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Hans Wilsdorf : les autres marques oubliées du fondateur de Rolex


Par | Publié le 06/11/2026 à 02:00 | mis à jour le 04/11/2026 à 05:02

Avant de bâtir le succès de Rolex et de Tudor (un véritable empire), Hans Wilsdorf avait imaginé plusieurs autres marques horlogères. Marconi, Unicorn, ROLCO… Autant de noms aujourd'hui largement oubliés qui témoignent pourtant de la stratégie commerciale du fondateur de la maison genevoise.



Hans Wilsdorf, Rolex et Tudor mais pas que…

Lorsqu'on évoque Hans Wilsdorf, deux noms viennent immédiatement à l'esprit : Rolex, la marque qu'il fonda en 1905 à Londres avec Alfred Davis, et Tudor, qu'il développa à partir de 1926.
 
Pourtant, l'entrepreneur allemand, installé à Londres avant de rejoindre Genève, avait exploré bien d'autres pistes commerciales au cours de sa carrière.
 
Dès les premières années de son activité, Wilsdorf comprit qu'il existait un marché pour différentes catégories de montres-bracelets.
 
Il souhaitait notamment pouvoir proposer des pièces à des prix plus accessibles sans affaiblir le positionnement de Rolex, qu'il entendait progressivement installer parmi les grandes références horlogères.
 
Sa réponse consista à multiplier les noms commerciaux. Plusieurs marques furent ainsi déposées et utilisées par Wilsdorf & Davis, puis par les sociétés liées à Rolex.

Elles ne correspondaient pas nécessairement à des manufactures autonomes, mais à de véritables identités commerciales, destinées à distinguer différentes offres horlogères.

​Marconi, la première alternative à Rolex

Parmi ces marques oubliées, Marconi reste probablement la plus intéressante… Le nom Marconi Lever fut enregistré le 24 janvier 1911 par Wilsdorf & Davis.
 
Il fait référence à Guglielmo Marconi, pionnier des communications sans fil et figure majeure des innovations technologiques du début du XXe siècle.
 
Attentio, cette appellation fut utilisée pour commercialiser des montres qui ne furent pas considérées comme des Rolex à proprement parler. Même si certaines présentent néanmoins des caractéristiques techniques et une qualité de fabrication tout à fait honorables.
 
Les mouvements proviennent notamment de fournisseurs suisses extérieurs à Aegler, le partenaire historique de Rolex à Bienne. On retrouve ainsi différentes constructions et différents niveaux de finition selon les références.
 
L'objectif était clair : proposer une alternative moins onéreuse tout en bénéficiant de la force commerciale et du savoir-faire de la maison dirigée par Wilsdorf.
 
Il existe également des exemplaires portant les inscriptions Rolex-Marconi ou Marconi Special. Leur authenticité mérite toutefois une attention particulière, certaines montres anciennes ayant été modifiées ultérieurement pour bénéficier de l'attractivité du nom Rolex ! La marque existe toujours mais n'est plus associée à Rolex.

​Unicorn, une autre identité commerciale

Deuxième nom à retenir : Unicorn. La marque Unicorn Lever fut déposée le 17 mars 1919, avant que l'appellation Unicorn Watch ne soit enregistrée le 20 novembre 1923.
 
Là encore, il ne s'agit pas d'une manufacture indépendante au sens contemporain du terme, mais d'une marque utilisée pour commercialiser des montres distribuées par l'entreprise de Wilsdorf.
 
Les exemplaires que l'on rencontre aujourd'hui sur le marché de la montre ancienne présentent différentes configurations. Ils constituent un témoignage intéressant de cette période durant laquelle le fondateur de Rolex multipliait les identités commerciales.

​ROLCO, Oyster Watch Co. et les autres…

Autre appellation connue des collectionneurs : ROLCO. Utilisée notamment à partir de la seconde moitié des années 1920, elle appartient à cette même famille de marques alternatives développées par Wilsdorf.
 
Des mouvements portant cette inscription sont notamment connus, certains ayant été fabriqués par des fournisseurs suisses tels que Béguelin & Cie.
 
On retrouve également le nom Oyster Watch Company, une appellation particulièrement intéressante compte tenu de la place que prendra l'Oyster dans l'histoire de Rolex !
 
D'autres noms apparaissent dans les registres de marques : Lusitania, Mauretania, Elvira, Falcon, Genex, Lonex ou encore Rolexis. Tous n'ont cependant pas nécessairement donné lieu à une véritable production commerciale. Certains semblent même être restés au stade du dépôt ou du projet.
 
Cette distinction est importante : enregistrer une marque ne signifie pas forcément avoir commercialisé une collection de montres sous cette appellation.

​Pourquoi toutes ces marques ont-elles disparu ?

Cette multiplication des noms commerciaux répondait à une logique économique précise. Wilsdorf souhaitait couvrir plusieurs segments de marché, mais cette stratégie comportait un risque : brouiller l'identité de Rolex.
 
À mesure que la marque genevoise gagnait en notoriété, il devenait essentiel de préserver son positionnement et de ne pas donner l'impression qu'une montre Rolex pouvait être proposée sous différentes appellations et à des prix très éloignés.
 
Aux alentours de 1945, la plupart de ces marques alternatives furent abandonnées. Tudor, en revanche, poursuivit son développement et devint une véritable marque horlogère à part entière. La société Montres Tudor S.A. sera constituée quant à elle, en février 1946.
 
C'est finalement ce duo Rolex-Tudor qui traversera les décennies, tandis que Marconi, Unicorn et ROLCO tomberont progressivement dans l'oubli.

​Des montres qui intéressent aujourd'hui les collectionneurs

Ces anciennes productions constituent aujourd'hui un chapitre assez méconnu de l'histoire de Rolex.
 
Elles permettent surtout de mieux comprendre la personnalité de Hans Wilsdorf : un entrepreneur qui avait parfaitement compris l'importance du positionnement commercial, de l'identité de marque et de la segmentation du marché bien avant que ces notions ne deviennent des fondamentaux du marketing horloger.
 
Pour les collectionneurs, ces montres présentent également un intérêt historique particulier. Mais attention aux appellations parfois utilisées dans les annonces : une montre Marconi, Unicorn ou ROLCO n'est pas une Rolex ancienne !
 
Il faut notamment distinguer la marque inscrite sur le cadran, celle figurant sur le mouvement et l'identité de l'entreprise qui a commercialisé la pièce.
 
Une autre façon, finalement, de découvrir les premières années d'un groupe horloger qui allait devenir l'un des plus puissants au monde.