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Théo Auffret : la "Nouvelle vague" horlogère française


Par | Publié le 12/05/2026 à 05:13 | mis à jour le 12/05/2026 à 05:23

À seulement 30 ans, Théo Auffret s'est imposé comme l'une des figures de proue de la nouvelle garde de la haute horlogerie indépendante française. Installé dans son atelier au cœur de Paris, il incarne un retour à une horlogerie dite "de sous-traitance" au sens noble du terme : un artisanat total, intellectuel et manuel, où chaque composant raconte une histoire de patience.



Son parcours : de l'apprentissage au F.P.Journe Young Talent Competition

Le parcours de Théo Auffret n'est pas celui d'un simple exécutant. Formé par les meilleurs, notamment au sein des Ateliers 7h38 de Luca Soprana, il a appris à jongler avec les complications les plus extrêmes.
 
Il a également collaboré avec le fameux horloger parisien Jean-Baptiste Viot, dont il a hérité une certaine vision de l'horlogerie française traditionnelle et de la construction "à l'ancienne".
 
Sa reconnaissance internationale explosera en 2018 lorsqu'il remporte le F.P.Journe Young Talent Competition. Ce prix, remis par François-Paul Journe lui-même, a agi comme un catalyseur, confirmant que sa vision singulière de l’horlogerie avait sa place au sommet.

​Sa philosophie : un "néoclassicisme" artisanal

Ce qui définit le travail d'Auffret, c'est un savant équilibre entre la rigueur technique et une esthétique organique. Contrairement à l'horlogerie industrielle qui cherche la perfection lisse des machines CNC, Théo Auffret revendique la main de l'homme.
 
Ses cadrans et ses ponts présentent souvent des textures travaillées (cf. la Seconde Majeure avec Baltic et son cadran « Charbonné »), allant du grainage fin au poli noir (un poli miroir sans distorsion) le plus exigeant.
 
Ses pièces, tel le célèbre Tourbillon à Paris, dévoilent une architecture où le vide est aussi important que le plein. Avec une volonté évidente de montrer la mécanique non pas comme une machine, mais comme une sculpture en mouvement.

​Un tourbillon à Paris

La pièce maîtresse qui a défini ses premières années d'indépendance est sans conteste son Tourbillon à Paris.

Conçue initialement comme un projet d'école avant d'être sublimée en série ultra-limitée, cette montre résume son approche avec un affichage séparé des heures et des minutes pour une lisibilité accrue et un hommage aux horloges de précision.
 
D’autre part, grande tendance dans le luxe, chaque client peut demander une personnalisation avec des finitions faisant de chaque exemplaire une pièce quasi unique. Une proposition particulièrement appréciée des collectionneurs
 
La majorité des composants de ses calibres sont fabriqués ou finis par Théo et son équipe restreinte (tous de jeunes horlogers qui oeuvrent un peu dans l’esprit d’une start-up), garantissant une âme que les lignes de montage ne peuvent reproduire.

​Un esprit collaboratif pour une « Nouvelle vague » horlogère

Théo Auffret ne travaille pas en vase clos. Il est l'un des piliers de cette nouvelle scène, de cette « nouvelle vague » qui prône l'entraide.
 
On le voit notamment à travers ses collaborations, par exemple avec les montres futuristiques Spaceone (vendues chez Chronopassion à Paris) ou encore, dans son partage de savoir-faire avec d'autres jeunes horlogers parisiens.
 
Dans un marché saturé par le marketing, Théo Auffret représente une certaine "vérité" horlogère. Il ne vend pas un logo, il vend des milliers d'heures de limage, d'ajustage et de réflexion…