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Edward Green : la Rolls des chaussures


Outre l’horlogerie et les vêtements sur-mesure, le luxe masculin passe obligatoirement par le choix de chaussures élégantes, raffinées et aux finitions irréprochables. Autant de qualités que l’on retrouve dans la fabrication des souliers Edward Green, l’une des meilleures manufactures de chaussures britanniques.



Installé à Northampton (G.B.) depuis 1890, Edward Green n’a eu que trois propriétaires au cours de son histoire. Cette stabilité a permis aux soixante-dix personnes qui, chaque semaine, produisent un peu plus de 300 paires de chaussures de conserver les gestes d’un savoir-faire qui participe à la renommée de la marque.
 
Si, depuis toujours, les chaussures Edward Green ont été un symbole d’excellence, en 1982 la manufacture aborde une nouvelle trajectoire. En effet, après la vente en 1977 de l’entreprise à un américain, Marley Hodgson, par la famille Green, la marque périclite.
 
Dès 1982, le styliste John Hlustik rachète cette belle maison et lui redonne le lustre qu’on lui connaît aujourd’hui. Tout en restant intransigeant sur la qualité de fabrication, John Hlustik apporte alors un souffle nouveau à cette vieille enseigne. 

Il adopte une approche résolument plus moderne de la tradition de Northampton et introduit de nouveaux coloris dans les collections. Il ouvre également une boutique en nom propre dans Burlington Arcade à Londres et fait connaître ses produits de Tokyo à New York.
 
Ses modèles sont reconnus par les amateurs de beaux souliers. Une réussite dont il ne profitera pas pleinement. En effet, sa disparition soudaine en 2000 lui interdit de voir l’évolution de sa marque et c’est son associée, Hilary Freeman, qui reprend avec succès la direction de la manufacture de Northampton.
 
En 2004, Edward Green quitte son bâtiment historique de briques rouges pour une installation plus moderne et surtout, plus fonctionnelle. Par chance, ce déménagement n’a en rien modifié l’esprit « manufacture » de la maison.

Hilary Freeman a su préserver l’indépendance d’Edward Green vis-à-vis des grands groupes du luxe. Les méthodes de travail n’ont pas changé et des machines dignes d’un musée industriel sont toujours utilisées.
 
Mais au-delà des machines, c’est le savoir-faire d’hommes et de femmes qui fabriquent paires après paires une production dont les quantités peuvent sembler ridicules au regard de certaines usines italiennes.
 
Précisons également que 90% de la production est cousue Goodyear. Un procédé immuable qui commence par la coupe manuelle de chaque pièce de cuir qui constitue l‘empeigne. Un travail effectué par quatre ouvriers qui taillent avec dextérité des peaux épaisses provenant d’Allemagne.

Tous les éléments de l’empeigne sont alors dirigés vers un atelier où une dizaine d’ouvrières réalisent l’assemblage des pièces de cuir ainsi que leur décoration. Si, bien sûr, quelques machines à coudre manuelles sont utilisées, aucune des opérations ne sont automatisées.
 
Seule la dextérité des ouvrières permet la réalisation d’un dessin de couture parfait tout comme le perçage des perforations des brogues. Pour certains modèles, comme les bottines fermées, les coutures sont entièrement réalisées à la main par deux cordonniers.
 
Un détail souligne le soin apporté à la fabrication des Green : jamais le fil des coutures n’est coupé à ras. Il reste toujours une petite longueur afin que le fil ne s’échappe pas lorsque le cuir se détend. Dans le même esprit, on retient le choix des œillets aveugles, visibles uniquement de l’intérieur de la chaussure.

Afin d’optimiser la propreté des peaux, chaque modèle passe 24h à la vapeur dans une cabine fermée. Quant au cuir des semelles, il est fourni par la maison Rendenbach en Allemagne. C’est au fil de ces différentes étapes qu’une paire d’Edward Green acquiert sa réputation auprès des amateurs.
 
Outre cette fabrication que l’on peut comparer à de la grande mesure, Edward Green propose également un service « made to order » qui permet à chaque clients de choisir la forme, la peausserie, la couleur ainsi que le type de semelle. Un délai de deux à quatre mois est exigé pour ces commandes spéciales.

Outre ce service, Edward Green offre aux plus exigeants une gamme appelée « Top Drawer » qui, sans être du sur-mesure, donne la possibilité de modifier la forme et la conception de certains modèles. Une souplesse de production qui permet à Edward Green de travailler pour de grandes maisons comme Ralph Lauren, Sack’s, Brooks Brother ou Strasburgo à Tokyo.
 
Avec une collection permanente intemporelle particulièrement riche en modèles, Edward Green enrichit ses gammes de nouveaux modèles chaque année ainsi que des éditions spéciales.

Cela bien sûr, sans renier son histoire et en offrant toujours la qualité sur laquelle la marque de Northampton a construit sa réputation mondiale.
 
Joël Chassaing-Cuvillier

Rencontre avec Hilary Freeman, patronne d'Edward Green
A la tête de l’entreprise depuis 2000, Hilary Freeman incarne sa marque avec perfection et assume totalement les choix stratégiques d’Edward Green.
 
Ainsi, à la différence de certaines marques qui ont préféré développer leur production, Hilary Freeman a choisi de conserver la dimension humaine de l’entreprise. Un choix qui permet d’obtenir une qualité totale.
 
Si bien sûr, elle aimerait augmenter sa production, ce souci d’une qualité parfaite l’a conduite à ne pas délocaliser certaines tâches.  Cette obsession pour la qualité, Hilary Freeman l’a apprise en travaillant à Paris avec Pierre Cardin il y a plusieurs années.

A cet égard, elle reconnait que si une machine apporte une meilleure qualité que la main de l’homme le choix de la machine s’impose. Hillary Freeman précise également : « qu’une belle chaussure doit pouvoir être démontée et remontée ». 
 
Gardienne d’une tradition, Hilary Freeman admet : « Certains nous reprochent notre manque d’inventivité, mais je préfère faire évoluer la marque par touches subtiles plutôt que nous lancer dans une révolution excessive. En revanche, nous devons savoir évoluer dans la façon de produire ».





Montres-de-luxe.com | Publié le 7 Décembre 2020 | Lu 978 fois


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