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Vacheron Constantin Métiers d'Art - Le Louvre : le Grand sphinx de Tanis


Le partenariat entre Vacheron Constantin et le musée du Louvre donne naissance cette année à une série de montres Métiers d’Art qui rendent hommage aux grandes civilisations de l’Antiquité. Quatre œuvres du musée, représentatives de quatre époques, sont représentées sur les cadrans. Ces éditions limitées de cinq pièces par thématique mettent en exergue les talents rares des artisans d’art. Retour sur le Grand sphinx de Tanis du Moyen Empire égyptien (2035-1680 av. J. –C. env.).



L’Empire perse de Darius 1er, l’âge d’or de l’Égypte antique, la période hellénistique de la Grèce antique et la prise de pouvoir d’Auguste, premier empereur romain, sont les points d’ancrage historiques de la nouvelle série de montres Métiers d’Art de Vacheron Constantin.
 
Dans le cadre du partenariat avec le Louvre initié en 2019 et suite à une intense collaboration avec ses conservateurs et historiens, la Maison a imaginé une série de quatre garde-temps basés sur les collections antiques du musée.
 
En étroite collaboration avec les équipes du musée, les designers et concepteurs de Vacheron Constantin ont dès lors entrepris la conception d’une nouvelle série de montres Métiers d’Art directement inspirées de chefs-d’œuvre emblématiques du Louvre.
 
C’est au cœur du formidable fonds d’antiquités du musée que la thématique principale, déclinée en quatre époques, a trouvé sa source : l’Empire perse sous Darius 1er, l’Égypte des pharaons du Moyen Empire, la période hellénistique de la Grèce et la naissance de l’Empire romain avec l’avènement d’Auguste.

Chacune de ces grandes civilisations est ainsi représentée par une œuvre artistique majeure tirée de certains des chefs-d’œuvre du Louvre. Un véritable défi pour les artisans d’art consistant à reproduire leur force expressive sur un cadran de moins de 40 mm à l’ornementation inspirée des arts décoratifs de l’époque, agrémentée d’éléments d’écriture.
 
Le Grand sphinx de Tanis – Le Moyen Empire égyptien (2035-1680 av. J. –C. env.)
Le sphinx de Tanis, capitale des rois des 21e et 22e dynasties, est haut de 1,83 mètres et long de 4,8 mètres. C’est l’un des plus grands sphinx conservés hors d’Égypte. Il est arrivé au Louvre en 1826, dans la collection du consul britannique Henry Salt.
 
Symbole royal, le sphinx est un être hybride constitué d’un corps de lion couché, et d’une tête humaine portant le némès, la coiffure royale par excellence ainsi que la barbe que seuls portent les souverains : c’est toute la puissance du pharaon qui s’exprime à travers cet animal fabuleux.
 
Longtemps attribué à l’Ancien Empire (2700-2195 av. J.-C. env.), il est maintenant plus généralement rattaché au Moyen Empire (2035-1680 av. J. –C. env.), considéré par les Egyptiens eux-mêmes comme l’âge d’or de l’Égypte.

C’est probablement pour le roi Amenemhat II dont il porte le cartouche qu’il fut sculpté. D’autres rois se le sont appropriés en y apposant leurs cartouches : Apophis, Merenptah et Chéchonq I.
 
« Sphinx », est le mot grec utilisé pour désigner les statues égyptiennes de lion à tête humaine. Un rapprochement a été fait dans le passé avec le terme égyptien shesep-ânkh. En réalité, celui-ci sert à désigner une statue en général, autrement dit une « image vivante » pour reprendre la conception égyptienne.
 
Symboles royaux, les sphinx sont souvent alignés de part et d’autre des voies processionnelles menant aux temples.
 
Sur ce Grand sphinx de Tanis monumental, le travail de taille de la pierre aux surfaces polies est admirable de précision. Pour le graveur de l’applique en or sculpté représentant la tête du sphinx, l’une des difficultés, outre celle consistant à modeler des visages, résidait dans le rendu de la large barbe postiche sur un espace si retreint.

Le maître artisan a ainsi dû travailler en relief (ramolayage), malgré la minceur de la plaque, pour ensuite en accentuer la profondeur en patinant la matière au chalumeau puis à la main.
 
Le cadran principal est réalisé en émail dont la couleur profonde, un mélange d’émaux bleus et noirs, est obtenue après six passages au four. Les éléments de décoration du cadran sont inspirés du collier représenté sur le cercueil en cartonnage de Nakht-khonsou-irou.
 
Pendant la 22e dynastie, la momie du défunt est insérée dans une enveloppe ou un cercueil en cartonnage, un matériau constitué de plusieurs couches d’étoffes encollées, stuquées et peintes. Ces enveloppes et cercueils donnent l’image du défunt dans son linceul orné de nombreux motifs protecteurs, vivement colorés.
 
Osiris, le grand dieu funéraire, et diverses divinités le protègent pour l’éternité. La poitrine est toujours couverte par un large collier formé de motifs géométriques et floraux. Ce sont les pétales qui bordent le collier qui sont reproduits en émail champlevé parsemé d’inclusions pour en vieillir l’aspect dans la frise extérieure.

Sous ce collier, un faucon ailé à tête de bélier est représenté et c’est le plumage de ses ailes que l’on retrouve, également en émail champlevé, sur le cadran.
 
Dernier composant culturel : le verre porteur de l’applique en or est gravé par métallisation d’inscriptions en hiéroglyphes tirés d’un cartouche du sphinx de Tanis.
 
Celui-ci indique le nom du pharaon Merenptah (1213 – 1203 av. J.-C.), fils et successeur de Ramsès II sous l’intitulé : « Le roi de Haute et Basse Égypte Ba-en-Rê-mery-Amon. Le fils de Rê Merenptah qui-se-satisfait-de-la-Maât, doué de vie éternellement ».
 
Cette montre Grand sphinx de Tanis exprime toute la majesté de l’Égypte des pharaons.

Pour animer ces montres Métiers d’Art, Vacheron Constantin a choisi son calibre manufacture 2460 G4/2 à remontage automatique qui se caractérise par une indication des heures, minutes, jours et dates par quatre disques.
 
Les guichets permettant la lecture des indications horaires et calendaire, positionnés symétriquement en périphérie du cadran, laissent ainsi un vaste champ d’expression aux métiers d’art. Aucune aiguille ne vient perturber la vision sur ces chefs-d’œuvre de miniaturisation.
 
Au dos du mouvement, cadencé à 4 Hz (28’800 alternances/heure) et comptant 237 composants, la masse oscillante a également fait l’objet d’une attention particulière. On y découvre une représentation de la façade Est du Louvre et sa magnifique colonnade inspirée des travaux de Louis Le Vau et Claude Perrault, selon une estampe du 18e siècle.
 
La matrice du dessin a été sculptée à la main pour ensuite servir à l’étampage des vingt masses oscillantes que compte la série.
 
Comme la composition artistique de ces montres comprend la représentation d’œuvres symboliques sous forme d’appliques sculptées, ainsi que divers éléments d’écriture et d’ornementation, Vacheron Constantin a conçu un système d’emboîtage de plusieurs supports.

Au-dessus du mouvement prend place le cadran entouré d’une frise. Ces deux éléments distincts et concentriques sont précisément le terrain d’expression des maîtres artisans. Les ornementations qui y figurent sont inspirées d’œuvres des collections du Louvre représentatives des arts décoratifs des différentes époques : mosaïques romaines, cercueil égyptien peint, céramiques et vases grecs peints ou sculptés en bas-relief, frise de briques à glaçure colorée d’inspiration babylonienne.
 
Sur ce cadran vient ensuite se loger un verre saphir porteur de l’applique en or sculpté représentant l’une des quatre œuvres majeures tirées de la période antique.
 
Ce même verre légèrement fumé est également gravé par métallisation de textes en écriture cunéiforme, hiéroglyphe, grec ancien et latin selon le modèle.
 
On peut y lire un extrait de la charte de fondation du palais de Darius, la transcription du cartouche du pharaon Merenptah gravé sur le sphinx de Tanis, une dédicace faite aux Grands Dieux de Samothrace découverte dans le sanctuaire de Samothrace, ainsi qu’une invocation à l’empereur Auguste gravée sur une stèle romaine retrouvée en Algérie.
 
Une fois ces différents éléments mis en place au-dessus du mouvement, le boîtier peut ensuite être scellé avec la glace extérieure.

Le cadran et sa frise se composent ainsi de plusieurs éléments « décoratifs » tirés de divers œuvres de la même époque que celle représentée en applique. Pour réaliser ces somptueux arrière-fonds, Vacheron Constantin a opté pour différentes techniques mises en œuvre par des artisans d’art.
 
• Email champlevé et émail grisaille
L’émaillage est une technique de décoration consistant à broyer finement du verre coloré ou des pigments d’émail qui, mélangés à de l’eau ou de l’huile, sont appliqués sur une surface de métal. Cette pâte est ensuite cuite au four à haute température de manière à former une surface résistante qui ne fait plus qu’un avec son support.
 
L’émail champlevé consiste à créer des cavités dans lesquelles sont appliqués les émaux. On procède par couches successives cuites au four. Quant à l’émail grisaille, il s’agit d’un savoir-faire apparu au 16ème siècle qui consiste à apposer sur une couche d’émail sombre recouvrant le cadran une superposition de touches d’un émail blanc. Chaque couche d’émail est également passée au four à plus de 800°.
 
• Marqueterie de pierres
Rare en horlogerie, la marqueterie de pierres consiste à former des motifs en utilisant des fragments de pierres de couleur calibrés selon les besoins. Cette opération est d’autant plus délicate que chaque pierre est différente, certaines même veinées et donc plus fragiles.
 
Ces fragments sont assemblés et collés un à un sans aucun liant entre les pierres. Cette construction laisse de minuscules espaces entre les composants donnant du relief et de la profondeur à la composition.
 
• Micro-mosaïque de pierres
Par micro-mosaïque de pierres, une technique extrêmement rare en horlogerie, on entend une mosaïque dont les minuscules éléments de pierres dures qui constituent son décor sont très finement assemblés et collés de manière à rendre les joints qui les scellent pratiquement invisibles.
 
La dimension des pierres, des carrés de 0,55 millimètres chacun, rend ce type d’ornementation particulièrement délicat, non seulement dans la composition des motifs mais également dans la manière de le figer avec un liant.
 
• Gravure
L’art de la gravure à la main consiste à faire surgir du métal des décors en creux, en relief ou en modelé. La technique utilisée ici pour les appliques en or sculpté est appelée ramolayage. Elle consiste à ôter de la matière pour modeler le relief. Irréversible, cette opération exige un geste parfaitement assuré.
 
Le maître graveur dessine d’abord les volumes principaux à la pointe sèche. Puis il sculpte la masse et réalise une mise en arrondi particulièrement délicate dont les contours sont accentués par patine. Cette technique en trompe l’œil est particulièrement adaptée pour créer l’illusion d’une profondeur de champ. Certaines frises sont réalisées en taille douce ou gravure par creusement de la matière.

Montres-de-luxe.com | Publié le 25 Mai 2022 | Lu 4637 fois