement inattendu qui s’était traduit par de nombreuses enchères. Adjugée $11 millions, elle était devenue le garde-temps le plus cher de l’histoire des enchères. Elle est aujourd’hui estimée à plus de 12.5 millions d’euros (15.5 millions de dollars).
 
A l’occasion de cette vente, l’Espace Horloger, plate-forme de connaissance de l’horlogerie du canton de Vaud et récipiendaire du savoir-faire horloger et des grandes complications à la Vallée de Joux, a décidé de consacrer sa prochaine exposition temporaire 2015 aux horlogers qui ont réalisé ce chef-d’œuvre horloger et aux grandes complications horlogères.
 
Une histoire, trois générations d’horlogers

Victorin Emile Piguet, ses fils Jean et Paul et son petit-fils Henry-Daniel travaillèrent à la réalisation de cette montre exceptionnelle. Plusieurs horlogers et artisans de la Vallée de Joux furent impliqués dans le processus de réalisation de cette montre. Chacun d’eux, spécialiste dans son domaine, donna le meilleur de lui-même afin que ce chef-d’œuvre puisse voir le jour :

· Paul Piguet du Sentier : différents travaux de détail de la montre
· Henri Daniel Piguet du Sentier : le mécanisme de mise à l’heure
· Michel Piguet du Brassus : le mécanisme de la grande sonnerie (Westminster)
· David Alfred Nicole du Sentier : les finitions et le repassage de la montre
· Charles Rochat des Bioux : les axes de roues du mouvement et  du chronographe
· Louis Rochat-Benoit des Bioux : le mécanisme du chronographe à rattrapante
· Luc Rochat de L'Abbaye : le boîtier de la montre
· Juste Aubert des Bioux-Dessus : le mécanisme de remontage
· Paul Auguste Golay du Sentier à  Corsier-sur-Vevey : le mécanisme du calendrier perpétuel, de l’équation du temps et le mécanisme du lever et coucher du soleil.
 
Enfant de la Vallée de Joux, Victorin Emile Piguet (1850–1937), fut maître à l'école d'horlogerie de la Vallée de Joux. Avec William Alfred Piguet, il fonde l'entreprise « Victorin Piguet et Frères » en 1872. Il s’installa à Genève et devint professeur, maître à l'école d'horlogerie de 1880 à 1882 avant de revenir à la Vallée trois ans plus tard. De 1890 à 1895 il dirige seul l’atelier « Victorin Piguet » avant de s’associer à nouveau avec Julien Henri Piguet pour former l’entreprise « Victorin Piguet et Cie ». Ses fils Jean et Paul prennent la relève en 1920 sous la raison sociale « Les Fils de Victorin Piguet ». A la suite du décès de Jean en 1949, c'est le fils Henri-Daniel, petit-fils de Victorin, qui maintiendra la fabrication artisanale de pièces compliquées exclusives pour les horlogers Patek Philippe, Vacheron Constantin, Breguet, Audemars Piguet, etc…
 
La prochaine exposition de l’Espace Horloger sera donc consacrée à ces neuf artisans, maîtres des grandes complications. Elle présentera les hommes, leur travail ainsi que les outils avec lesquels la montre « Henry Graves » a été réalisée. Ce sera également l’occasion de mettre en avant l’un des messages clés de l’Espace Horloger en présentant, à la fois pour les passionnés d’horlogerie et le grand public, les 24 complications de mécanique horlogère et leurs fonctions. En effet, une des missions du musée est de faire revivre ces horlogers et cet art mécanique qui ont fait la réputation de la Vallée de Joux en Suisse et dans le monde. Afin de conserver une trace de ce garde-temps, Vincent Jaton et Dave Grandjean, respectivement directeur et conservateur de l’Espace Horloger, sont allés filmer la montre, accompagnés d’une équipe de tournage, spécialiste du film 3D et de Philippe Dufour, maître horloger. 

*Issu d’une famille de banquiers américains, Henry Graves, Jr. (1868-1953) constitua entre 1910 et 1950 la plus importante collection privée de Patek Philippe au monde. Il légua la majorité de sa collection à sa fille qui la transmit à son fils, Pete Fullerton (1933-2012), lui-même collectionneur.

Montres-de-luxe.com | Publié le 6 Novembre 2014 | Lu 1814 fois



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