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Audemars Piguet : la Royal Oak et l'or, une longue histoire...


Alors que la manufacture du Brassus vient de dévoiler une somptueuse Royal Oak Tourbillon Volant Squelette Automatique de 41 mm en sand gold, un nouvel alliage d’or entre l’or gris et l’or rose, revenons sur la genèse des Royal Oak en or…


On le sait, la Royal Oak est de base un modèle en acier. En 1972, Audemars Piguet décide de braver toutes les tendances en lançant la première montre de sport de luxe réalisée en acier (modèle 5402) ; première fois dans l’histoire de l’horlogerie moderne que ce métal était considéré comme un métal précieux.
 
Cette pièce de légende doit son design à Gérald Genta, créateur genevois d’origine piémontaise qui s’est inspiré de l’un des bateaux de la Navy. Lors de sa présentation à la Foire de Bâle de 1972, elle valait alors 3.000 Francs suisses ; le même prix qu’un modèle en or de l’époque...
 
Pour autant, ce n’est que quatre ans plus tard que la Royal Oak originelle sera complétée par des variations en or, contribuant à installer la Royal Oak en collection.

Métal noble par excellence, l’or a suscité l’engouement au fil du temps pour sa rareté, sa valeur, ses qualité esthétiques, sa pérennité et ses propriétés techniques.
 
Outre sa résistance à la corrosion, à l’oxydation et à la décoloration, l’or est un matériau biocompatible et malléable, bien plus facile à travailler que d’autres métaux (notamment le platine par exemple). Sa souplesse en a fait le matériau idéal pour la création de bijoux, de montres et d’objets décoratifs.
 
Symbolisant l’aisance et le prestige, ces objets ont été décorés au moyen de techniques artisanales allant de la gravure à l’émaillage en passant par le sertissage, notamment.

En joaillerie et en horlogerie, l’or pur (24 carats) a souvent été combiné à d’autres métaux tels que le cuivre, l’argent ou le palladium afin de créer des alliages plus forts et résistants, leur conférant à chacun leur couleur, leur dureté et leurs propriétés techniques spécifiques.
 
Audemars Piguet, comme la majorité des acteurs du secteur, utilise principalement des alliages d’or 18 carats pour les composants externes de ses montres.

En raison de leur composition (75% d’or, 25% d’autres métaux), les alliages d’or 18 carats sont plus pérennes que l’or pur car l’ajout d’autres métaux les rendent plus durs et résistants à la déformation.
 
Leur densité en or leur confère par ailleurs une couleur plus profonde et plus riche que celle des alliages de plus faible carat.

À noter qu’avant 1950, le dosage des alliages était plus libre, conduisant à de grandes variations en termes de composition et de couleur. Ainsi, deux montres en « or jaune » 18 carats affichaient rarement la même teinte de jaune.
 
Le besoin grandissant d’uniformité au sein du secteur horloger a mené les « Normes Industrielles de l’Horlogerie Suisse » à établir des standards de composition dès 1966 pour les alliages d’or 18 carats**, permettant de stabiliser leur couleur.
 
Dans toutes leurs versions créatives, les alliages d’or ont joué un rôle important pour Audemars Piguet depuis la création de l’entreprise. Parmi les 567 montres-bracelets à complication emboîtées et livrées par la Manufacture entre 1882 et 1969, 432 étaient en or (248 en or jaune, 68 en or gris, 41 en or rose, 32 en or vert et 43 sans couleur spécifiée N).

Bien que d’autres standards aient été développés depuis lors, La codification 2N, 3N, 4N et 5N est toujours largement utilisée pour désigner respectivement les ors 18 carats jaunes (2N and 3N), roses (4N) et rouges (5N).
 
Dans les années 1970, alors que les alliages d’or jaune dominent l’industrie des montres de luxe, Audemars Piguet commence à expérimenter l’acier inoxydable, un matériau plus contemporain, afin d’anticiper l’évolution des modes de vie plus actifs.
 
Le premier modèle Royal Oak conçu en or est une variation de la Royal Oak II de 29 mm (Modèle 8638), une version féminine en acier créée par la designer Jacqueline Dimier en 1976.
 
Ce modèle est réinterprété en version bicolore, combinant acier inoxydable et or jaune, en or jaune, et plus tard en or gris. En 1977, la Manufacture lance également ses premiers modèles Royal Oak 5402 de 39 mm en or jaune, gris et bicolore, ainsi qu’une nouvelle taille intermédiaire de 35 mm, Modèle 4100, décliné en acier, or jaune et bicolore.

À partir de 1979, près de trois-quarts des modèles Royal Oak sont conçus en partie ou intégralement en or -un matériau précieux resté incontournable dans la collection jusqu’à aujourd’hui, même lors de l’augmentation de son prix dans les années 1980.
 
Moins répandu à l’époque, l’or rose apparaît dans la collection Royal Oak au milieu des années 1980 et s’impose progressivement dans toutes les lignes. Au cours des années 2000, la demande de montres en or jaune s’essouffle au profit de l’or rose dont les nuances subtiles et chaleureuses séduisent.
 
Aujourd’hui, les ors rose, gris et jaune sont utilisés par toute l’industrie horlogère, aux côtés d’autres alliages 18 carats exclusifs dont l’Everose Gold (Rolex), le Sedna Gold et le Moonshine Gold (Omega), l’or beige de Chanel, l’or rouge de Blancpain, l’or miel exclusif de Lange & Söhne, le King Gold et le Magic Gold (Hublot) ainsi que le Hard Gold (IWC).

Montres-de-luxe.com | Publié le 27 Mars 2024 | Lu 3385 fois






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